‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 138 sur 294 · Le Vieil Amiens, 2® série, n°® 36 et · texte numérisé non relu

Le Vieil Amiens, 2® série, n°® 36 et

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

On a beaucoup bâti sous Louis XIII et dans la première moitié du règne de Louis XIV. Il fallait agrandir ou restaurer les anciens couvents qui, la plupart, dataient de loin. On en créait de nouveaux. Ce fut alors une véritable émulation dans toutes les classes de la société en faveur des congrégations d’hommes et de femmes qui s’installaient dans les hauts quartiers. La municipalité elle-même s’y intéressait. Dès qu’il s’agissait d’élever un monastère l’argent ne manquait pas. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire le premier volume des manuscrits de Pagès.

Le portail de l’église de Saint-Martin-aux-Jumeaux \ reconstruit par les Célestins, avec ses colonnes d’ordre ionique, la porte monumentale du couvent des Jacobins *, avec ses hautes colonnes d’ordre dorique, le jubé de l’église paroissiale de Saint-Germain 3, avec ses colonnes corinthiennes, donnaient la notion de l’application, telle qu’on la comprenait alors, des ordres d’architecture grec et romain à la décoration extérieure ou intérieure des édifices religieux. Au-dessus des colonnes courait l’entablement avec architraves, frises, corniches et frontons demi-circulaires ou triangulaires qui renfermaient des sujets religieux sculptés.

Dans la plupart des églises paroissiales et des chapelles monastiques se voyait un maître-autel au haut rétable, accompagné de colonnes torses, lisses ou cannelées, de marbre ou de bois, supportant des statues, des anges adorateurs, des vases de fleurs ou d’encens et autres pompeux accessoires alors à la mode. La dorure n’était généralement point épargnée. Des statues de grandeur naturelle occupaient les entrecolonnements, et l’ensemble de cet agencement architectural encadrait la peinture placée au centre du rétable. Les chapelles de Notre-Dame-du-Puy (1627) et

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