‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 108 sur 294 · UENTUKK TRIOMPHALE DE HENRI IV · texte numérisé non relu

UENTUKK TRIOMPHALE DE HENRI IV

l’autre du royaume, c’est une indicible cx[)losion d’allégresse. (( Amiens, ville grande, bien rcrn[)arée, située en très beau pays, arrachée des mains de l’ennemi, remise par Dieu entre les mains de Sa Majesté, miraculeusement rendue à la France, c’est la Fleur de lys triomphant de la Croix rouge, c’est le commencement de nos joies, la fin de nos misères, le terme fatal des guerres. »

On porte aux nues le héros, « bon roi et grand guerrier tout ensemble. Majesté maintenant paisible et triomphante assise au trône de saint Louis; nouvel Alexandre cpii pour bouclier et défense a reçu de la main de Dieu l’épée du même ange qui tailla en pièces les ennemis d’Ezéchias ; premier prince chrétien, fils aîné de l’Eglise catholique, ipii peut mieux espérer tout un fleuve des grâces du ciel que le loup affamé espagnol une seule goutte ! ’ »

Espagnols sont sortys de ma ville d’Amiens, au matin, suivant la capitulation que je leur avois accordée J’ay bien voulu vous donner advis

de la sortie desdits Espagnols, affin que vous en faciès rendre grâces à

Dieu et en ferés part aussi à tous mes bons subjects et serviteurs

Escriptau camp de la Magdelaine devant Amiens, le xxv® septembre 1597.»

A la ville d’Abbeville : « Sy sur l’advis de la capitulation l’on n’a rendu grâce de ceste réduction, nostre volonté est qu’il y soit satisfaict avec toute la révérence et réjouissance qu’il sera possible. A quoy, de vostre part, vous tiendrez la main qu’il n’y ayt faulte, car tel est nostre plaisir. . . . . » SociiiTÉ d’Émulation d’Abbeville. BiilL, T. I préc., p. 79.

1. Feux de joie des François sur la mémorable reprise d'Amiens par le Roi.

Diseours sur la réduction de la ville d'Amiens, précité ;

« La prise de la ville fut étrange, la réduction en est admirable. La désolation y fut grande, la restitution y a apporté de la consolation et du contentement. La prise ébranla le pays, la réduction l’assure. Vrai est que la perte qu’y ont faite les habitants a été grande, les pilleries et saccagements excessifs, qui se sont même étendus voire jusqu’aux choses sacrées ;

les outrages et les cruautés indicibles Les misères y ont été extrêmes

et les rançons violentes et démesurées, même envers ceux lesquels on avait déjà dépouillés de tous moyens, pour lesquels extorquer, l'Espagnol n’a oublié aucune espèce de contrainte et de cruauté. De sorte que la plupart des habitants ont été rendus misérables et tel qui souloit (avait

230 HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

La muse mêle ses accents au lyrisme des prosateurs.

Si jamais quelque prince habitant ici bas,

Mérita que son peuple adorast sa vaillance,

C’est ce Roy si fameux et si craint aux combas.

Que les deux ont donné pour monarque à la France.

Nul ne peut sans merveille entendre avec quel beur De ses subjects captifs la chaisne il a couppée,

Et par combien d’effects de prudente valeur Ses mains ont obligé son sceptre à son espée.

Voyez de quel courage et combien vaillamment Il a repris par force et remis en franchise Geste illustre cité, de Somme rornement.

Que le fier Espagnol nous ravit par surprise.

coutume) être bien à son aise, souffre beaucoup à présent, tel qui était bien riche est réduit à la pauvreté, et tel qui souloit donner, mendie. » « Ce n’est point le bon Dœmon de la France, ny la foule de tous ces dieux tutélaires recongneuz de la superstitieuse antiquité, qui ont sauvé l’Estat, c’est le bras du Tout-puissant protecteur des justes monarchies. Le coup qu’il vient de frapper en la réduction d’Amijens fait voir clairement à tous le seing très particulier qu’il en a. Ceux qui discouroient de ce siège publioient tout haut que là se manioit le destin de -la France, que du succès dépendoit son salut ou sa perte, qu’il y alloit ou de nostre servitude ou de nostre franchise. Dieu enfin s’est laissé toucher aux vœux des vrais François, les a remis en leur héritage, et n’a voulu permettre que la Croix rouge triomphât des Fleurs de lys. Ingrats serionsnous, si nous n’avions un éternel souvenir de ce grand bénéfice, non pour luy immoler par chacun jour des hécatombes, faire fumer ses autels de nos sacrifices, y brusler la myrrhe et l’encens, — ce n’est pas ce qu’il demande de nous, — mais en luy offrant sans cesse un cœur contrit et humilié, une âme vraiment pénitente et touchée de l’horreur de sa faute. C’est par là qu’il veut estre fléchi, et quand nous le ferons, il est le Dieu des armées, ne doutons point qu’il ne combatte au front des nostres, qu’il ne mette le soleil, le vent et la poussière aux yeux de nos ennemis; bref qu’il ne nous assiste, comme aux enfans d’Israël, qui estans en sa grâce ne pouvoient estre vaincus, mais aussitost qu’ils la perdoient par leurs peschés, aussi tost estoient-ils la proye de tous leurs voisins. Retournons donc à nostre Dieu et grands et moyens et petits; faisons nostre paix avec luy, afin qu’il nous la donne entre les hommes; recongnoissons que pour l’avoir abandonné tous les fléaux de son ire ont esté desploïés sur nous »

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