‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 64 sur 108 · IV. PARTIE. SES OUVRAGES · texte numérisé non relu

IV. PARTIE. SES OUVRAGES

» jet de faire un ouvrage qui eût expliqué pourquoi {\) v les hommes dans le cours de leur vie sont souvent dis- » semblables à eux-ihémes. 11 en eût, dit-il ^ montré les ». raisons par les manières . diverses de vivre (2), le rép giine , les aliments f et l'auteur devait proposer une ma- » nière de vivre et un régime extérieut qui , variés selon » les circonstances^ pouvaient mettre ^oumaintenir l'âme p dans l'ëtat le plus favorable à la vertu. Par exemple , ». il eut défendu aux gens sanguins (3) de traiter d'a£> » faires après le repas, parce que le sang leur porte à la » tête : il eût interdit les boissons spiritueuses et les ali- » ments chauds aux personnes violentes et colériques. » Il eût conseillé dans diverses occasions , certains breu- » vages. Tout cela eût formé une espèce de livre de \ » médecine qui n'eût rien offert de bien neuf (4)- B.ous- )> . seau devait intituler cet ouvrage la morale sensitis^e, » « Je n'ai jamais cru que la vertu dépendit (&in« bonne ».. digestion, et qu'il fût possible de faire prendre comme v .du thé f la morale en infusion. Les conseils donnés par » Rousseau, peuvent bien préserver de quelques excès, D mais dé tels moyens n'auront jamais le pouvoir de » rendre à la vertu (5). Cette puissance supposée près- D qu'absolue du physique sur le moral, est peut-être la

(i) Il De dit point cela : il aurait cherché les causes.

(2) Il ne dit point cela : il attribue. ces causes à Vimpression antérieure des objets extérieurs.

(3) Ici, non-seulement, il ne dit point cela, mais madame de Genlis fait le Hyre.

(4) D^accord \ aufisi Rousseau n'eut-il jamais pareille idée.

(5) Il voulait présenter, empêcher de tomber , prévenir, il le dit clairement ;- mais il ne parle pas des moyens qu'il aurait employés, et ne les désigne pas plus auiK gens sanguins qu'aux gens bilieux.

4<«jo HISTOIRE tff. j,*3, AetrssEAtr,

. » seule erreur que les philosophes modétnes aient son- » leDue de bonne foi. Des mater ialistès , des athées oH • des épicuriens ^ doivent penser ainsi. »

On est au moins forcé de convenir que l'auteur d'Emile était un bon juge en littérature, et qu'il s'y* connaislait assez pour savoir ce que c'était qu'un liseré agréable à lire y tel que devait être le matérialisme du sage; et d'apès l'énumération de madame de Genlis , et le livre de médecine dont elle paiie comme si elle l'eut appris par ccËur , JeanJacques aurait dit une sottise en préten** dant que ce livre eût été agréable à lire. La réflexion qui termine la ^itique de l'antear à'Alphônsincy et qui range Rousseau parmi les athées, les matérialistes et les épicuriens, est d'une justisse remarquable. L'épicuréisme et l'athéisme du citoyen de Getlève sont connus. La longueur de ses repas , la profusion des mets qui chargeaient «a table, son insensibilité à la vue du spectacle de la nature, qu'il a plus d'une fois décrit , et toujours d'une manière glaciale, ses Outrages enfin ne laissent ancun doute sur le matérialisme de cet épicurien- éélèbre par son amour poUr la toôiété, et ses recherches dans les aisances et les commodités de la Vit* * • • .

Nous avons donné dans la «econde partie de cet ouvrage , tous les renseignements que nous nous sommes procurés sur la Correspondance. Il nous reste maintenant à présenter les lettres inédites | mais il faut aupai^avant mettre sous les yeux du lecteur toutes les productions de Rousseau dans l'ordre ou il les composa. On pourra remarquer et la gradation et la marche de hauteur qui faisait aller quelquefois de pair plusieurs ouvrages et se délassait de l'un par l'autre. .

iy< PABTIC. SES OUVRAGES.. 4? <

Tableàv CffRONôLpGTçuE dcs éùrits de J.-J. Rousseau; ranges dans V ordre ou ils furent composés.

Nota. NoiM>vons i;e)«cë à U fin l«t pièces dont la date.«st| malgré DOS recherches, restée iocoonue.

I Narcisse y OU l'Amaiit de lui-méine « • • 1734

La Préface ...*....;... i ^53

a Mëmoire à S* £x. mQnseigneiir le gouvarneur

de Savoie. .••..'....«.. « . • . ^ • • • • « . 173$

. 3 Le Verger des. Charmettes^ .... « 1737

4 Traduction de l'Ode de J« Puthod, pour les .

noces du roi de Sardaigne « • . i . • • 1737

5 Virelai à madame Ae Warens; ......<... ^ • 1737

S Fragments d'iphis* * * é . . « « 1737

> 7 Réponse au mémoire -anonyme ( sttr la sphé** •

ricité de là terre)* .«. .\ ;...«».**...» é^. 1738

• 6 Fragment d'une éphre à M. Bordes ,....««• 1 740

9 La découverte -du Nouveau^Monde ^ tragédie • tf 74o

10 Epître a M« Bordes. •.••..'«••.•<.....«..• 1.741

1 1 Epître à M. Parisot « •«».». 1 74^

1 a Mémoire pour la béâtifit^ation dd l'évéque

d'Annecy. ..•••«%•....>*.. i. «<.<«.».» • 17491

\ 3 Dissertation sur la musique moderne ••^•••. 1742 i4 Projet concernant de nouveaux signes pour la

musique. . • *•...« • • . • 174^

1 5 Les 'Prisonniers de guerre^ •«•.».». 1 743

16 Les Muses galantes. • < . é « . » » .*...« 174^

Page 1