‹ Histoire de la ville d'Alais de 1341 à 1461Chapitre 19 sur 52 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Le travail.

Les salaires. - Les principales industries de l'alimentation, DU VÊTEMENT ET DE L'HABITATION.

Que fait le travailleur s'apercevant que le pain qu'on lui vend toujours deux deniers pèse moitié moins ? il augmente le prix de son salaire, car il faut qu'il mange ; il exige une rémunération double ; le ventre a ses exigences; en un mot la hausse générale des marchandises atteint tôt ou tard les salaires. Voilà un premier principe. Le second aussi incontestable est celui-ci : d'une époque à une autre les prix changent quand il y a affaiblissement définitif des espèces principales. Ainsi en 1284, le marc

posséder de l'artillerie :

10 janvier 1433 n. s. Cum magister colobrinarum jam venit et sit de presenti in hac villa et dicti domini consules et certi alii de consilio loquti fuerunt cum eodem de faciendo certanx quantitatem colobrinarum, videlicet 13 que sunt valde necessarie huic ville pro consercatione ejusdem, et deinde sit necesse emere certam quantitatem salispetre pro faciendo pulverem dictarum colobrinarum et sulphure.

14 avril 1433. Cum propter adventum et metum roteriorum. videlicet Uodigoni et certorum aliorum nuper in loco de Genolhaco et de Villcforti existentium, exposuerunt plures pecunias pro defensione, consercatione atque fortificatione vitle Alesti tam in reparatiouibus que in *alariis certorum balisteriorum et dU versorum nuntiorum sive fxploratorum et aliter diverse mode, quas peccunias manulevaverunt a diversité singularibus dicte ville

d'argent fin produisait 60 sous ; en 1370, il en produit le double ; il est donc à présumer que les salaires doivent avoir doublé pendant la même période. Troisièmement tout le monde a remarqué que les prix de vente en détail, si prompts à prendre modèle sur les prix de gros lorsqu'ils sont en hausse, ne consentent que très exceptionnellement à les suivre quand c'est la baisse qui est à Tordre du jour, surtout pour les denrées alimentaires. Enfin malgré toutes les ordonnances et tous les Parlements, chaque marchandise fait son prix, et chaque travail son salaire (1).

Ces lois, ces principes d'économie politique s'appliquent à toutes les époques.

Le 21 janvier 1390, pour se tirer des griffes d'un juif, un individu se loue comme pâtre, chez le boucher Jacques Salle, du 1er novembre 1389 à Pâques 1391, pour 136 sous, huit sous par mois; en 1431, un ouvrier coutelier de Besançon s'embauche à Alais pour un an ; il sera nourri et gagnera 75 moutons, soit donc 94 sous environ par mois. Cela prouve-t-il que de 1390 à 1431, la main-d'œuvre a décuplé ? Evidemment non ; contentons-nous donc, sans système préconçu , d'examiner l'évolution des salaires pendant la guerre de Cent Ans.

(1) La durée de l'apprentissage influe aussi sur le prix, mais très peu.

Coutelier : Durée 4 ans ; l'apprenti a 15 ans ; son patron Pierre Chambon le vêtira et le chaussera; l'apprenti payera à la patronne unum capucium, une pèlerine ; son frère qui a 14 ans est mis en apprentissage chez M. Jean Poiolar, l'apprentissage durera 4 ans et 1/3 (1441).

En 1363, la durée de l'apprentissage est de 6 ans.

Maçon : Durée 3 ans, l'apprenti sera nourri ; on lui fournira aussi une cainisia et 9 florins ; il donnera à la patronne un chaperon de 30 sous (1494).

Tisserand : Durée 3 ans, Guillaume Grizel prend un apprenti âgé de 18 ans ; il lui fournira unam raubam, quosdam caligas et unum capucium (veste et chaussures), etc.

Cordonnier : Durée 3 ans.

Voir pièce justif. n« 46, les contrats d'apprentissage de menuisier, coutelier et cordonnier en 1365.

En juin 1372 on déclare officiellement à Nimes qu'il faut pour vivre 18 deniers par jour au minimum.

Dix ans après, en 1383, un maçon gagne trois gros ; son aide, un gros huit patacs ; un menuisier deux gros et demi par jour; à ce moment le setier de blé, mesure de Nimes, coûte 5 gros et le setier d'orge deux gros et demi.

En mars 1388 les cultivateurs ne gagnent que deux gros, deux gros quatre deniers, deux gros huit deniers au plus, tandis que le maçon a trois gros ou 45 deniers, et son manœuvre cinq blanques ou 25 deniers.

Vingt ans plus tard la môme inégalité persiste entre les ouvriers de la ville et ceux des champs. Le menuisier gagne trois, quatre sous par jour; le travailleur de terre est obligé de se contenter de deux sous, deux sous et demi au plus, et il aurait tort de se plaindre puisqu'un homme de peine arrive à deux sous au maximum, 24 deniers !

Le tarif promulgué officiellement à Nimes en 1420 par le Dauphin pour tous les corps de métiers s'occupe longuement des laboureurs.

Hommes : du 29 septembre à la Noël, 50 deniers ou 10 blancs ; de la Noël au 31 mai, 60 deniers ou 4 gros ; du l,r juin à la Saint-Michel, 80 deniers ou 16 blancs.

Si on les nourrit ce n'est plus, par jour, suivant la saison, que 30, puis 40 deniers, et enfin de juin à septembre 60 deniers. Celui qui manie bien la faux, le bon daliaïre gagne au moment de la moisson six gros. La charrue d'Alais n'a qu'un soc et point de coutre ; elle est difficile à bien conduire ; les propriétaires en tiennent compte et paient jusqu'à neuf gros un bon araire qui défonce la terre avec ses deux botes.

Femmes : du 29 septembre au ltr mai, non nourries, elles ont 25 deniers ; de la fin d'avril à la Saint-Michel, 40 deniers.

Pour les vendanges il y a un tarif spécial, 40 deniers les hommes, 25 deniers les femmes.

Nous avons déjà dit que toutes ces ordonnances sur le salaire des ouvriers n'aboutissent pas à grand chose. Le législateur de 1420 ne va-t-il pas jusqu'à tarifer les accoucheuses, les gardes d'accouchées, les cuisiniers, en un mot toutes les professions qui lui viennent sous la plume.

Accoucheuses :

Que non devon prendre ou guasanhar à servir jazens dels grosses hostaux pendant la belle saison (mai-septembre) que deux livres, et d'octobre à fin avril qu'un franc et demi; celles qui servent jazens dels hostals de bassa man qu'un franc d'octobre à fin avril, et vingt-deux gros pendant les cinq mois d'été.

Cuisiniers :

Per coyre un carton de mouton, 1 denier; per coyra una pessa de buou, pour cuire un morceau de bœuf correspondant à un carton de mouton, 1 denier; pour pastis de deux poulets, ou de deux pigeons, ou autres chairs, s'ils fournissent la farine, on leur payera 2 blancs. Ainsi les deux pigeons coûtaient 30 deniers, la croûte et la sauce du pâté 10 deniers. L'ordonnance ne distinguait pas entre un bon rôtisseur et un mauvais queux ! Où commençait une maison de basse main ?

Passe encore pour les menuisiers, les maçons.

N'oublions pas qu'à cette époque celui qui commande un meuble à un menuisier se charge de lui fournir le bois ; de même celui qui fait construire donne au maçon la pierre, la chaux, le sable. (1)

Menuisiers (fustiers) :

De la Saint-Michel à Pâques, 8 blancs = 40 deniers;

De Pâques au 1er août, 10 blancs = 50 deniers.

Maçons (peyriers) :

De la Saint-Michel au 31 avril, 8 blancs = 40 deniers ;

Du ltr mai à la Saint-Michel, 4 gros = 60 deniers.

La question des salaires se complique dès que l'ouvrier fournit à la fois son travail et la matière première ; c'esi ce qui a lieu pour les rodiers, les fabres,, etc., etc.

(1) C'est la règle surtout entre particuliers; mais pourtant il y a des exceptions. En tous cas voici deux marchés passés entre la ville d'Alais et des ouvriers, maçons et menuisiers, qui sont pour la liberté du travail, pour le travail à forfait. Le 29 décembre 1463. Les consuls commandent â un fustier : 1* Une cheminée au milieu de la chambre du l«r étage, donnant sur la voie Regordane ; le manteau de cette chaminieyre sera en

Radiers :

Essieu, 8 blancs ; jantes, 3 gros ; roues neuves de grosse charrette, 60 sons ; roues simples, 50 sous; échelle forte pour charrette, 50 sous ; échelles légères, 46 sous ; fusta d'un a mire forçat garnit de dental, 10 gros; araire non garnit, 8 gros; araire doblis, 6 gros ; dental obrat et traucat, 2 blancs ; on sait que l'araire est la charrue et que le dental est le sep sur lequel porte le soc. Mais le rodier ne fait que ce qui est en bois; nous allons donc en sortant du rodier chez le fabre.

Fabres :

Soc de charrue, relha nova obrada, suivant son poiJs,

bois de bonne qualité, et le reste en margadis, cum suo fogueario sive fogayro, au milieu, remarquons bien, afin qu'on puisse circuler autour, ita quo circumcirca dictam chamineyam transitus habere possit ;

2* La réouverture d'une porte fermée à pierres sèches sans mortier ;

3° Deux portes, Tune pour pénétrer dans la chambre susdite, et l'autre dans un mur de milieu.

Ces trois ouvertures devront être garnies de bonnes portes en bois avec clous, goffons, palestrages ;

4° Un escalier (graderium sive scalié) pour arriver à la chambre du l,r, cum baranhis et cohoperire dictum scalerium cum fustibus, tegulis et aliis necessariis.

Il devra se procurer à ses frais tous les matériaux : pierre, bois, fer, clous.

Le travail devra être fini avant Pâques ; on lui comptera après vérification, 9 1. t.:

2° Marché pour barder la tour de l'horloge, du 12 mai 1464.

... Ad barandum crotam turris orologii.

Jean Bagard, peyrier, teneatur bene et débite dictam crotam bardare de bonis et sufficientibus bardis factis ad médium cementiun et illos inglutare ; il fera porter les bards qu'il aura achetés à ses frais, et teneatur dare bonum raostum dicto bardame nto sive operi ad fines ne aqua pluvialis ibidem remaneat, sed que leviter per sua conducta fluat et decurrat ; il pourra utiliser les bards qu'il trouve: a dans la tour, et valeat de bardis existai tibus in dicta turri accipere meliores et illos ponere in dicto hedifficio. Ce travail devra être terminé avant la Saint-Michel ; le prix est fixé à 20 1. 1.

à 4 blancs par livre ; façon seulement d'une pointe de soc, sans fournir du fer, 4 blancs ; aiguisage d'un soc, 5 deniers.

On trouve chez le fabre des aïssadas ; l'aissadc est une plaque de fer triangulaire qui fait avec son manche un angle d'environ 45 degrés ; cela se manie comme la pioche ; aïssada larga noua, 12 gros; aïssada bastarda, 10 gros ; aïssada destrecJia (étroite), 9 gros ; on les répare s'il le faut, per rebatre una aïssada, 2 blancs ; per caussar una aïssada larga, 4 gros ; per caussar una bastarda, 3 gros et 1/2; per caussar una destrecha, 3 gros.

L'ordonnance accorde au fabre 20 sous pour ferrure d'une roue neuve avec du fer neuf. Le fabre fait les clous à bande, les clous de charrette ; mais les autres clous se vendent chez les cloutiers. La clouterie est une industrie Alaisienne. Il y a quantité de forges dans les environs où l'on ne fabrique que cet article. On distingue le clou d'un pan, le palmaren qu'on vend à pièce, tandis que les petits clous, les taches, se vendent à tant le cent suivant leur grosseur, clous de 3000, 5000, 7000 au sac.

La charge des clous de charrette est du poids de 270 livres.

Maréchaux :

Ferrure, avec du fer neuf, d'une béte, suivant sa taille, 20 d., 30 d ; d'un âne, 15 d.; pour referrer une grosse bote, 10 d.; moyenne béte, 7 d. et 1/2; un âne, 6 deniers.

Le maréchal est un peu vétérinaire; il applique des emplâtres mercuriels ; il pratique des saignées ; oser le tarifer comme un vulgaire artisan ! il trouvera un biais pour rendre à son égard l'ordonnance inutile. A son tour léperonnier invoquera pour éluder l'ordonnance qui Cixe ses salaires l'inconstance de la mode.

