L'ASSOMPTION
Î.ES F.KTTUES ET LES AKTS AU XVIl" SI^:CLE. oO‘>
Saint-Pül a le don d’exciter la verve de La Morlière. Déjà il entrevoit l’illustre rejeton
(lu comte (1(; Dunois
Docte (l’enrance endossant le lianiois,
conquérant bonnement l’Asie et jetant bas
Les murs de Snse et ceux de BabUone,
parce (jue
ses membres plus forts
Voudront de Mars soutenir les ellorts,
si bien que
Sous son enseigne aux astres s’en ira Par maints beaux faits la Picarde province !
A côté de ces hyperboles ridicules, de ces déclamations emphatiques, on trouve certaine pièce, au ton plus simple et presque idyllique. Celle-ci, par exemple, au laurier :
Rameaux gentils qui seuls ne frémissez Lorsqu’en grondant Jupiter nous menasse,
Qui tousjours verds Tliyver ne pàllissez,
Ne quand du chaud la terre se crevasse.
Tous à l’envy Tun de l'autre croissez,
Croissez rameaux, tantost l’âge qui passe,
Sans y penser, de brins d or amassez Du jeune fils encrespera la face.
Le Parnasse français avait alors un maître (jui condamnait sans pitié les mauvais poètes. La Morlière fut manpié du sceau de son dédain, ce qui tendrait à prouver malgré tout que le premier historien d’Amiens eut son heure de notoriété dans le monde des lettres. Boileau a dit ^ :
On ne lit guère plus Rampale et Mesnardière Que Magnon, du Souhait, Corbin et La Morlière.