IV. PAATIE. SES OtrVRAOES. ^5<J
motif, il faut /pour qu'il existe , faire une supposition au^i gmtuitè que la première ; c'est-k*dire , admettre la jalousie de Jean-Jacques y et croire qu'il regrettait les éloges qu'il donne àGrimm dans cette lettre. Il est bon de rappeler qu'ils ne se brouillèrent que cinq ans après qu'elle eut été publiée anonymement (en 1757). Prétendre que Rousseau se repentit , dans la suite , d'avoir loué Grimm ^ parce qu'il était jaloux de son talent , est une ^ assertion démentie par les éloges que Jean-Jacques donne toujours à Diderot/qui avait plus de talent que Grimm. D'ailleurs ^ ce motif no peut s'admettre, au moment de la publication , puisqu'ils étaient intimement liés. On est donc réduit à faire des conjectures ^ et , puisqu'elles sont permises , nous dirons qu'il serait possible que Jean- Jacques eût modifié, long-temps après , l'opinion qu'il exprime dans cette lettre : il y fait un éloge que des cir« constances qu'il a connues depuis , l'autorisaient à rétracter. En parlant des ouvrage^ théoriques de Rameau , il dit quils ont fait une grande fortune scuù as^oir été lus , et quils le seront bien moins , depuis .qu'un philosophe a pris la peine d'écrire le sommaire de la doctrine de cet auteur , ajoutant que cet abrégé anéantira les originaux y et y avec un tel dédommagement^ que Von n'aura aucun sujet de les regretter» Il est question de d'Àlember.t , mais Rousseau découvrit plus tard que ce philosophe avait composé une partie de ses ouvrages sur la musique , avec d'autres ouvrages qui ne lui appartenaient pas I il reconnut même des fragments qu'il avait donnée pour l'Encyclopédie , et que d'Alembert n'avait point insérés dans ce recueil: il s'en plaignit. Ces raisons n^ doivent-elles pas entrer en ligne de compte pour expliquer l'oubli dans lequel il a laissé cette lettre ? (Voyez l'article ^ Alembert.)
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5°. Dictionnaire de musique. Rousseau travailla ped« dant un très-grand nombre d'années it ce dictionnaire. E avait fait poui^ l'Encyclopédie plusieurs articles sur 1^ musique que Diderot lui avait demandés. Ce travail le mena plus loin qu'il ne voulait. Un article en faisait naître un autre qui devenait nécessaire pour Ten^mble et lé développement des idé^s». Il ii^s recueillit , les refit, les augmenta pour en composer un dictionnaire que lea amateurs de musique , et même les professeurs , consultent encore avec fruit , malgré la pi^téndue ignorance dé Fauteur. Cet ouvragé fut imprimé en i '^67 , pour h première fois , à Àmftterdam , par Rey. Dans la même année y la veuve DuChéne éii faisait une édition a Paris. A cette occasion, Rousseau donna une nouvelle preuve de son respect pour les lois. Sentant que plusieurs ar<^ ticles ne passeraient point à la censure ^ il écrivjt à M. de Sartine ^ lieutenant-général de police , uoe lettre datée du 9 septembre 1767 ,<<et dans laquelle fl lui déclare s'opposer à la publication de cet ouvrage,jusquà ce quil ait été de nouveau soumis à ia censuré y et le prie de4qn-. ner des ordres pour arrêter ladite publication.
Les œuvres musicales de Rousseau se composent :
i® Du Devin du village y
^^ De fragments de Daphnis et Chloé (i), dont Govancèï a fait les paroles (!i) ^
3<> De six nouveauic air^du Dessin du village {^)^
4" D'un grand nombre de romances, gravées et publiées à Paris en 1781 , par M. Benoist, éditeur des deux précédents articles. Cette collection, bien gravée ^ contient
(i) Publiés à Paris, in-fol. , 1779-
(a) Vo^eK tomel, p. a55.
(3) Publiés à Paris, in-Fol., 1779.