Eperons neufs et grands à la mode actuelle, la mode qui court, dit le tarif, 12 gros; petits éperons, 8 gros; mors neufs en bois de châtaignier et redons ou double mors. 18 gros ; mors à charnière ou tenaille, 20 gros.

Pourquoi ne pas tarifer l'horloger, le fondeur de cloches? Eux aussi emploient du fer, du cuivre.

Cette revue des ouvriers métallurgistes sutïit pour montrer combien, alors comme aujourd'hui, le prix de la ma-

tière première, le fer par exemple, joue un rôle accessoire sur le prix des articles fabriqués (1). Le forgeron ne discute pas la valeur du quintal de fer, mais il estime son travail supérieur à celui de son voisin.

Entre eux ils distinguent cependant ce qu'ils appellent l'ouvrier de la grosse fabrerie et l'ouvrier de la petite fabrerie. Il y a donc deux confréries de fabres, ayant chacune sa caisse. En 1365 Jacques Olier, Simon dit Arnaud Bruguière, Guillaume Dervieux et Bernard Moler sont les recteurs de la confrérie des grosses f&breries ; ils prêtent 4 florins de bon poids, ad signum crucis, pour deux mois à un confrère. Les couteliers sont de la petite fabrerie. mais ils se croient un peu supérieurs à leurs confrères.

Ne blâmons pas trop cependant le Dauphin. Les procédés de fabrication étaient à cette époque minutieusement déterminés ; on se méfiait des inventions, des perfectionnements, et il était relativement possible, en consultant les gens du métier, de fixer d'une manière assez équitable

(t) Le !•' mai 1364 le quintal de fer se vend à raison de 8 deniers la livre; le fer ouvré i4 deniers la livre ; ce qui fait pour un quintal 3 florins 4 gros ; 54 livres coûtent 1 florin 9 gros et 1/2.

En 1329 le quintal de fer se vend à Nimes 40 sous.

En 1473 Claude Rouzier, né à Allevard, habitant une maison de la rue Peyrolerie à Alais, maître de forge de Mandajors, paroisse de Saint-Paul-Lacoste, afferme les mines de fer de la baronnie de Portes, ubicumque reperiri possent pro forgando ferrum in mo- UiiH de Mandajors, pour trois ans, moyennant huit écus d'or.

En 1484 Guill. de Lafare afferme les forges du martinet des Nonnes près Blannaves moyennant 50 1. t., et l'entretien du béai et de l'écluse, resclausa sive levada ; et le fermier vend 209 quintaux de fer, 1/2 cayrat, et 1/2 tailla pour 200 1. t., payés d'avance, quoique le fer long ou carré ne doive être livré qu'à raison de 25 quintaux par trimestre. Les acheteurs de ce fer sont les frères Janvier, l'un prénommé Bernard, marchand à Alais, et l'autre Pons à Uzôs.

En 1488 l'évêque de Maguelonne, seigneur de Sauve, loue pour quatre ans, à 30 sous par an, à Jacques Fraissinet, les mines de fer de la baronnie de Sauve ; il se réserve les minerais d'or, d'argent, de cuivre, de plomb, d'étain ; Fraissinet paie en sus 4 livres à l'entrée du bail.

En 1494 Claude Bonaure loue à Jacques Rouzier le martinet de Villeneuve 40 1. 1. par an.

le prix des principaux objets, le salaire des industries usuelles. De plus cette ordonnance de 1420 n'est faite que pour un coin restreint, sous l'influence des besoins du moment ; la Royauté n'a pas encore émis la prétention de régler, de Versailles, uniformément, les salaires dans toute la France, faisant table rase des inégalités physiques et matérielles !

Le dauphin, le futur Charles VII, sait bien que le salaire, malgré tout, est fixé par le libre accord du maître et de l'ouvrier. Dans son ordonnance, il ne parle pas des écrivains, scriptores ; plus expert en livres qu'en quincaillerie et ferronnerie, ce prince qui aime passionnément les manuscrits enluminés a compris l'insanité d'établir d'une manière générale la main-d'œuvre d'un copiste.

En 1441, je vois vendre un bréviaire, 3 livres 1/2; en 1456, le sacriste de l'abbaye de Sauve, Jean Vilate, plus tard archiprêtre de la cathédrale de Nimes, emprunte 15 écus d'or en donnant en gage un bréviaire de l'ordre de Cluny. Un des bibliophiles d'alors résidant à Saint-Vincent-de-Cros a déjà collectionné : 1° Un de proprietatibus reru?n;2° Scala cœli de Gobi; 3° Floretum glosatum; 4° un joli bréviaire; 5° une bible rationnelle, etc.. etc. Cet ecelésiastique sourirait si l'on comptait les lignes et les pages pour établir la valeur de chacun de ses manuscrits . Le préteur qui a avancé au sacriste les 15 écus n'est pas un lettré, mais il y a des choses qui sautent aux yeux (1).

La perspicacité du Dauphin est encore mise en défauf lorsqu'il impose aux drapiers, canabassiers, merciers et autres revendeurs l'obligation de se contenter d'un bénéfice de 10 °/o> 2 sous par livre.

« L'empereurAJulien, dit Montesquieu, ayant baissé les n denrées à Antioche, y causa une affreuse famine. Le » prince ou le magistrat ne peuvent pas plus taxer la

(1) J'avais noté pour 1472 le prix d'un manuscrit in quo continentur psalteria et diverse orationes et officixim corporis Christi, et alia officia, et alium librum vocatum synodalcm, et quoddam librum continentem statuta diocesis Nemausensis. Je ne retrouve pas le chiffre.

» valeur des marchandises qu'établir par une ordonnance * que le rapport de là 10 soit égal à celui de 1 à 20. » Il aurait pu citer des exemples pris dans l'histoire de son pays.

Afin d'assurer la tranquillité publique, les législateurs croyaient jadis nécessaire, indispensable la taxe du pain et de la viande. La charte Alaisienne fixe au treizième denier (8 %) le bénéfice licite du boulanger (1). Le taxateur doit ajouter au prix d'achat du blé les débours accessoires, mouture, impôt, cuisson, etc., etc. Aucun boulanger ne se plaindra pourvu que les mercuriales soient conformes à la réalité, pourvu que Ion tienne compte des frais extraordinaires, sécheresse forçant à aller moudre à une certaine distance, par exemple, augmentation du prix des fagots, surtaxe au poids public.

En 1448, il y eut conflit entre les boulangers et la ville super facto ponderis partis (2) ; on fut obligé de faire un nouvel essai, et après cet essai, un tarif (3).

(1) Voir Hist. d'Alais de 1250 à 1340, p. 109-116.

(2) Anno M47 \irikS) et die ultima februarii cum Johannes André, Guill. Petit, Petrus, Tardieu et alii pistores ville de Alesti certas littcras iynpetrassent à curia domini senescalli super facto ponderis panis adversus quas procurator dominorum dicte ville et dicte consules se opposuissent,.. pistores constituti coram vica-

rio comitali présente Guillelmo Chabanon in domo consulum

litteris et rarum executioni renunciaverunt, panis facta prius probationc de summa ponderis panis stare ordinationi.* . et consuetudinem antiquilus coyisuetam et sine innovalione.

M) Le Ie' août 1433 l'impôt sur le pain avait été adjugé à deux boulangers, Antoine Reboul et Rainiond de Lascours, à 75 moutons d'or, de omni pane que vendetur infra dictam villam Alesti octavum denarium panis in grosso et in menuto.

Le 18 août nouveau conseil :

Cum pretextu venditionis... de emolumento imposti panis venalis questio mota fuit inter diclos emptores ab una parte et alios pistores dicte ville ex altéra, super eo quia omnes et singuli alii pistores volebant habere suam partem in emolumento dicti imposti ; item et alia questio etiam mota fuit inter dictos R. et A.;

Les frais de panification varient suivant la qualité des grains ; mais c'est surtout le cours des céréales qui détermine le prix du pain. En 1322, à Nimes, la touzelle, c'està-dire le blé de qualité supérieure valait 5 sous le setier ^ 64 livres) ; en 1329 la môme mesure vaut déjà 7 sols le froment, 6 sous et 1/2; l'orge, 3 sous et 1/2. En 1420 1a touzelle est cotée 15 sous le setier; le froment 22 sous et 1/2; le mescle (1/2 orge, 1/2 froment) 17 sous et 1/2; l'orge 12 sous et 1/2; la paumelle 13 sous et 3/4 de sou ; le seigle, 15 sous; l'épeautre, 11 sous et 1/4; le mil, 15 sous; la vesce, 7 sous et 1/2; l'avoine 12 sous et 1/2; le son, 6 sous et 8 deniers le setier. À la môme date et au môme lieu un setier de lentilles, de pois-chiches, de fèves vaut autant qu'un setier de seigle. Le setier Nimois contient 33 1. 33 centilitres.

Mais les cours varient à chaque marché hebdomadaire. Le 25 avril 1426, à Alais, la salmée de touzelle vaut 20 gros, ou 5 gros le setier ; le 29 avril 22 gros ; en mai, 24, 26 gros. Le setier d' Alais correspond à 51 litres 47 centi-

emptores predictos ab una parte, et dictos consules ex altéra super eo quia consules dicebanl se fuisse deceptos in coyitractu dicte yenditionis ultra dimidiam justi pretii, quare petebant ipsam venditionem revocan etrescindi... hoc die emptores... et consules A. cum consilio et voluntate plurium notabilium virorum... convenerunt in modo qui sequitur :

i° Venditio sit abinde inanthea cassa et nulla... ;

2° Dictum emolumentum imposti panis, videlicet octavum denarium de omni pane qui vendetur in presenti villa Alesti per totum annum levetur et exhiyatur sub manu dictorum conaulum per dictos Anthonium et Raimundum, et per Raimunditm Spanhaci, mercatorem Alesti, et que omniaquœ récipient fideliter conscribant et deinde notifpcent Petro Salvatoris, mercatoriA., contrarelatori ipsorum qui etiam omnia habeat redigere in scripto, et deinde omnes pecunias quas levaverint et receperint tradant Bernardo Borcerii et Imberto Namy, receptoribus impostuum dicte ville ;

3° Que quilibet dictorum Anthonio Rebulli, H. de Curlibus et R. Spanhaci habeat pro suo labore octo mutoneset lertiayri partem unius mutonis auri, et dictus P. Salvatoris habeat pro suo labore 5 mutones auri (cela faisait en tout 30 moutons).

litres ; en 1459 le setier se vend couramment 30 sous, et la salmée 120 sous.

En 1329 le fournier ne prenait que 3 deniers pour cuire un setier de blé; en 1420, 7 deniers et 1/2. Le fournier trouve môme ce prix désavantageux, car tout, dit-il, a augmenté, les fagots notamment ; on lui réplique qu'à son tour il vend les cendres de son four un gros le banaston, alors que jadis il n'en retirait presque rien. De plus le boulanger a agrandi son industrie ; il confectionne du pain de luxe, des gâteaux; en 1442 Guillaume Petit se charge d'apprendre à son apprenti la boulangerie et la pastisserie ; l'apprentissage durera trois ans, et à la fin il lui donnera 30 sous.

La guerre de Cent ans n'a pas été, on le comprend, favorable à l'élevage du bétail.

En 1329 un beau mouton de montagne ne valait que 12 sous, un mouton de plaine 10 sous, un gros chapon 2 sous, un poulet 8 deniers. Dès 1373 un beau mouton vaut 20 gros. (1)

En 1420 le Dauphin voulant réglementer la boucherie nimoise établit d'abord le prix du bétail :

Bœuf de haute graisse, 161.; de moyenne grosseur, 12 1. ; petit, 81.. Vache de haute graisse, 10 1.; de moyenne grosseur, 8 1.; petite, 6 !.. Veau d'un an, 5 1.. Veau de lait, 3 !.. Mouton bien gras, 30 sous; ordinaire, 25 sous; petit, 20 sous. Brebis et chèvre. 20 sous; moyenne, 15 sous; petite, 12 sous et 1/2. Porc quintalenc, 6 livres.

Le boucher ne tue pas les animaux le jour où il les achète ; il les nourrit encore quelque temps. Une fois abattus, les animaux sont partagés en quartiers ; il faut tenir compte du déchet : corne, graisse, peau, etc., etc.; des frais généraux professionnels.

