Arch. mun. Délit. BB 59, p. 13 v°. 15 juin
LE DUC DE LONGUEVILLE, LE MARÉCHAL d’ ANCRE.
Les promesses ne coûtaient pas à la Heine ; la volonté de bien faire ne lui manquait pas davantage, mais elle se laissa presque aussitôt subjuguer par des influences fatales. L’italien Concino Concini, qui s’était faufilé à la cour de Henri IV, où il occupait les fonctions de premier écuyer de la reine, et sa femme, Léonora Galigaï, se concertaient pour diriger la politi([ue, les affections et juscpi’aux pensées de la princesse. Personnage intrigant et jaloux d’élever sa fortune aux plus hautes dignités que pouvait rêver un gentilhomme, Concini avait pris pied en Picardie par l’acquisition du marquisat d’Ancre et s’était fait attribuer le gouvernement des villes de Péronne, Montdidier et Hoye, vacant par la démission de Charles de Créquy. Cette première faveur, de nature à porter ombrage à l’autorité du comte de Saint-Pol, fut bientôt suivie d’une autre plus importante et plus enviée. Le sire de Traisnel, bailli et gouverneur des ville et citadelle d’Amiens, étant mort au mois de juin 1611, Concini obtint de lui succéder L C’était un coup droit dirigé par la Reine contre l’influence de Saint-Pol; c’était créer une rivalité qui pouvait à tout instant dégénérer en un antagonisme aigu, si jamais il prenait fantaisie à Concini d’interdire au gouverneur de la province l’entrée de la capitale de son gouvernement. Saint-Pol et l’échevinage d’Amiens, redoutant cette éventualité, insistèrent auprès de la Reine et des hommes influents de la Cour, afin d’obtenir la démolition de la citadelle « pour crainte qu’elle ne soit cause de la ruine du pays -.