Arch. mun. Reg. AA 14, p. 149, v
3. François de Sansac, lieutenant général en Picardie pendant la captivité de Goligny, entre la prise de Saint-Quentin et le traité de Cateau- Cambrésis.
chanté à l’église Notre-Dame, Nicolas de Lessau publia la paix devant l’hôtel des Gloquiers, sur la plaçe du grand marché et au carrefour de la Belle-Croix (place Gambetta) b La journée du 6 avril fut consacrée aux réjouissances publiques^. Tous les travaux étaient suspendus par ordre. Cependant et, pour « faire cesser Tire de Dieu » qui se manifestait alors par une recrudescence de la peste, on interdit, sous peine de prison et de vingt livres (200 francs) d’amende, les danses, le mahonnage ^ et l’entrée des tavernes. Il y eut procession solennelle d’actions de grâces, feux de joie, salves d’artillerie sur les remparts, pour célébrer un traité qui n’était cependant pas avantageux, une paix blâmable, au dire de Tavannes, et dont les flambeaux de joie furent les torches funèbres de Henri II !
1. Arch. mun. Reg. aux Chartes AA. 14, p. 158. Lettres datées d’Abbeville, du 2 avril 1559.
2. Ibidem. Reg. aux Chartes AA 14, p. 159. « Affin de faire cesser de plus en plus lire de Dieu envers nous, et obvier aux yvrogneries, excès, folies, lascivetéz et maladies qui poulroient advenir en ce temps suspecte de la peste, qui apparoit à croistre de plus en plus en ceste ville, nous faisons deffense à toutes personnes de quelque estât, qualité et condition qu’ils soient de aller boire et menger aux tavernes, cabaretz.. .. sur peine
de vingt livres parisis (200 francs) d’amende et de punition de prison
On pourra a se récréer honnestement » autour des feux de joie « sans néantmoins y faire danses, ne y chanter chansons lubriques et deshonnestes » et les feux de joie devront être éteints cà neuf heures du soir et à cette heure les habitants se retireront en leurs demeures sous peine « de punition de prison et de dix livres parisis (100 francs) d’amende. »
3. Le MAHONNAGE, jcu très en honneur au temps de François L’’ et de Henri II, était un combat à coups de poings que se livraient les habitants des dilîérentes paroisses. Les adversaires devaient franchir la ligne qui séparait les deux camps. Les enfants commençaient l’attaque; les hommes venaient à la rescousse et l’acharnement qui régnait dans ces luttes dégénérait souvent en rixes sanglantes. La bataille finissait lorsque l’un des partis avait été forcé de reculer et de s’avouer vaincu. Le mahonnage se donnait sur le rempart, ordinairement le dimanche à l’issue des vêpres.