Les quatre quartiers d'un bœuf gras doivent se vendre, d'après l'ordonnance, 4 X 70 s. = 280 s. = 19 1.;

Dun bœuf moyen, 4 X 55 s. = 220 s. = 11 1. ;

(1) Mouton offert par la ville de Nîmes au vainqueur de la lutte, le 10 août 1373.

D'un petit bœuf, 4 X iO s. = 160 s. = 8 1. ;

D'un veau d'un an, 4 X 25 s. = 100 s. =5 1. ;

D'un veau de lait, i X 15 s. = 60 s. = 3 1. ;

D'un porc, 4 X 25 s. = 100 s. = 5 1. ;

La chair de mouton et celle de brebis doivent se débiter par quarton (probablement le 1/4 d'un 1/4) ; car le tarif porte que le quarton de mouton vaut 20 ou 15 deniers, suivant la grosseur de l'animal, et celui de brebis, 15 à 12 deniers. Quelques indications particulières suivent :

La graisse de porc se vendra 100 sous le quintal et 15 deniers la livre. Foie de porc, 30 d. ; deux oreilles ou deux pieds de porc, 5 d.; langue de porc, 10 d.; pan de saucisse, 6 d.. Tripes cuites de mouton, 12 d.; crues, 8 d.; poumon de mouton, 15 d.. Tête d'agneau. 10 d.; tripes d'agneau, 6 d.; méchine ou levada d'agneau, 10 d.. Pied de bœuf cuit. 5 deniers.

Ce tarif paraît consciencieux ; en 1419 un boucher d'Alais vend toute la graisse des botes qu'il abattra (ovine, porcine, bovine), à raison de 4 1. t le quintal de Wi livres. Nous n'avons pas trouvé d'achat de botes sur pied en 1420. Vingt ans après nous voyons un boucher acheter des bœufs 225, 180, 100 sous (1) presque le môme jour. Il est donc évident que malgré l'ordonnance les bouchers achètent le bétail au prix qu'ils peuvent, mille causes qu'il est inutile d'énumérer ici, manque de fourrage, insécurité, crainte d'une maladie contagieuse, influant sur le marché.

Il y a des gens qui ne veulent ni ne peuvent acheter un quartier de bœuf qui pèse peut-être plus de 100 livres, ni

(1) 23 août 1441, achat de deux bœufs et d'une vache pour 300 sous; février 1442, deux bœufs se vendent 360 sous; mars 1442, deux bœufs, 450 sous ; en 1390 trois vaches avec leurs veaux sont vendues 416 sous ; en 1391 deux bœufs sont vendus 20 francs d'or ; en 1393, quatre bœufs, 288 sous ; vingt-quatre chèvres, 100 sous ! Chaque animal fait son prix ; en 1387 je vois vendre un bœuf de labour 200 sous, un autre 100 sous; en 1441, 150 sous ; en 1441, une mule 115 sous; un mulet, 300 sous; deux mules et un mulet, 450; quatre mulets ayant quatre mois, 435 sous.

Les impôts mis sur la viande et surtout l'équivalent introduisirent l'habitude de ne plus vendre qu'à livre.

un quartier de mouton. On vend donc la viande, de quelle qualité que ce soit, à poids, à tant la livre de 16 onces, et chacun en achète suivant ses besoins et ses ressources.

Voici le cours de la livre de viande au mazel de Nimes, le 10 juillet 1432:

Bœuf ou vache, 4 d.; mouton, 5 d.; brebis, 4 d.; porc, 5 d.; veau, 6, 7, 8 d.; agneau 6, 7 d.; chevreau, 5, 6, 7 d. Les bouchers sont tenus de marquer la chair de brebis afin de ne pas la vendre pour du mouton ; de plus il leur est enjoint de peser la viande avec une balance ; la romaine n'est tolérée que pour les achats de 10 livres au moins.

La viande coûte à Alais autant qu'à Nimes. Nous avons déjà donné le tarif de 1445 :

Bœuf, vache et brebis, 4 d. 1 ob. la livre; mouton et porc, 5 d. 1 ob.; agneau et veau, 6 d.; dans ce prix bien entendu est compris l'impôt.

De 1445 à 1460 les prix ne varient pas; il est vrai que l'autorité municipale surveille les bouchers toujours disposés à augmenter les cours, sous prétexte de la hausse des salaires et de la cherté des bestiaux (1).

(1) Voici quelques indications :

Veau : 1352, 100 sous.

Bœuf: 1391, 200 sous; 1441, 100, 180, 225 sous.

Il ne faut pas confondre le prix des animaux dans les marchés avec le prix des animaux engraissés.

En 1390, on vend trois vaches avec leurs veaux, 416 s.;

Je vois en 1387, un bœuf de labour estimé 200 sous; en 1441, un autre est estimé 150 sous.

Voici pour 1441 une série de prix :

Vache avec veau d'un an et génisse de deux ans 120 s.

Deux vaches et deux veaux d'un an 195 s.

Deux vaches l'une de deux, l'autre de quatre ans 105 s.

Quatre veaux de deux ans 105 s.

Vache et son veau d'un an 195 s.

Deux vaches, veau et génisse de deux ans . 225 s.

Vache de six ans et génisse 105 s.

Vache de huit ans et génisse 90 s.

Vache et génisse 75 s.;

En 1403, on vend 12 petits cochons de 12 mois pour 96 sous.

En 1441, 3 chèvres et un chevreau d'un an, 25 sous.

On fait une grande consommation de chair salée de porc; la livre qui coûtait 4 d, est à 14 d. en 1373, 1380; mais ensuite les prix fléchissent: de 1391 à 1399, 6 d.; en 1408, 4d.: en 1412, 6 d.; en 1428, 10 d. En 1433, on vend le lard pour piquer une volaille, 8 deniers la livre ; en 1434, la livre de porc salé vaut le même prix, 8 d..

Le poids moyen des animaux abattus est évidemment moindre que celui des bêtes qu'on tue à notre époque. Je crois qu'un beau mouton pèse à l'étal 40, 45, 50 livres ; un bœuf, 500 livres ; on parle dans un acte de trois jambons pesant 21 livres.

Nous ajouterons quelques détails concernant le gibier, la volaille, le poisson, le fromage, l'huile, les épices et le vin.

En 1393 on a une douzaine de poulets pour 14, 15 gros, soit donc 17 à 18 d. pièce; en 1399 pour 15 sous, en 1403 pour 20 sous.

En 1399 une douzaine de perdreaux se vend 20 gros ; une douzaine de lapins de champ, 18 gros; huit oies, 25 gros. En 1408, chapon 6 sous et 1/2; pigeon, 10, 12 deniers; poule, 17 deniers; en 1412, chapon, 5 sous, 6 s. et 1/4; perdrix, lapin, 2 s. et 1/2.

Le tarif officiel de 1420 est ainsi conçu:

Perdreau, 20 d.; perdrix, 40 d.; râle, 30 d.; lapin, 40 d.; (il est vrai qu'on revend la peau 5 d.) ; gros lièvre, 5 sous; une douzaine de grives, 2 sous. Un sanglier vaut au moins 35 sous, et il est très difficile de s'en procurer. Lorsqu'on prend un cerf, c'est un événement. Aussi le tarif n'en parle pas.

Chapon bien engraissé, 10 sous; de moyenne grosseur, 7 sous et 1/2. Pigeon, 15 d.; poulet ordinaire, 20 d.; gros poulet, 30 d.; poule d'un an, 5 sous; de deux à trois ans, 7 sous.

En 1434 quatre poulets se vendent 8 sous et deux beaux cabris 27 sous et 1/2.

Le poisson a plus de débit de février jusqu'à Pâques que pendant le reste de l'année ; l'autorité a pourtant la prétention d'exiger que les prix fixés au début du carême

.soient respectés jusqu'au carême suivant! Il y a de cette façon au commencement du printemps concordance entre le prix vrai et le prix officiel, mais dans le cours de Tannée quels écarts ! Alors les poissons qui pèsent au moins une livre sont mis à part par le poissonnier, loups, cabots, muges, daurades ; car une sole de demi-livre se vend plus cher que deux soles d'un quart de livre. Et on peut voir un aubergiste payer jusqu'à 10 deniers la livre de soles,

9 deniers la livre de beaux merlans, de gros rougets, 6 deniers la livre de sardines !

Le 24 avril 1468 la ville de Nîmes paie vingt-deux livres de morue (merlus) 11 sous 8 den., soit 7 deniers la livre.

En 1329 une douzaine d'œufs vaut 4 d., et le fromage 5 d. la livre; en 1334 le fromage esta 6 d., et cent ans plus tard à 1 sou la livre. On paye en 1460 une douzaine d'œufs

10 deniers.

Le prix de la bonne, de la vraie huile d'olive varie à chaque récolte ; l'olivier est un arbre assez délicat; une année il ne donne pas de fruit ; une autre année les olives ne rendent presque pas d'huile, etc., etc.

En 1350, le setier d'huile vaut 18 sous, ce qui met le cartaou d'oli, la canne à 4 sous 1/2 (1). En janvier 1401 le setier se vend 22 sous et 1/2.

Dans le tarif officiel de 1420, le setier est fixé à 80 sous (4 livres) ! Ce prix me paraît très exagéré ; un hiver rigoureux avait peut-être tué les oliviers.

A la fin de cette guerre de Cent Ans, le setier d'huile vaut de 40 à 45 sous ; en 1472, 40 sous ; en 1480, 44 sous ; en 1483, 40 sous ; la canne d'huile à manger, à 10 sous.

(1) La charge d'huile vaut 16 cannes et pèse 320 1. La canne d'huile est le seizième de la charge ; elle pèse donc 20 livres ; une canne vaut 10 cartayrons ou 16 feuillettes.

1372, cartayron, 6 d.; 1412, cartayron, 2 d. 1/2; 1434, cartayron d'huile, 3 d.

En 1480 , une canne d'huile , 7 sous 1/2 ; une autre canne, 8 sous 1/2.

N'oublions pas que la récolte d'olives est à Alais insuffisante pour les besoins de la consommation.

voilà le prix que les producteurs trouvent alors suffisamment rémunérateur; mais n'oublions pas que le cours de cette denrée est susceptible de changer très vite; en 1494, la canne vaut 17 sous et 1/2 ; en 1497, 30 sous.

Les épiciers nous renseigneront sur la valeur du sucre, du miel, des épices, des confitures. (1)

Il y a deux qualités de sucre ; la première s'appelle sucre babylonien ; elle coûte un peu plus que l'autre.

En 1373 la livre de sucre vaut 8 gros ; en 1412, 10 sous ; on vend l'once, le seizième de la livre, en 1428, 20 deniers, ce qui porte la livre à 26 sous ; mais nous avons remarqué à cette époque calamiteuse une hausse sur tous les articles.

Le miel s'expédie en gros dans des jarres qui pèsent un quintal. En 1384 le quintal vaut 23 gros ; en 1389, 25 gros; on en trouve môme un peu moins cher à 28 sous; en 1390 il y a preneur à 37 sous'; on le cote 30, 31 gros.

Le poivre, la cannelle, le gingembre, le girofle, le safran se vendent en gros par charge d'environ trois quintaux ; en 1385 la charge de gingembre vaut 40 1.; on fait payer 45 sous de 17 livres ; le poivre est coté 50 1. la charge, en 1387 ; au quintal on en demande 21 1.; en 1383 un quintal de cannelle coûte 24 1., au détail 4 sous la livre ; le vendeur d'alors est comme celui d'aujourd'hui ; plus il vend au détail, plus il gagne gros, car il vend le papier de pliage au prix des épices.

Je note en 1403 une once de gingembre 10 d.; en 1412, un tarnal de safran 7 d. obole. (2)

Le prix du vin tend à la baisse, malgré les impôts (3).

(1) 1386, tourte de 3 livres à 2 gros et 1/2 la livre, ça fait 9 s. 4 d.; en 1393, deux livres de manus Christi, hosties dorées à la coriandre, se paient un franc d'or = 16 gros; 1412, une livre de confiture : 7 sous et 1/2.

(2) Tarnal ou huitième partie d'une once, 72 grains.

(3) Nous réservons dans le volume suivant une part à la viticulture et au vin.

