‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 139 sur 294 · Pagès. Mns, Édit, préc., T. I, p · texte numérisé non relu

Pagès. Mns, Édit, préc., T. I, p

LES LETTRES ET LES ARTS AU XVH" Sif-XLE. 317

de Saint-Sébastien (1034-1035) b situées en regard dans le transept de la cathédrale, ont été conirrie les prototypes du genre adopté par les ordres religieux. Celles-ci afïéctaient une richesse d’ornementation qui ne se retrouvait nulle part ailleurs.

La fin du xv® siècle et les débuts de la Renaissance avaient développé le goût des arts. La peinture, la sculpture sur bois, l’orfèvrerie, brillèrent alors d’un vif éclat. Il y eut des chefs-d’œuvre. Cinquante années de guerres civiles ])aralysèrent ce merveilleux élan, étouffèrent le génie, bannirent les artistes qui ne gagnaient plus leur vie; mais lorsque, sortant des convulsions où elle s’était débattue pendant le règne des derniers Valois, la société de notre ville retrouva son équilibre, elle reprit le cours de ses travaux artistiques. Fidèle à la tradition, la confrérie de Notre-Üame-du-Puy s’enrichissait chaque année d’un nouveau tableau donné par le maître en charge qui, le plus souvent, s’y faisait représenter avec les membres de sa famille groupés autour de personnages illustres : Mayenne figure sur le tableau de 1 594, • Henri IV sur celui de 1595, Henri IV, Marie de Médicis et Louis XIH au berceau dans celui de 1601.

Les portraitistes étaient alors très en faveur à Paris. L’école des Clouet se continuait par leurs élèves. Ils eurent ici des imitateurs, entre autres Mathieu Prieur-, reçu maître peintre le 23 février 1579. On lui attribue trois tableaux du Puy qui sont parvenus jusqu’à nous : le premier offert par Louis de Villers (1600), le second par Jean de Sachy (1601), le troisième par Firmin Pestel (1617) Prieur appartient encore à la vieille école. Exécutés avec toute la

E. Soyez. Deux chapelles de la cathédrale d’Amiens. 1890.

2. Mathieu Prieur, fils de maître peintre, probablement de Jean Prieur, admis à la maîtrise le 10 juillet 1545.

3. Pagès. Miis. Édit. préc. T. V, pp. 207, 210, 220. — A.ntiquaires de Picardie. Mémoires. T. XV, pp. 501 et suiv.

délicatesse des miniaturistes de la Renaissance, ses portraits ne manquent pas d’éclat, les figures ont du caractère et de l’expression, mais les paysages sont pâles. Après lui vient Raoul Maressal ^ reçu peintre après chef-d’œuvre le 14 juin 1583. Ses attaches de famille, la réputation de son gendre, Quentin Varin, celle de son fils Jean, peintre du Roi, auraient dû préserver son nom de l’oubli, et pourtant l’oubli est complet, parce que toutes ses œuvres ont disparu, celles notamment qui décoraient la chapelle de l’Hôtel-Dieu. Le capucin Ronaventure parent du célèbre Blasset dont l’éloge est perdu parmi les anagrammes de Claude de Mons, n’est pas mieux connu. Gochin a gravé un saint Germain d’après un dessin de lui.

Quentin Varin est le premier artiste de talent qui ait paru à Amiens. Né à Beauvais, il prit droit de cité dans notre ville par son mariage avec Antoinette Maressal (24 novembre 1607) ^ et y fut reçu bourgeois le 20 octobre 1609. 11 peignit des familles entières dans des tableaux qui étaient exposés à la cathédrale. Ne trouvant point à Amiens la rémunération proportionnée à l’idée qu’il concevait de son propre mérite, Quentin Varin alla à Paris et ne tarda pas à se faire remarquer et apprécier de l’intendant de la reine Marie de Médicis, lequel lui reconnut « tant d’imagination que l’on

1. Raoul Maressal, fils de Gabriel Maressal, maître peintre le 1®'' juillet 1555, naquit à Amiens entre le mois de juillet 1560 et le mois de juin 1562. Il épousa, le 26 mai 1583, Marguerite Corsin. Note de M. A. Dubois.

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