LETTRES INÉDITES
Aoto. Les Bttni étos correspondent ii ceuic dtf Ift seconde partie du premier
. volome.
N* ao. A arAD.î)EWAfiE^s.\Z>^on" i*' mût 174^
« Madame ma très-chère Maman,
« Me voici enfin arrivé <îhez monsieur de Mably; je ne vous dirai point encore prëoisëment quelle y sera ma situation , mais ce qui m'en pai>ajt déjà n'a rien de re* butant. M. de Mably en un trèà^'hoonéte homme à qui un grand usage <iu monde, de la cour^ et des plaisirs ont appris à philosopher de bonne heure, et qui n'a pas été fâché de me trouver des sentiments assee conoor-* dânts aux siens ; jusqu'ici je n'ai qu'à me louer des égards qu'il m'a téuioignés ^ il entend que j'en agisse chez lui iàns façon, et que je ne sois géué en rien* Vous deves juger qu'étant ainsi livré k ma discrétion je m'en accorderai en effet d'autant moins de libertés; les bonnes manières peiivont tout sur moi, et si monsieur de Mabiy ne se dément point, il peut être assuré que mon cœur lui
sera sincèrement attaché : mais vous m'avez appris à ne pas courir à l'extrême, sur de premières apparences , et à ne jamais compter plus qu'il ne faut sur ce qui dépend de la fantaisie des hommes'. Savoir , à présent, comment on pense sur mon compte , c'est ce qui n'est pas entièrement à mon pouvoir ; ma timidité ordinaire m!'a fait jouer le premier jour un assez sot personnage, et si monsieur de Mably avait été savoyard , il aurait porté là-dessus son redoutable jftgement sans espérance d'appel , et je ne sais si au travers de cet air embarrassé il a
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démêlé en moi quelque chose de bon^ ce qu'il y a de sûr c'est que ses manières polies et engageantes m'ont entièrement rassuré , et qu'il ne tient plus qu'à moi de me montrer à lui tel que je suis. 11 écrit au R. P. de la G)ste qui ne manquera point de vous communiquer sa lettre; vous pourrez juger là^dessus de ce qu'il pense sur mon compte. J'ose vous prier, ma très-chère maman, de vouloir bien faire agréer , mes très-humbles respects aux RR. PP. Jésuites; Quant à mon petit élève , on ne saurait lui refuser d'être très-aimable , mais je ne saurais encère vous dire s'il aura le cœur également bon , parce que souvent ce qui paraît à cet âge des signes de méchanceté ne sont en effet que de vivacité et d'étourderie. J^ai rempli ma lettre de minuties, mais daignez, ma très-chère maman , m'éclaircir au .plutôt de ce qui m'est uniquement important, je veux. dire de votre santé et de la prospérité de vos affaires; que font les Gharmettes , les Kiki , et tout ce qui m'intéresse tant? Mon adresse est chez monsieur de Mablj, prévôt général du Lyonnais, rue Saint-Dominique ». - a J'ai l'honneur* d'être avec une vive reconnaissance et un profond respect , madame , votre très-humble et très-obéissant serviteur et fils». .
- Comme les dii-neuf prëcëdentcs , elle n^offre rien qui pui«e faire présager que celui qui l'écrit doit être un jour l'auteur ê^JEmiie. \ Elle n'a point encore été publîjée dans aucune édition des OEuTret de RouMeAu.