On remarquera que pendant la période que nous venons d'étudier, on vend le vin en gros par vas, le vas étant de 10 setiers. Ainsi en 1362, le vas vaut 11 florins ; en 1363, 12 florins et 1/2; en 1372, 1 1 francs (le franc = 16 gros) ; mais à partir du XV« siècle

On a prétendu qu'il y avait déjà à cette époque des magasins de nouveautés, où Ton trouvait des vêtements confectionnés, avec des comptoirs de peignes, de gants, de chapeaux, de savons et même de jouets. A Paris c'est possible ; à Alais quiconque veut se payer un costume va .d'abord acheter l'étoffe chez un drapier. Les drapiers ont

on parle de muid ; un mu ici de vin vaut en 1411, 32 sous ; en 1440, 63 sous ; en 1459, 60 sous.

Seulement quelle est la différence de contenance qu'il y a entre le vas et le muid ? je n'ai pas encore mis la main sur un texte qui élucide la question. Les textes des archives très abondants sur les impôts qui grèvent le vin ne contiennent rien à ce sujet. Un de ces textes mérite d'être inséré ici, car l'année 1463 fut une année où l'on tenta en Languedoc une réforme fiscale.

Le conseil se réunit le 15 septembre ; Robin Hemeri, firmarius particularis in senescalli t B. et N. juris nuper loco talliorum et équivalents impositi super racemis et vino in grosso vendito. a choisi pour ses représentants à Alais honorables Pierre Bilhot. Jean Bruguièreet Pons Castanet, notaire, lesquels ont dit que quia super quolibet salmata racemorum fuerunt impositi pro dicto jure sex denarii tur., quod jus esset difficile levari et exliigi propter diversitatem salmatarum dictorum racemorum, et propter confusionem et incertitudinem que contingerel temporibus vindemiarum ad portalia dicte villey propter que pos<ent multa débuta et poricula scandalurum evenirc, ideo ad omnia preinissa evitandum et ad finem que dictum jus melius, sine aliqua controversia. levari et exhigi valeat nb habitantibus dicte ville cl ejus vicarie, consules hac die presenti tenuerunt consilium générale in quo fuit per consiliarios appunrtatum que dictum jus sex deuariorum impositum ut dictum est super quolibet salmata racemorum convertatur in aliqua summa pecunie, condecenti et ratioïiabili super quolibet modio vini puri% requisiverunt dictos procuratures quathoius dictum jus convortere habeant super quolibet modio vini puri ad très sohdos et novem denarios tur.% cum protestatione et retentione que eo casu quo prima ordinatio et impositio facta in consilio regio in villa Montispess1 lento per génies trium statuum presenti* provincie de duobus solidis lur. pro quulibft modio vint remaneat in suo robore, vel si alia pro visio seu mutatin predicti juris fierel per liegem aut aliuui seu alios ad hoc puteslatem habent'S, que dicta villa A. et habitantes ejusdem et vicarie Alestensis dicta mutatwne et gratin gaudeant sicut eeteri presentis patrie occituine.

Le mois suivant, Hobin Ilemeri demanda demi-droit sur les pi-

des commis qui savent comme le patron ce qu'il faut montrer au client, et lui indiquer Taunage dune houppelande ou d'une gonelle (I). En 1372, une fille reçoit 3 cannes de drap à 32 sous la canne pour ses vêtements, vestes nuptiales.

En 1391, un père achète pour la houppelande de son jeune fils 12 pans de drap, 1 canne et 1/2, couleur verte, à 20 gros la canne. En 1389, l'enfant était moins grand; 9 pans avaient suffi, à 21 gros la canne; on lui avait aussi confectionné une jaquette et un chaperon qui avaient absorbé 10 pans de drap, à 22 gros la canne. En 1399, la ville de Nimes achète deux cannes de burel, à 12 gros la canne, pour la robe de la recluse ; en 1403, 2 cannes et 1/2 de burel, à 15 sous la canne, pour son manteau, dont la façon ne coûta que 5 sous ; mais pour habiller les 4 valets de ville, les

quettes ; oser réclamer 22 deniers et 1/2 (1/2 de 45) par rauid de trempe, vini limphati, sive trempa se jaciat levare medietatem dicti juris, scilicet unum grossum cum dimidio !

Les consuls vont le trouvera son hôtel, V auberge delà Croix,*.

On n'ignore pas que tout le Languedoc en eut vite assez de cette réforme, et l'équivalent reparut.

(1) En 1441, honorable Bernard Borcier, sur la recommandation d'un prêtre, prend un famulus ; il lui apprendra le commerce de la draperie, de la chausseterie, et autres marchandises similaires ; il lui donnera comme à ses autres commis 4 cannes de drap et une paire de souliers.

La même année on présente à discret Etienne Capdur, drapier, un jeune homme de 21 ans qui veut s'instruire dans la chausseterie et autres marchandises qu'il vend, aliis mercaturis quibus utitur ; ce jeune homme se vêtira, se chaussera, payera sa pension chez Capdur au prix que fixera, soit le prieur du Pin, ami commun des parties, soit l'oncle du commis, Jean Sanier, prêtre.

Le stage est de trois ans chez Borcier comme chez Capdur. (Actes d'Etienne Mardi let, folios 151 et 208).

Pour apprendre l'état de mercier, le stage chez Jean Valette, marchand, rue Droite, dure trois ans, et l'apprenti paye 16 écus.

Le mot famulus indique l'embarras du notaire ; car on appelle famulus le principal domestique d'une auberge ; en quittant leur hôtel, les consuls de Nimes qui étaient allés à Carcassonne donnent une étrenne au famulus de l'hôtel qui leur a fait si bon accueil, bona fades.

écuyers, on acheta 10 cannes de draps, à 32 sous ! Il y a donc du drap de toute qualité ; ainsi en 1389, un négociant tient des étoffes à 20, 21, 22 gros la canne ; le drap acheté en 1389 pour les écuyers, appelé drap de Lagrasse, avait coûté 25 gros, soit pour les 10 cannes, 16 francs, sans compter la façon !

Les contrats de mariage nous renseignent sommairement sur les étoffes à la mode, leur couleur, leur prix, les centres de fabrication. (1)

Lorsque Alexis Lozeran maria, en 1472, sa fille Catherine avec Thomas Gervais, bourgeois-hôtelier d'Anduze, il lui donna trois houppelandes, l'une en drap de France de Rouen, couleur violette, doublée de peaux d'écureuil avec les revers (mostris) en vair, l'autre en drap de Bourges, brune, doublée en toile dite boracan?, cum mostris de velours rouge, et une autre enfin en drap de Bourges, violette, assez simple ; elle a préféré cette houppelande à une gonelle qu'on lui avait promise ; elle reçut aussi en même temps une gonelle (vel tunicam) en drap de Perpignan, rouge.

Mais remontons un peu plus.

En 1372 la femme d'un laboureur se constitue en dot 48 livres en numéraire, un collier en argent, trois cannes d'étoffe à li8 sous la canne, un lit garni, une couverture dite vanne ou barracana, à raies, de diverses couleurs; voilà ce que les notaires appellent le haimais nuptial, et dont ils ne font pas souvent le détail. Ainsi en 1370, Jean Lunés, marchand, donne à sa fille qui va épouser Raimond Fabre, drapier, 600 florins d'or et un harnais de 9i florins, le florin valant 39 sous ?

(t) Tous les renseignements sont puisés aux archives d'Alais. J'ai laissé de côté les mariages signés à Alais par des non domiciliés. Ainsi Dulcie de Montaren, veuve en premières noces du coseigneur de Tharaux et en secondes noces de Guigne de Beauvoir, seigneur du Roure, se constitue en dot le 12 février 1301 (13G2) 700 florins que promet de payer son frère, Paul de Montaren.

Jean des Trois-Emines, de Nimes, a promis à sa fille en la mariant avec noble Jean Pierre de lieaucaire, 000 1. t.; 1"> ans, après le gendre n'ayant rien touché attaque son imprudent beau-père (1385),

À la môme époque Jacques Tresmons reconnaît avoir reçu pour sa fiancée, Agnès Auriol, 2 cannes et 1/2 de drap (5 mètres), à 60 sous la canne.

En janvier 1390, un boucher, Bernard Auriol, épouse Guillaumette Mazel, fille d'un boucher ; celui-ci donne à sa fille 64 1. t. en numéraire , un lit valant 8 livres, une guirlande d'argent et 3 cannes de drap, à 3 florins la canne.

Deux apothicaires marient ensemble leurs enfants en 1405 ; la fille reçoit 120 1. en argent et 2 cannes de drap, à 65 sous la canne.

En juin 1390, une jeune fille reçoit une dot de 32 francs en or (520 gros), payables dans un délai de 18 ans : mais de suite elle se fait reconnaître sa robe, 1 canne et 1/2 de drap, à 2 florins la canne, le florin valant 13 gros.

Le 4 janvier, Bernard Julian, drapier, épouse Jacquette Pelet, fille de feu Pierre Pelet, en son vivant drapier ; la mère de la future lui constitue en dot 400 1. dont 160 comptant ; elle s'engage à nourrir le nouveau ménage pendant 4 ans ; quant au drap de ses robes, on n'a qu'à choisir dans la boutique paternelle.

Un broquier épouse Aygline Nayral, fille de son collègue, Bernard Nayral ; on donne à la future 64 livres et un collier de perles blanches valant 3 1..

En 1403, la dot d'une femme , outre 20 francs en or, comprend 3 cannes de drap à 2 francs d'or la canne.

Bremonde Sazi épousa en 1410 Grégoire Fosaat ; sa dot consista en 200 1. t. en argent ; son harnais nuptial en un collier de perles valant 10 1., une houppelande de drap dit de Bruxelles, doublée en peau d'agneau blanc, une gonelle en drap de France.

Nous avons déjà vu la fille d'un médecin espagnol apporter à son mari 500 moutons en numéraire et un trousseau de 100 moutons (1430). Quelques semaines après, Pierre Damier conduisait à l'autel une fille qui avait 20 moutons d'or, une vigne , vingt quintaux de sel. deux houppelandes, unegonellc et une capuche.

En 1441. un savetier se marie: son père, savetier aussi, lui donne 150 1. t.; la future, de son côté, reçoit une dot de

73 !.. une ceinture en soie munie d'argent estimée 150 sous 4L un trousseau de 375 sous.

Jean Génolhac, laboureur, épouse le 20 mars 1442 Firrnine Valenson qui a en dot, trousseau compris, 50 moutons d'or.

Guillaume Malhasse, mercier, en* 1439, épouse la fille vt un mercier qui a en dot 150 1. 1., et un assez joli trousseau où Ton voit une gonelle de drap de Carcassonne, une houppelande rouge en drap de France.

Jean Bertagnac. savetier, en se mariant avec Galburge. v.ïlo du barbier G. Manent, ne reçoit de son beau-père que V livres tournois.

Pierre Olivier, gainier, se marie en 1441 avec Béatrix Varier, fille du coutelier Pons Atgier ; elle n'a, outre son trousseau, que 15 livres.

La femme d'Huguet Aoust, tisserand, n'a que 24 1. de dot. et une robe de 2 cannes et 1/2 de drap.

Le 12 novembre 1437, Pierre Bilhot épouse Jacquette Capdur : celle-ci reçoit de son père Etienne Capdur, 300 U\ res. une houppelande rouge, fourrée d'aorfons blancs, avec montres de vair, une gonelle de garance de Coutraxs?, une ceinture en soie verte avec broderie d'argent valant 150 sous, et un collier à trois rangs de perles valant

ICO sous.

Lorsque Pierre Bonaure maria son fils Antoine avec Catherine Blanc d'Arles. Bernard Borcier, drapier, donna À la future 9 marcs d'or.

Kn 1472 une dame avait légué au bassin des âmes du Purgatoire sa houppelande, en drap couleur rouge écar- Ute, doublée de fourrures. Simon Salayron, viguier comtal e: drapier, et Honorât Ayragues. couturier, sartor, estiment le drap 15 livres et la fourrure autant. Retenons ce ô.evmer détail; dès qu'on a acheté l'étoffe, avant d'aller che-* lo tondeur, baxiatur (1), on se rend chez le fourreur.

