IV. PARTIE. SES OUVRAGES
long-temps d'avoir l'honneur, de lui écrire^ quoique l'exactitude de monsieur l'ambassadeur ne me donne pas lieu de rien suppléer pour lui ; sa santé est telle qu'il n'y en a que. la continuation à désirer. S. £x. prend le sel de;Glaabery dont elle se trouvé fort bien : elle vit toujours fort liée avec monsieur l'ambassadeur d'Espagne : et moi y pour imiter son goût autant que mon état le permet, je me suis.; pris d'amitié si intimement avec le secrétaire, que nous sommes inséparables (i) : de façon qu'on ne voit rien à Venise de si uni que les deux maisons de France et d'Espagne. J'ai un peu dérangé ma philosophie pour me mettre comme les autres^ de sorte que je cours la place et lés spectacles en masque et enbahutte, tout aussi fièrement que si j'avais passé toute ma vie dans cet équipage ; je m'aperçois que je fais à Votre Ex. des détails qui l'intéressent fort peu; je voudrais, madame , pouvoir vous en faire d'assez séduisants de ce pays^ pour vous engager à hâter votre voyage, et à satisfaire en cela les vœux de toute votre maison de Venise, à la tête de laquelle j'ose me compter encore plus par l'empressement et le zèle , que par le rang. • j'envole à un ami , un mémoire assez considérable de plusieurs emplettes à faire à Paris , pour moi et pour mes amis de Venise. S. Ex. m'a promis, madame, de vous prier de vouloir bien recevoir le tout', et l'envoyer sur le même vaisseau et sous les mêmes passeports que votre équipage ) Votre Excellence aura aussi la bonté , je l'en supplie, de satisfaire au montant du mémoire qui lui sera remis avec la marchandise, conformément à ce que lui en marquera monsieur l'ambassadeur.
(i) Rousseau donue dans le YII® lir. des Confessions des détaiU iotêressaots sur cçtte liaison.
478 HISTOIRE D£> l.-J. ROUSSEAU,
« S, Ex. roiis prie; madame, de vouloir bien lui en* voyer par le premier courrier, une demii- douzaine de colombats proprement reliés, pour faire des présens; j'ai calculé qu en les expédiant tout de suite, ils arrireront justement ici, le pénultième jour de Famée. Ponr l'Almanach royal, je ne serais pas d'avis que Yolre £x. renvoyât par la poste , à cause de sa grosseur ; mai» qu'elle prit la peine de l'envoyer à Lyon par la diligence, à quelqu'un qui l'expédierait à Marseille, et de 1^ à Gènes, à M. Dupont, chargé des affaires de France, qui nous le ferait parvenir facilement. J'ai l'honneur d'être avec la plus profond respea, de Votre Excellence^ lé tres^ humble, etc. »• .
Nous avons fait, p. 3i5, du premier Tolume , In obtÊrratiou dont celte lettre ^tait susceptible , et qui la reàdfiieat iaip«rtWite , parc qu'elle détruisait l'assertion de ceuii qui TQÙlaieut que Rousseau n'eût été qufi le laquais de M. Mootaigu. On conyiendra laci» lement que M- Mourette a rendu un véritable service , en nous permettant d'io&érer dans notre recueil une lettre qui contribue à faire constater la vérité.
45. A. M. Petit , secrétaire de rA.cadémie, rue du Vieux-Marché , à Dijon. Paris , ce ig j'am/ier i «j 5 1 #
<c Monsieur ,
« Une longue et cruelle maladie dont je ne suis pas encore délivré, ayant considérablement retardé l'impression de mon discours , m'a encore empêché de vous en envoyer les premiers exemplaires selon mon devoir et mon intention. Je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien en faire mes très-humbles excuses à FA-cadémie et en particulier k M. Lantin, à qui je dois des remercîments , et duquel j e vous prie aussi de vouloir bien me donner l'adresse. Ayez encore la bonté de me marquer le nombre d'exemplaires