‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 63 sur 108 · IV. PARTIE^ SES OUVRAGES · texte numérisé non relu

IV. PARTIE^ SES OUVRAGES

a je méditais , dit Jea^-Jacques , un paytagie dont je )è àerwl id^e'à d^s observati<9os jTaijte» sur moi-même ^ » ' çt je me sentais d'autant plus de courage k l'entre*- 4» prendre , que j'avale li§u d'«H^»er de faire un livre » Mtile. L'on a remarqué que lu plupart des hommes p sont ^ dans le cours de leur vie , sou Veut dissemblables » k eui^<^mémes. Ce Vêtait pas ppur établir une chose p aussi cponUiÇ que je voulais faire un livre : j'avi^iis un 9 objet plus nçuf , et m^eme plus importât y c'était de . » chercher les causes de c^s variations , et de m'attachor D à celles qui dépendent de nous. Car il est ^ san^ >> contredit, plus pénible k Tbonnéte ho^ime de résister » a. des désirs déjà tout formée , qu'il doit vaincre, que de » prévenir, changer ou modifier ces meme^ désirs dans x> leur source, s'il était en ét«at d'^ remonter* Un homm^ » tenté résiste une fois parce qu'il est fort , ^1 succombe » une autre fois parce qu'il est faible. S'il eût été le » même qu'auparavant , il ^'eùt pas succombé. En D sondant en moi-même , et en recherchant dans lés n autres , à quoi tenaient ces diverses manières d'^re , » je trouvai qu'elles dépendaient, eh grande partie , de » l'impression antérieure des objets extérieurs ^ et que , » modifiés continuellement pair nos sens (^ par nos }) organes , nous portions , sans nous en apercevoir', p dans nos idées , d^ns nos sentimens , dans nos actions .» même , l'effet de ces modifications. Les frappantes W et nombreuses observations que )'avai$ recueillies » étaient au-dessus de toute dispute, et, pijtr^ leurs ' » principes physiques , elles me paraissaient propres » à fonrjair un r^égime extérieur qui , variée selon Içs A circonstances , pouvait mettre o^ maintenir l'âmf » dans l'état le plus favorable à la vertu. Que d'écarts » on sauverait à la raison ; que de vices on empé-

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» cherait de naître, si l'on savait forcer rëconomie .» 'animale à favoriser Tordre moral qu'elle trouble si

* souvent ! Les climats ,. les saisons y les couleurs y la » lumière , les éléments , les aliments , le bruit , le » silence , le mouvement y \ç repos , tout agit sur. notre 9 'machine , et sur notre âme , par conséquent : tout '^ nous ofTre mille prises presque assurées , pour goù* 1» -verner , dans leur origine, les sentiments dont nous

• nous laissons dominer. Telle était l'idée fondamentale » dont j'avais déjà jeté l'esquisse sur le papier , et dont -9 j'espérais un e£fet d'autant plus ^dr pour les gens bien » nés y qui , aimaiit sincèrement la vertu , se défient de }» leur faiblesse y qu'il me paraissait aisé d'en faire un » livre agréable à lire , comme il l'était à composer. » J'ai cependant bien peu travaillé à cet ouvrage ^ dont <» le titre était : La Mornle sensUwe , ou le MatérieUismc ^ du Sage. » Goùf. liv. XL

' L'exécution de ce projet s'est bornée à l'esquisse, et l'on vola cette esquisse à Rousseau pendant son séjour k Montmorency. Il est fâcheux que cet ouvrage n'ait point été fait par celui qui l'avait conçu.

. Passons maintenant à l'exposé que fait de ce projet madame de Genlis (car c'est d'elle qu'il est question), ,daus la préface d^ Alphonsine. Elle voulait intituler cet invraisemblable roman, Éducation sensUis^e y mais la morale sehsitive l'en empêcha. La crainte d'être accusée •de vouloir imiter Jean-Jacques , ou même de le piller, •en fut la cause-: accusation- bien injuste assurément, si l'on en juge par le peu de rapport qui existe entre l'analyse qu'elle a fait du projet , et le projet tel que l'auteur ^ient de l'exposer. Écoutons le commentaire : il eôt curieux :

• jf Rousseau dit dans ses Confessions qu il avait le pro-

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