• i Pans I» facture de H03 acquittée par la ville de Nimes, après •Mt du drap, il y a F° baxiatiira des dix cannes de ce drap,

\ | sous S deniers, et puis pour façon

ivuprè» lo larif (lc ^^ le tondeur» bassairc ou bayssaire, doit

tellement la mode est aux fourrures ; les pelliparii en sont enchantés ; enfin on s'adresse au sartor, au couturier qui ajoutera dans sa note à sa main d'œuvre quelques petites fournitures, tam pro vnriis sive ynrnimento qunm pro eoruin mnnibus.

D'après le tarif officiel de li20f le couturier doit prendre pour la coupe et la façon d'un vêtement :

§ 1. — Vêtements d'hommes.

Houppelande double pour les gens les plus

comme il faut 32 s.

Houppelande double à quatre quartiers pour

homme 20 s.

Houppelande simple pour homme 12 s. et 1/2.

Houppelande en drap de pays pour artisan. 6 gros.

Chaperon double pour homme 4 gros.

Chaperon simple pour homme 8 blancs.

Cloche 8 gros.

Gippon 20 sous.

Manteau simple d'homme 12 gros.

Cotte [gonneki) 5 gros.

§ 2. — Costumes de femmes (1).

Manteau 12 gros.

Houppelande simple 10 gros.

Cotte 20 sous.

Gonelle 12 gros.

Chaperon 3 gros.

Manches 3 gros.

faire payer : per bayssar la cana d'un drap de France, fin, joli, sauf le drap écarlate, 20 il.; per bayssar une canne de drap de France, mais demi (in, ordinaire, t f> cl . ; per bu y suai- une canne de drap du pays, daque. ta terra, 10 d.: drap grossier. ? d. et 1/2. Ces prix fixés pour Mines devaient être aussi ceux d'Alais.

(l) Buriner Marthe teste en 1401 ; elle a épousé en premières noces Bernard Boissier et en deuxièmes noces Bertrand Lagrave, boucher. Elle lègue à sa mère meam luniram panni albi, novam, qwv est adlmc ad sarturetn qui eamdem tunicam taillauil, et meum capucium, et des patenôtres d'ambre.

Poignets 2 gros.

Cotte ds femme d'artisan , . 8 gros.

Gonelle 8 gros.

ji 3. — Vêtements pour enfants.

Houppelande, de 5 à 10 ans 4 gros.

— , de 10 à 12 ans 5 gros.

Gonelle 4 gros.

Quelques couturiers tiennent même des coupons à bon compte; je vois l'un d'eux vendre pannum bonum vocatiim peladn blanca.

J'abroge pour arriver aux pelletiers qui d'après le tarif de 14*20 doivent réclamer:

Pelisse de mouton pour femme , 40 sous , et pelisse dVlij/iunas, 60 sous; pelisson d'homme grand, 20 sous, et d'homme de taille moyenne, 15 sous ; pelisson d'enfant de 10 ans, 6 gros.

Mnntel de cambas blancas de 30 pans de circonférence

\rtxfa), 4 1.

Mantel de cambas negras de 30 pans de tour, 9 francs. Folradura d'aortons blancs plats, 4 1.:

— d'aortons noirs plats, 61.;

— d'aortons blancs rebols, 10 1.;

— d'agneau noir gros, 4 1.;

— d'agneau blanc gros, 3 1.;

Et per reffourar raubas per villa, 6 gros.

Ainsi les costumes riches, les robes de noces sont en drap de Bourges, de Bruxelles? ou de Bruges ? de Perpignan ; mais pour les robes ordinaires les étoffes de fabrication Alaisienne suffisent. Il y a partout des ouvriers do I» laine, dels obriers de la lana comme les appelle le tarif do 1420 (1), des fileuseset des foulonniers, des filantttixmc et des para ires.

vO r»rlf do M?0 * Nimes : Obriers per escavassar, penchinar, \f »>vî«»* l,,%,% l,l*SSil ^e drap luire], 40 sous ; per \ma pessu de

Vi\ purutro pour fouler une flassade de 10 pans de large et de 1?

La laine des moutons du pays est achetée par des marchands qui la remettent ensuite aux cardeurs ; ces derniers doivent en rendre le prix en marchandises ouvrées trois mois après. Avec une balle de laine on doit fabriquer 40 cannes de serge de laine fine.

Ordinairement les cadis du pays tirent 18, 19, 20, 21 cannes. On en fait de toutes les couleurs : blanc, noir, cramoisi, jaune, vert d'eau de mer. Les teinturiers avaient jadis le monopole de la teinturerie; mars il arrivait parfois que l'étoffe était refusée par le marchand, de là des contestations entre les cadissiers et eux. Les teinturiers apprennent à leurs apprentis à teindre en rouge, noir, jaune et autres couleurs sans pastel, à faire un cadis petites couleurs, et un cadis double couleur, à acheter dans de bonnes conditions le brézil, la cochenille, le pastel ; (la balle de pastel doit peser 2 quintaux et la charge est de deux balles), à commander une Une en bois de chêne, ou une chaudière en cuivre. Ils se croient supérieurs aux laniers. (1).

Les tisserands fabriquent la toile :

Buffier? pièce entière de 20 cannes, 24 gros; de 16, 18 cannes, 20 gros ; toile pour drap de lit (lensôou), 8 pans de long sur 4 de large (2 mètres sur 1 mètre), 12 patacs ; toile pour nappe ou serviette fine itoualiou), 8 blancs la canne ; toile commune de ce pays pour toualiou. 5 blanc^ la canne ;

ou 13 de long, 8 gros ; pour une pièce qui mesure 16, 17, 18 cannes, 16 gros ; pour une pièce de cordai^ 12 gros. Le tarif de 1420 comprend une foule de mots techniques, et une série de prix que nous croyons inutile de reproduire ici. Nous ne nous occuperons bien en détail de ces industries que lorsque la Royauté voudra fixer, en 1643, la largeur des étoffes de laine du pays.

Le cours de la laine brute varie chaque été au moment de la tonte ; ainsi en 1445, avant, 181.; après, 15 1., la charge ou saumée, laine prime. La laine grosse vaut 10 livres et 1/2, et à partir de mai 1445, 9 livres 3/4.

En 1463, 134 livres de laine crue (en suin) se vendent 4 écus d'or.

La laine peignée s'appelle estame.

(I) Les teinturiers emploient la gaude, la garance (rogiâ) qui en 1390 se vend 8 florins et 1/3 le quintal ; le pastel qui se vend en sac de deux quintaux, 8 florins et même 11 florins en 1391.

toile pour lonyieyras. œuvre de France, 4 blancs la canne; toile pour longieyras de ce pays, 10 patacs la canne; toile d'Uzès, la pièce, 18 gros ; toile piquet, la pièce, 24 gros; flassada (couvre- pied) de 10 pans de large sur 12 ou 13 de long, 12 gros; cordât (une pièce), 12 gros; bouras (toile pour sac), 4 blancs la canne (1).

Les tissus Alaisiens n'avaient pas grande faveur. Les marchands tenaient beaucoup d'articles achetés par eux aux foires voisines. Mais généralement les gens d'Alais se servaient de la toile grossière du pays pour les besoins du ménage.

L'industrie de la soie a momentanément disparu ; elle vivote encore à Anduze (2,i.

Parrota du Pont, fille de Raymond du Pont et de Cécile Baudet, veuve, après quelques mois de mariage, de Faulcon Antoine de Sauzet, se remarie, le 5 mai 1474, avec noble Etienne Jausserand, verrier de Rousson, mas d'Aubessas ; elle a 19 ans. Son trousseau avait consisté en deux houppelandes , Tune violette de drap de France, doublée en fourrures, et l'autre de drap de Perpignan, doublée en velours ; la gonelle assortie au premier vêtement était en

(1) Voici quelques notions complémentaires puisées dans les registres des notaires sur le linge, le fil, la soie :

1373 grosse toile, à 8 blanques la eanne.

— bocassin, à 3 gros, 3 patacs la canne.

1389 deux cannes de vmten pour faire deux camises, 8 gros;

façon de ces deux camises, 5 blancs.

1390 un père achète pour camises et brayes de son enfant, deux

cannes deux pans de toile, à 4 gros G patacs la canne, soit donc 10 gros 1 denier.

— 14 cannes de bourras à enscrpelar ballas, à 18 gros la corde

(la corde = 6 cannes), 52 sous et 1/2.

— 4 cordas 4 pans de toile, à 3 gros, 90 sous.

1385 7 cordas, chanvre de Mâcon, à 15 gros et 1/2 la corde.

— 5 cordas de bourras, à 14 gros la corde. 1412 tarnal de soie rouge, 12 d.

1428 écheveau (vapdel) de (il polomar per Irossar r au pas, 5 d.

(2) Il est dû le 21 juin 1402 par 3 négociants de Patinaco ? à Guillaume Sazi et Jean Rcy aine, d'Anduze, 6G 1. pour solde de vente de soie prime à Anduze.

drap d'Espagne, et celle du second en drap d'Alet ; une ceinture en soie faisait ressortir la finesse de sa taille.

En 1473, noble Helips Valette se marie avec noble Pierre de Caussargues d'Alais, à l'âge de 16 ans. Son père, noble Armand Valette, seigneur de Saint-Saturnin-de-Coyran, lui donne 75 1. 1. en argent, une robe de drap couleur pers aile de corbeau, doublée de vair, une robe violette migrain, une robe grise de Rouen, une gonelle en drap de couleur violette, une autre noire en drap de Perpignan, quatre pans de drap violet mi-grain pour faire une capuche, un sachet en soie avec des broderies argentées, un collier à deux rangs de perles, des patenôtres de corail, une ceinture en soie damassée, toute brodée en argent dorée, avec sa boucle (bloca mordens), une autre ceinture en soie cramoisie, brodée en argent, avec sa boucle et huit barris? surdorés.

Lorsque Madeleine de la Fare, fille de Guillaume de Lafare , se mariera avec Guillaume de Narbonne , fils d'Aymeric de Narbonne et de Louise de Rivière d'Anduze, elle aura une plus forte dot en argent, 1300 l. dont w250 comptant, mais son trousseau ne sera guère plus beau, trois houppelandes panni serici nuncupati velors, folleratam pellibus nuncupatis grises, item mostras dicte vestis illi vestimento condecentes, ouppelandam panni .searlati fini, folleratam pellibus nuncupatis menus vairs, cum mostris dicte vestis.... condecentibus, ouppclandam panni fini, dicti de Rouen, folleratam de tela vocata Alamana cum mostris.... nuncupatis de velors, et trois gonelles assorties à ces houppelandes, plus une chlamyde de drap de couleur double. Nous citons ce mariage, car le père de la fiancée habite à la Tour de Cendras, aux portes d'Alais ; un des témoins est noble Giron de Rocheblave, aubergiste.

Les bijoux qui se sont cachés pendant la guerre reviennent à la mode.

Le 16 novembre 1452, Catherine Raymond, veuve de Pierre Auriol , sœur de Béatrice Raymond , femme de Guillaume de Vézenobre engage ses douze bagues en or, toutes avec des perles ou des pierres précieuses, saphirs, perles, émeraudes, turquoises.

La chaussure devrait être bon marché, car les cordonniers pullulent.

Au moment où commence la guerre de Cent Ans, les savetiers et les cuiratiers sont divisés en deux sociétés : la première comprend ceux qui habitent depuis le portail de la Roque jusqu'à la rue Frucherie, on les appelle les vacariés ; la seconde, dite les cordoaniers, englobe les savetiers depuis la rue de la Frucherie jusqu'au portail de Saint-Gilles.

En 1392, les deux sociétés dont le personnel se trouvait très réduit à la suite de diverses épidémies fusionnèrent, et les consuls firent agréer de nouveaux statuts par les principaux membres des deux précédentes sociétés (1).

Le nombre de personnes s'intéressant à l'industrie du cuir est considérable.

En première ligne, les mazeliers qui vendent les peaux des botes abattues par eux, les cuirs pelous. Le tarif officiel Nimois de 1420 (2) est établi par pièce ; les Alaisiens préfèrent traiter au poids, sauf pour les peaux de moutons.

Le 25 février 1391, Guillaume Ribaute cède à Guillaume Malras les graisses et les peaux de sa boucherie, la graisse de bœuf ou de mouton à raison de 136 sous la charge (17 florins), ot la peau des bœufs à 96 sous le quintal ; quant aux peaux de mouton, le prix varie suivant la saison; avant la Madeleine, 10 sous la douzaine, et 16 sous de la Madeleine jusqu'au carême.

