‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 91 sur 108 · IV. PARTIE. SES OUVRAGES. 5l · texte numérisé non relu

IV. PARTIE. SES OUVRAGES. 5l

la vôtre. Cependant, comme tout ce qu'on dit né' vaut pas, à mon gré, ce que je sens, je voudrais de l'hôtel de Saint-Simon avoir été transporté dans la plus profonde

* solitude : j'aurais été bien sur de n'y jamais rester seul. Mon amour pour la retraite ne m'a pourtant pas fait encore accepter aucun des logements qu'on m'a offerts

' en campagne. Me voilà devenu difficile en hôte.

» Lorsque vous voudrez bien, Madame, me faire dire un mot de vos nouvelles , soit directement, . soit par M. Hume, permettez que je vous prie de m'en faire donner aussi sur la santé de madame la mjaréchale.

p Après avoir écrit cette lettre^ j'apprends que M. Hume a trouvé un seigneur du pays de Galles , qui dans un vieuK monastère où loge un de ses fermiers , lui fait offre pour moi d'un logement précisément tel que je le désiré. Cette nouvelle, Madame, me comble de joie. Si dans cette contrée , si éloignée et si sauvage, je puis passer en paix les derniers jours de ma vie, oublié des hommes , cet intervalle de repos me fera bientôt oublier toutes mes misères, et je serais redevable à M. Humie de tout le bonheur auquel je puisse encore aspirer. »

JYota, JJne circonstance rapportée dans cette lettre mérite d^âtre remarquée : c'est la confidence de David Hume à Jean- Jacques , sur la prétendue lettre du roi de Prusse. Rousseau fuyjit en Angleterre pour ne plus entendre ce que ses ennemis disaient de lui ; et son hôte a la maladresse de Fen instruire. Jean^Jacques en eut de Tfaumeur contre Hume : il n'ose l'exprimer directement à madame de Boufflers , amie intime de Thistoriey , et qui les avait liés tous les deux , mais il ne saurait en dissimuler Pexpression. Je désirerais qu'on voulUt bien, etc. II est probable qu'il voulait faire donner l'avis par madame de Boufflers.

5l8 HISTOIRE DE I.-J. ROUSSEAtr,

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