Le 9 août 1401, G. Ribaute et sa femme, Claire Soulier, vendent les peaux des génisses (vitularum) déjà un

(i) Acte du 6 mai 1392, en présence de : Oaucelm de Barrio, Jean Ribayron, Raymond du Solier, Guillaume Lhanticr ou Lhautier aine, Uaimond Aymos , Pierre Delmas, Pons Bergognon, Pierre VlvaraiH cadet, André Ricard, Jean Lavandier, Etienne Jubin cadet, Pierre Castanct, Jean Rocayrol, Jean Bergognon, Simon ForeMlier.

('•M Kn M20, la peau d'un bœuf de haute graisse vaut 60 sous ; d'un bœuf moyen, 40 sous: d'un petit bœuf, 25 sous ; peau d'un d'un veau de lait, 6 gros = 7 sous et 1/2 ; peau d'un mouton avant lt tondaison, 50 deniers ; après la tondaison, 28 d.

peu sèches, comme du reste cela se fait toujours, à 60 sous le quintal. En 14 il, on vend des peaux de mouton et de chèvre, 14 gros la douzaine. En 14 t2, nous voyons vendre la douzaine de peaux de mouton, 20 sous ; de peaux d'agneau, 10 sous ; de peaux de cabri, 7 sous et 1/2.

Les cuiratiers préparent ces peaux et en font du cuir. Le prix des cuirs est dans le tarif de 1420 : Bonnes peaux vermeilles (esquina vermeilla) les plus fortes, 3 1.; communes, 50 sous ; petites, iO sous ; peaux blanches (esquina. blanca) les plus fortes, 45 s.; communes, 40 sous; petites, 32 sous; peau de veau, 15 sous; cuir dit de Cordouan, première qualité, le quartier, 45 sous ; deuxième qualité, 36 sous, etc., etc.

La salmée d'écorce de chêne (ru scia) pour tanner les peaux et les cuirs vaut : vermeille, 25 sous ; blanche, 20 sous. Notons que le quintal des cuiraiiers est de 105 1., les 5 livres en sus des 100 1. représentant les tares.

Les parcheminiers préparent les peaux de mouton ; d'après le môme tarif, voici ce qu'elles valent : Peau de mouton rasée des deux côtés, 46 d.; peau de cabri ou d'agneau rasée des deux côtés, 25 d.; peau de mouton rasée d'un seul côté, 40 d.; peau de cabri rasée d'un seul côté, 20 d.; peau d'agneau rasée d'un seul côté, 20 d.. (1)

Evidemment ces cuirs et ces peaux ne servent pas uniquement à fabriquer des souliers. Mais peu nous importe: il en faut en tout cas pour les chaussures.

En 1420, les savetiers ont un tari! assez détaillé :

Estivaux de vache, 40 sous ; souliers en peau de vache pour hommes, 12 sous et 1/2 ; souliers en peau de mouton pour hommes, 6 sous 8 d. ; souliers en cordouan ou vaqua prima, 8 sous 4 d. ; souliers de femme en cordouan ou

(\) En 1368, Raymond Cassanhas, parcheminier.

Le 10 août 1373, Jean Amalric, parcheminier, du Puy, entre comme ouvrier chez Jean Franc, parcheminier d'Alais, pour un an à dater du 15 août; il sera nourri, logé et recevra 14 1. t., plus un demi-franc pour sa chaussure. Celui qui ne tiendra pas ses engagements ira tenir arrêt in carcere. Témoin : Ililaire Monteil, parcheminier d'Alais.

vache prime, deuxième qualité, 5 sous ; souliers de femme en cordouan ou vache prime, première qualité, 7 sous 1/2 ; souliers de femme en peau de mouton, 4 sous 2 d.; souliers pour enfant de 4 à 8 ans, 2 sous et 1/2; souliers pour enfant de 8 à 14 ans, en peau de mouton, 3 sous 4 d., en peau de vache, 5 sous.

En 1373, on achetait 5 paires de souliers, à 4 gros la paire / à 2 sous le gros, ça faisait 8 sous.

En 1413, les consuls de Nimes se paient deux paires de souliers qui leur coûtent 45 s. 10 d. les deux, et deux chapeaux qui ne leur coûtent que 6 sous, 3 sous pièce.

Mais nous ne savons pas de quelle peau étaient les souliers de 1373, ni ceux de 1413.

Avant de quitter les industries du vêtement et de la toilette, nous dirons un mot du savon.

Au milieu du XV* siècle, Alais s'approvisionne à Montpellier et à Nimes, à Montpellier surtout, où Eustache Baudoin, époux Castel Béatrix, apothicaire nimois. a créé, rue Coyraterie, une usine importante. Le 10 juillet 1434, il confie à Guillaume Rossel, son cousin, consobrinus, épicier, né à Beaucaire, la direction de son atelier, omnes cacabos meos et caxias cupri et jarras terrœ in/ïxas sive existentes in mûris lapideis vol in terra vel infra terrain aut super y et quascumque alias res pertinentes ad offîcium saponis mollis et duri. Ayant peur de la mort, il lui lègue son usine, mais à une condition, c'est qu'il ira se fixera Montpellier, que ipse faciat mansionem seu domiciliurn continue dans sa jolie maison, rue de TAiguilherio, à côté de celle de l'hoirie de M* Bertrand Paul, notaire ; à côté de l'usine il y a un grand verger, contigu au jardin de Me Etienne Sigaut ; Rossel en jouira avec Arnaude Baudoin, sa cousine, femme de Guillaume Gallard, monétaire du Saint-Empire.

L'industrie du logement a des rapports intimes avec diverses industries déjà décrites; nous avons parlé notamment des maçons, des menuisiers, des serruriers.

Il va des maisons de tout prix. L'auberge de Guillaume Arbousset, rue de la Roque, est imposée sur 621.; celle de

Pierre Teyssandier, à côté, sur 52 1.; celle d'Arnaud Estradier, rue de la Saunerie, sur 165 ; au môme compoix de 1405 dans ladite rue de la Saunerie, un maçon, Guillaume Colin, un notaire, Guillaume Ghassan , un barbier, Pierre Bilhot occupent des maisons probablement de même rapport, puisqu'elles sont imposées uniformément sur 28 1.. Rue Soubeyranne, Jean de Cubellis. propriétaire, a une maison estimée au compoix 30 1.; Jean Bonimassip, Louis Delmas, bourgeois, Pons Reynaut, notaire, des maisons estimées 40 1.; Thibaud Noyron, notaire, 35 1..

Le 16 mai 1433, Pierre Martinenche, laboureur et sa femme Béatrix s'engagent à démolir un immeuble qu'ils possèdent dans la rue des Fabreries, et à en céder les matériaux à la ville moyennant 60 moutons d'or (1). En 1431, Pierre Chambon, coutelier, achète pour 26 moutons une maison sise rue la Caussarié et de la Canabassarie.

La maison servant d'établissement de bains, louée en 1365, 10 florins, est estimée au cadastre de 1405, 14 1.; elle appartient alors à Jean Boissier ; en 1449, elle figure au compoix pour une valeur imposable de 20 1. à l'article du rôle de Bernard Boissier.

Raymond Béraud, marchand , possède sous le portail

(1) .... Ad opus reparationum ville, totam materiam cujusdam hospicii 8ili infra villam A., in carrer ia Fabrariarum inferiorum, confrontant, à parte ante cum dicta carreria, ab uno latere cum orto Bertrandi Rays, à parte rétro cum muro fortalicii, ab alio latere cum orto dictorum conjugum, videlicet omnes et singulos lapides, tegulas, trabes, postes, fusles et omnem et quamcumque aliam materiam dicti hospicii muratam et non muratamt fixam et non fixam, apparentem et non apparentem, tam supra que subtus terram, dempto (sic) tamen et a presentivenditione exclusis tribus pu teis et tota materia eorumdem, poslibus cujusdam mejani (cloison) existentis inter foganeam (cuisine) et cameram ejusdem hospicii, item demptis omnibus vasis et tineis vinariis dictorum conjugum, et omnibus aliis aysinis sive folie f infra dictum hospicium existentibus, salvo etiam eisdem conjugibus venditoribus solo sive fundo dicti hospicii a presenti venditione excluso ; hanc autem venditionem fecerunl pretio sexaginta rnulonumauri eugni Montispessulani. . .

A. M., délibération de 1433, f* 60.

Vermeil, rue de Bertole, un four estimé 35 1. au compoix de 1405,loué de 1390 à 1396 à Pierre de Claustre, fournier, moyennant huit livres en argent et huit émines de cendre par an. Le locataire lui cuira son pain gratis (1).

Une maison où il y a un pigeonnier, rue Vilatelle, vendue par Jean Bruguière à Pierre Cassan, savetier, est imposée sur 6 1., en 1449 ; celle de Raymond de Gaujac, où il y a une belle terrasse (solelhade), à proximité du puits Barrai, est imposée en 1405 sur 75 1.

Les maisons sont en pierre et couvertes de tuiles (2).

La chaux se vend en gros par muid, au détail par 6anaston. Le muid coûtait un mouton, 15 sous, en 1433. Mais la municipalité ayant autorisé Thomas Saitget à construire un four à chaux, il y eut concurrence entre lui et Hugon Girard ; en 1463, le prix du muid tomba à 5 sous.

Les bois de charpente augmentent sans cesse malgré les défrichements.

L'habitation doit ôtre chauffée pendant l'hiver. Nous n'examinerons pas les procédés de chauffage ; ils sont primitifs; pour se préserver du froid, les habitants n'emploient que le bois ; le charbon est et sera longtemps encore considéré comme ne pouvant ôtre utilisé dans Tintérieur des maisons.

Nous serons aussi très bref sur l'industrie qui procure le moyen de travailler lorsque le soleil a disparu à l'horizon. D'abord chaque maison a des pises en pierre où l'on tient l'huile ; le fond de ces pises, la crasse, sert à l'éclairage. Le calel est la lampe à huile qu'on trouve dans toutos les cuisines.

La graisse détachée des botes dans les abattoirs sert à la fabrication des chandelles de suif.

Le candolier fabrique conformément aux règlements ;

(1) Témoins à l'acte du [•' octobre 1390, Bertrand d'Hermentayrargues, apothicaire ; nobles Guillaume Claret, de Sauve et Honoré Firmin, de Vézénobres. Les cendres sont destinées à ses lessives.

('2; Pierre du pays, ou pierre qu'on va chercher à la vieille cité de Mons. Un des quartiers d'Alais s'appelle la Tuilerie.

la mèche ne doit pas peser plus d'une once par livre (26 grammes sur 415 grammes). Il vend les chandelles en gros ou en détail ; en gros, par quintal, cartayron ou quart de quintal ; en 1373 le quintal vaut 6 florins ; en 1384, 4 francs ; au détail, c'est-à-dire à livre, en 1373, 1 gros; en 1380 et 1381, 10 patacs; en 1384, 8 ou 9 patacs; en 1393, 1 gros ; de 1399 à 1403, 10 d. ; en 1408, 12 d. la livre; en 1420, 20 deniers ; en février 1429, 30 deniers ; après l'échec des Anglais devant Orléans, il y a baisse (1). Ne pas se fier à la blancheur; le suif des animaux abattus en été n'est jamais aussi blanc que celui des bétes tuées en hiver.

L'épicier vend la bougie de cire, la torche de luxe, à tant la livre; en 1373, 5 sous; en 1380, 5 sous 4 deniers ; en 1381, 3 gros ; en 1420, 10 gros ; les grosses torches qu'il a l'air de céder à bon marché sont celles où il gagne le plus, car l'étoupe est meilleur marché que la cire. En 1429 on paye les torches à raison de 7 sous et 1/2 la livre, soit donc 6 gros ; lorsqu'on retourne chez le même industriel pour vendre la moucada, les mouchures, il en offre 5 sous la livre ; la main d œuvre représente donc 1/3 de la valeur des flambeaux ! ! En 1430 le prieur d'Anduze vend quatre quintaux de cire moucada 40 1. t.. Presque le môme jour, Bertrand Nason achète 25 livres de cire pour 3 moutons d'or, ce qui met le quintal à 9 livres.

L'épicier vend aussi la cire rouge qui sert à sceller les missives; en 1412, 17 d. le cartayron; en 1434, 24 d.; il débite le papier par feuille, ou par main de 25 feuilles, par qaaterne, disent les vieux. La main vaut en 1373, 1 gros et 1/2; en 1393, 25 deniers; en 1405, 20 d.; en 1429, 35 d.; cela avait valu jusqu'à 4 sous ou 48 deniers en 1420. (2)

De la maison d'habitation allons au cellier.

Une industrie en progrès est celle de la tonnellerie. Aux environs il y a beaucoup de jourguieïros, des taillis de

(1) Vu à Alais en 1459 Marguerite Laval veuve Guillaume Bressac, candelier ; en 1405, Guill. Bressac, candeliei\ possède quatre vignes et a en cabal 4 livres d'après le compoix.

(2) Le dictionnaire de MM. Ilatzfeld et Darmesteter dit que le mot cahier vient de quaternum, cahier de quatre feuilles.

châtaigniers sauvageons avec lesquels on fait les cercles de futailles. On vend les cercles par rota, ou charge, par 25 charges, c'est ce qu'on appelle alors un cartayron ; il y a des cercles de 5 pans, de 5 pans et 1/2, des botarels qui ont 4 pans, 5 pans, 5 pans et 1/2. 120 charges sont vendues en 1392, 75 livres; en 1395 un tonneau de 2! vas se vend 6 livres. En 143! Etienne Capdur échange 6 salmées de froment contre 25 salmées de cercles. La même année on vend, pour 8 moutons d'or, 31 charges de cercles, et pour 5 moutons 20 charges. Un fustier pour faire 12 demimuids ne prend en 1441 que 90 sous; on lui fournit, bien entendu, le bois, dogatum sive fustes.

Chaque année la ville élit, après avoir nommé visitatores carnium et piscium, les visiteurs des cercles, rotarum circulorum ; ils s'assurent si les cercles qu'on apporte à Alais sont de la coupe de mars ; toute marchandise qui n'est pas de bonne coupe est brûlée par leurs soins, conformément au règlement ayant force de statut perpétuel, voté à Alais le 3 juillet 1365 et homologué par la cour seigneuriale. Les visiteurs dressaient beaucoup de procèsverbaux en septembre, car des propriétaires malavisés coupaient leurs jourguières en août ; on avait pourtant constaté que si l'on coupait les taillis de châtaigniers deux ans de suite en août, les racines, les souques dépérissaient. En récompense de leur surveillance, les visiteurs avaient droit à un sou par charge.

Les maisons de cette époque ont presque toutes des puits ; il faut donc des cordes, des seaux.

En 1412, la livre de grosse corde coûte 2 sous 5 d. obole la livre ; en 1429, 2 gros la livre.

On prise beaucoup les cordes de cabestres et les estaques en chanvre du Pont-Saint-Esprit.

Les broquiers fabriquent les seaux, les cuves :

Cuve (selha noua) en osier, 8 blancs; pour mettre un cercle, 1 gros ; cuve en sapin, 2 gros ; ferrât en mélèze, 4 gros ; ferrât en osier, 3 gros ; cercle de barrai de Septimanie, 1 gros; cercle de barrai sestayral,b blancs ; cercle de barrai, de carton ou de demi-carton, 3 patacs, de deux ou trois cartons, 1/2 gros.

En 1401, on vend pour 32 sous, 24 banastons et 12 paniers en osier (amarine).

A côte de l'habitation du maître se trouvent l'écurie, les harnais, la charrette; nous donnons en note les prix de 1420 (1).

On lit dans une ordonnance royale du 8 juin 1456 : « La marchandise est mère et nourrice du pays de Languedoc. » Les Alaisiens partagent cette opinion; la production des céréales est chez eux souvent inférieure à la consommation.

En février 1433, on retarde Yimpôt voté sur le pain, parce que la disette existe. « De pane supersedeatur donec fuerit lapsa caristia». Le 3 mai la situation n'a pas changé, et la ville envoie acheter 50 salmées de touzelle du dehors. Cum propter caristiam quae viget, presens villa indigeat certa quantitate bladi pro providendo villam ad finem que melius possimus obviare et resistere gentibus armorum et roteriis qui, ut fatur, sunt venturi et descensuri ad presentem patriam, consules eligerunt

(1) Bât neuf d'âne, 14 gros ; bât neuf de mule, 24 gros ; pour rebattre un bât de mule, 2 gros et un bât d'âne, 4 blancs ; une livre de bourre, 6 patacs ; selle neuve basse, sans couture, en peau de mouton, garnie d'étriers, 3 1.; selle neuve, avec couture, en peau de mouton, garnie d'étriers, enermada ? dessus et dessous, 4 1.; selle pour mule, en peau de mouton, sans couture, avec les étriers, 4 l.î selle pour mule, en peau de mouton, avec couture, étriers compris, enermada dessus et dessous, 4 1. et 1/2.

Dels autres arneys, cropieyras, peytraulx, acestieyras% mors, estrieux et totas autras causas tocans aldit mestier, ils doivent gagner 2 sous par 20 sous.

Pour rembourrer une selle, 4 blancs.

Après les bâtiers et les selliers, voici les bourreliers :

Collier de gros bœuf, 2 florins ; moyen, 1 franc; souffra (surdos d'un cheval de trait ?) pour charrette, 12 gros ; pour arayre, 5 gros ; tirans de colier, 5 gros ; cabestre avec chaîne, 5 gros ; bridel, 6 gros ; coussin de colier (coyssinaduras), 8 gros ; demi-coussin, 4 gros ; Fourels de vaqua, 10 gros ; croupière de vaqua,

10 gros

ad taxandum omnes habitantes, juxta eorum facilitâtes, proemendo etproridendo in blado ab extra, tam pro suis provisionibus quant pro providendo in gênerait dictam villani.

Mais elle produit plus de vin que ce qu'elle en consomme.

Les boutiquiers d'Alais sont très bien placés pour servir d'intermédiaire entre le pays plat et la montagne. Alais est avant tout une ville industrielle et commerçante ; ses marchands sont pour le libre-échange ; aux Etats de Languedoc de 1467, ses députés appuient le vœu réclamant pour les étrangers le droit de marchander librement, sans payer d'autres droits que leurs concurrents français ; ils votent les 27000 livres demandées pour le nettoyage du port d'Aiguesmortes ; on ne comprend pas que la Royauté recule devant une pareille dépense. Le 10 novembre 1444, Jean Bar, infirmier du prieuré de Saint- Germain faisait courir une liste de souscription pour les travaux de ce port, et s'inscrivait en tête pour 10 liv. t.; Antoine Béraud, dit Bonaurc. marchand en donnait autant.

La commodité des transports sert leurs intérêts ; les marchands qui siègent en nombre à l'hôtel de ville veulent que les routes et les ponts soient en bon état.

En septembre 1403, ils se rendent à Boucoiran pour s'entendre avec la municipalité Nimoise au sujet des réparations à faire au pont de Boucoiran sur le Gardon. (1)

En novembre 1401, les consuls autorisent une quête à l'elYet d'acheter les bois pour réparer le pont de Lézan.

Nous avons vu, en 1433, leurs démarches pour avoirdes

(1) Ménard, Histoire de Niutes, tome III, preuvos p. 176. — Cum per metuendum dorninuni Petrum do Pei/rolit), qeneralem reformatorem in linyna Occilana, (Unninis rousulibus Kemausi preceptum extitisset, et etiant rousulibus ville Alesti quo ad locum de Bncoyrano, consulm A. et A*, arrêtèrent et srcnm ducerent quilibct de villa sua mmjixtros et inas&iiietilapidinn. — . quomodo, et qualiter, et pro quauto pims distendus hui de liocoyrano, ubi ripe ri a Gardouis (luit, pi>wt reparari, et pn> quanta sum mu perçu nie. ...

foires. Leurs députés iront à Lyon, ils s'efforceront d'expliquer au Roi expensas factas per villam in resistendo Rodigoni capitaneo et suis complicibus et obtineant aliquain recompensationem.... duas nundinas aut aliqua alia bona privilégia; et que accédant expensis suis propriis, et que totum proficium et lucrum, in cieta (assiette) Nemausi presenti ville pro dicto viagio taxandum,sit totum ipsorum, et que universitas Alesti in ullo eis teneatur, nec de pecuniis necde infortuniis. (I)

Le bout de l'oreille perce ; ils sont pour le libre-échange ou pour le privilège, suivant Toccurcnce.

Le 4 janvier 1461 (1462) ce même Antoine Béraud dit Bonaure et son neveu Antoine Bonaure, fils de feu Pieire Bonaure, signifient aux consuls d'Alais des lettres émanant du maître général des monnaies en vertu desquelles ils ne doivent plus payer d'impôt pour les mines de fer qu'ils ont à Saint-Paul-Lacostc.

Si la ville a besoin de se créer des ressources pour réparer ses ponts, elle vote une barre, mais qui n'atteint que l'étranger. (2)

(1) Délibération du 28 octobre, f° 67.

(2) 4 janvier 1431 n. s. — Segon se las ordenansas et las condetios que se deven observar per aquels que compraran la barra ho los emolumens d'aquela.

Premieyrament que tota persona que non sié habitant de la vila d'Ales que passara per la vila et per lo terrador d'Ales et menara bestias grossas cargadas ho non cargadas sié tengut de pagar 1 denier per bestia.

Que per tôt porc ho trueja sié nom tengut de pagar mialha per bestia.

Que tota persona que ménara motos, ho fedas, ho bocs, ho cabras pagué pogesie per bestia.

Que cavalcados qualsque sien non devon pagar.

...Home habitan de la vila d'Ales non sie tengut de paga barra per qualque manieyra que sie.

...Tota persona estranha que porto ho mené dcnayradas lo dilus en la vila d'Ales per vendre, foras cotautz, sien quitis de barra.

...Que tota persona que mène fedas ho motos en montanha per estivar sié quite anan et tornan.

.. Que tota persona que portara lcnha an bestias en la vila d'Ales

La province de Languedoc, dans son cahier de doléances de 1428, a demandé l'unification des mesures. La royauté croit devoir ajourner cette réforme. Les Alaisiens, plus audacieux, n'hésitent pas à résoudre la question en ce qui les concerne (1). Il n'y aura plus qu'un setier qui servira à mesurer indistinctement le blé, les châtaignes, le sel (2).

non paga barra.

...Tota persona que aduira bestias per arar al terrador d'Ales non pague barra.

...Tota persona que aduira bestias per réduire ho portan blats ho autras causas en la vila d'Ales sien quites de barra enqualque temps que sie.

Que lo Comandayre de Gas Frances ne sos familias portan denayradas ho non portan ad ops del dich hospital, gentilshommes et personas autras piïvilcgiadas non sien tenguts de pagar barra.

(1) Nous avons déjà exposé le système des Alaisiens, bien supérieur dès le XIII" siècle à celui de leurs voisins.

La salmée est de quatre setiers, comme dans beaucoup de villes de la rive droite du Rhône : Bcaucaire, Vil leneuve-lès- Avignon, Roquemaure, le Pont- Saint-Esprit. Or la salmée de Nimes est de six setiers ; celle d'Uzès, de cinq setiers ; celle d'Arles, de trois setiers ; mais la salmée composée de quatre setiers est la salméetype.

Le setier lui-môme est à Alais synonyme de quintal, ce qui donne au système Alaisien un avantage marqué.

Le setier d'Alais = 51 litres ; celui de Sommières, Aubais, Aiguesvives, Aimargues, Aiguesmortes, 49 1. 80 c.

Le setier de Nimes vaut 33 1. 33 c; celui d'Uzès, 40 1. 92 c; Beaucaire, 44 1. 54 c; Roquemaure, 45 1. 24 c; le Pont-Saint-Esprit, 48 1. 40 c.

Partout le setier comprend deux émines et quatre quartes ; une demi-quarte, c'est le double boisseau ; il y a en dessous le boisseau et le demi-boisseau. Le vestizon = -^- de la salmée; une émine = 12 vestizons.

(2) Séance du conseil municipal du 28 octobre 1433, f» 67 : Explicato que multi tum extranei que habitantes hujus ville

ronquerentur de meusuris hindi et salis hujus ville, pro eo quia vestiziones non sunt compvehense in eminalibus, et jam eiofntn us de Alesto etiam conquevendo locutus est de hoc cum dominis consulibus, fuit comlusu m, que attento que dominis Alesti placel que dicte vetti:iones immutantur et coniprehendantur in eminalibus, que ita pat et que eminale salis abinde cumule fur... Item fuit ordinatum et delerminatum que abinde omnes castanee

La réforme des mesures de poids fut plus difficile. En 1461, le conseil avait admis en principe qu'on se servirait de la môme livre pour toute espèce de marchandises se vendant au poids ; en mai 1467, après de nombreuses discussions, le conseil adopte comme étalon la livre de Montpellier; le 29 juillet 1467, quelqu'un demande à la municipalité ce qu'elle attend pour rendre exécutoires les délibérations ci-dessus ; on vote le renvoi de l'interpellation ; dormiat ad/iuc. On continua donc à avoir deux livres, le poids de table, et le poids de cire ; pondus cere et tabule. Renvoi fâcheux . car telle réforme facile à un moment donné devient plus tard irréalisable. La ville d'Alais, si enthousiaste en 1433 pour l'unification des mesures de capacité, fait dix ans plus tard de l'opposition au Visiteur de la gabelle chargé d'organiser partout la vente du sel avec la même mesure.

Les défectuosités du régime monétaire n'échappent pas à la vigilance des Alaisiens, Le roi n'eut pas eu besoin d'altérer la monnaie s'il eut tenu ses comptes comme la commune tient les siens (1). Aucune dépense ne peut être faite sans le vote préalable du conseil ; les quittances sont annexées au compte récapitulatif annuel dont on copie le contenu sur un grand livre. C'est dans ces documents

que vendentur in mercato mensurentur prout bladum, retento tamenet beneplacito dominorum Alesti.

(1) Compte de Raimond Nason, notaire, clavaire de 1426. Quitus suivi d'une injonction.

Compte des consuls de 1427; la commune reste débitrice de 9 1. 13 s. 6 d..

Compte des consuls de 1428 ; ils sont en avance de 74 1. 5 s. (le mouton d'or comptant pour 16 gros d'argent).

Compte de Grégoire Fossat pour 1429; il a levé deux tailles, une de 10 d., une autre de 4 d.; il lui est du 7 moutons 4 sous 7 d. t., outre 95 moutons dus depuis 1424.

Compte de Jean Maymae pour 1433 ; il est en avance de 13 livres.

De temps en temps les administrateurs oublient les prescriptions réglementaires; mais bientôt quelque conseiller signale la violation du règlement de comptabilité.

qu'on voit le cours des petites monnaies et la valeur des pièces d'or et d'argent (1).

(1) Cahier des charges de la taille du 11 mai 1462. Etienne Girard, marchand, a accepté, moyennant un traitement de 25 1., de lever cette taille qui est de 9 deniers par livre d'estime.

Que Stephanus... teneatur et debeat accipere quinque patlacos per una dwp/a, duos grossatos pro tribus duplis, quinque quartos pro duabus duplis, quinque liardos sive quinque arditos pro uno grosso.,.

Délibération du 14 février 1430 (1431) :

i?. Nason... bonum et légale compotum reddidit... ratione dicti ofpcii claverie... consules et consiliarii quitaverunt, liberaverunt.., sub hac conditione que dictus R. N. etiam quittet dictam universitatem de omnibus in quibus dicta université sibi teneri posset, et que etiam faciat stare quitam ipsam universitatem et singulares ejusdem pênes Johannem Nicholay,mercatorem Montispessulani.de summa centum librarum turonensium olim per dominos consules Alcstia dxcio mercatore causa mutui recepta et exinde per dictuyn Joh. Xicholay ut asserebat recuperala, aliter non intendunt R. Nazon quitare....

Délibération du 31 mai 1403 :

Explicaverunt dicti consules dictis consiliariis que cum in presenli dotno fuit ab antiquo observatum que levatores talliorum prosentis ville eorum coiupolis redditis ipsa compota regestrabanl in quodam libro presentis domus, et cum nonnulli habitatores dicte ville levaverunt certa tallia, et eorum compota in dicto libro non regrstraverunt prout erat péri assuctum, statuerunt et ordinai:erunl que consules inquiraut diligenter et annuatim illos qui levaverunt dicta tallia et clavariam fecerunt, et sua compota non regestr.tverunt, ut fuciant eos cogi et compellendi ad regestrandum in dicto libro dicta eorum compota et tradant consul ibus eorum appodixas sive quittansas de solutis per eos de dictis talliis... qui liber compotonnn et libri exlimarum et dicte appodixe sive quittance ponantur in tma ex capsiis presentis domus que habeat duas pe&salutaras, et que unus ex dictis consulibus teneat unam clar-em, et aller consuliun teneat aliam clavemy et que drinceps ila observelur....

La ville n'a pu obtenir de nouvelles franchises politiques sérieuses ; elle a su conserver celles que lui avaient reconnues saint Louis, c'est beaucoup, car la Royauté ne cesse de restreindre l'indépendance des communes. Les Nimois, ayant demandé en 1413 la permission d'avoir un beffroi, subirent un refus : a Cloche en une ville est trop grand privilège et dès qu'il y a cloche, la, ville est dite ville de loi. » Le dévouement pour la Royauté s'est développé pendant la guerre de Cent Ans ; chacun a compris qu'à côté de l'amour du pays natal, il y a dans le cœur une place réservée à la grande patrie, la France dont le Roi est le représentant ; au cours de cette lutte contre les Anglais, le sentiment national et le sentiment monarchique sont devenus solidaires (1). Tout a favorisé les progrès de l'autorité royale.

Les anciennes familles féodales, celles dont les ancêtres avaient été aux croisades se sont éteintes ; la vieille noblesse est ruinée ; il y a dans les rangs de la bourgeoisie la pépinière d'une future noblesse; mais celle ci n'aura jamais le prestige des chevaliers de jadis (2).

La décadence de l'ordre ecclésiastique est encore plus visible ; une réforme s'impose.

(1) Délibération du conseil municipal du 14 mai 1432 : Dominus noster Rex per suas litteras munducit dicte universi-

tati ut die vicesima presentis mensis madii, ad consilium pro parte regia, civitate Viennensi teneri ordinatum, unacum aliis personis trium statuum patrie lingue Occitanie et aliarum partium regni congregandis in dicta civitate, certus homines ejusdem universitatis, cum potestate sufficiente, mitteret pru acisandOy deliberandoy consulendo, concludendo et ordinando quaeque utilia, necessaria et opportuna convenientia ad bonum Reipublice, pacificationem, tranquillitatem et concordiam regni et ejuê deffensionem, salvationem, deffensionem et conserva tione m et manutenentiam ejusdem sub dominatione, protcctione et regimine dicti domini nostri Regist et ad juvandum, succurendum et subveniendum d° d° n* Rl adversus et contra suos antiquos ini- //licos, sut regni invasores.

(2) Bernard de Serinhac, coseigneur de Malmoyrac, 1365 ; Pierre de Montrond, époux Garcende de Soucanton, 1365 ; Jean de Bagars, de Bagars, 1365.

La fortune privée a diminué; moins pourtant à Alais que dans les régions où Ton s'est battu. Les métiers continuent à être francs ; pour les exercer il suffît de faire preuve de capacité et d avoir quelques avances. Le morcellement de la propriété immobilière est resté stationnaire.

La population a décru ; la fécondité humaine auraitelle diminué (1) ? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on ne voit plus comme autrefois des familles de 7, 8 enfants ; mais la marche ascendante de la population va revenir. Ainsi en 1484, Guillaume de la Clause, aubergiste aura 5 enfants ; Bernard Janvier, 7 enfants ; Pierre Massayre, 7 enfants, tous déjà grands.

Nous avons vu à l'œuvre la magistrature municipale ; elle a exercé la police (2), surveillé le commerce, encouragé les arts (3), secouru les malheureux avec une intelligence et un esprit d'économie dignes d'éloges. Il n'y avait plus d'école de droit, mais elle a mis à la disposition de ses enfants studieux des bourses pour aller aux universités voisines. Pour attirer les médecins, elle leur donne des subventions ; à défaut de traitement, elle leur promet l'exemption de la taille. S'il y a un bon maître d'école elle

(\) En 1441, un médecin n'a que deux enfants; un chirurgien qu'une tille; Pons Robert, notaire, un fils et deux filles; Vivarais François, savetier, deux fils et une fille. Le boulanger de la rue Vilatelle n'a pas d'enfant.

(2) Ainsi Alais se méfiait d'une trop grande aflluence d'étrangers.

23 novembre 1433. — Explicato que Vital Ylarii, borcerius, novus habitator Alesti requisivit se gaudere libertatibus hujus ville, videlicet que sit quitus à rontributione talliorum per très annos. Consules et consiliarii voluerunt dictum Ylarii fore quitum à contributione talliorum dicte ville per unum annum dumtaxat.

(3) 1431.— — il 1 i qui contribuerunt in opère horologii novissime facto sint quiti ab eo quod exsolverunt et que defalcatur eisdem a dicto tallio indicto totum illud quod reperietur per eos fuisse 80lutum.

27 novembre 1431. — Que aperianuir peyrerie communitatis dicte ville... Turris incepta in ponte predicatorum jam sit semi-constructa et jam deiieiant lapides et alia necessaria. (La tour était à l'entrée du pont).

va au devant de ses désirs (1). On voit qu'on n'a pas oublié l'importance de la science. Jadis un Alaisien a été

(1) 31 mai 1463.

Super quadam requesta reddita pro parte religiosi viri fratris Jacobi Pugeti in sacra pagina licentiati, ordinis fratrum predicatorum conventus Alesti, in eflfectu continente que cum ipse fuit factus licentiatus in sacra theologia, vellitque et aflectet, Deo disponente, magistrari in eadem, quod sine magnis sumptibus non possit, non habeat potentes amicos qui eidem subveni possint neque aliquos redditus pro tanto, humiliter supplicat consulibus et consiliariis quathenus intuitu pietatis et ob reverentiam passionis Christi... vellint ipsum habere recomissum et eomm manus sibi porrigere adjutrices ad finem ut ad dictum magistratus officium pervenire possit.

Concluserunt et appunctaverunt que attento, que ipse Jacobus est oriundus presentis ville et disposuit, quamdiu viveret, in presenti villa residere, presentique ville in sennonibus et aliis licitis deservire. que eidem subveniatur et succuratur ad fines predictos de decem libris turon. .

Super alia requesta reddita pro parte Reverendi magistri Johannis Visser ? in medecina magistri, habitantis Alesti, effectualiter continente que cum in présent! villa Alesti fuit ab antiquo observatum magistros in medicina pensionare pro utilitate reipublice, et cum ipse non debeat esse deterioris conditionis que ceteri magistri in medicina qui pro tempore preterito fuerint, sit que ita dispositus et habilis ad deserviendam presentem villam uti ceteri antecessores sui magistri. pro tanto supplicat et requirit dictis consulibus et consiliariis quathenus vellint ipsum pensionare ut eidem detur occasio in predicta villa residendi et unicuique suo oflicio serviendi, offerens tam minori que majori servire, preti«» et salario rationabili et competenti, et juxta possibilitatem cujuslibet ; et illis qui non habebunt unde sibi solvere offert se illispro nihilo et sine custu servire ; quod si secus liât, dabitur sibi occasio alibi residendi ubi per plures est requisitus.

Concluserunt et appunctaverunt sequtis opinionibus ipsorum consiliariorum, que loco pensionis acquittetur sua tallia de suis bonis propriis et sue uxoris, quamdiu faciet residentiam in presenti villa.

25 septembre 1432. — Consules et consiliarii, certis causis animos suos moventibus, quittaverunt magistrum Guill. Chabanonis, recto.-cm scolarum grammatice ville Alesti licet absentem, de omnibus arrayragiis talliorum quorumeumque in quibus teneri poterat pro dicto suo hospicio in quo tenet scolas et viridariis eidem hospicio contiguis usque ad presentem diem.

médecin du Pape ; un autre, Etienne Trouche, dit Martinenche, vice-recteur de l'Université de Montpellier ; un autre, Gille de Lascours, évoque de Nimes.

Saluons respectueusement les raïôous de la guerre de Cent Ans (1).

(1) Sobriquet donné dit-on aux Cévenols sous les premiers Valois à cause du zèle qu'ils déployèrent pour les intérêts du Roi de France pendant la guerre de Cent Ans.

Page 1