Pagès. Mns. Édit. préc. T. V, p
4. Mathieu de la Vacquerie, reçu maître entailleur d’images le 16 octobre 1563. — Noël de Fransures, le 16 juin 1564. — Jehan de Fransures, le 15 avril 1578. — Jehan Forget, le 15 février 1583. — Pierre Lenoir, le 12 avril 1603.
5. La Vacquerie s’engage, par contrat du 23 mars 1586, à sculpter sur « un mont de calvaire », au cimetière Saint-Denis, « cinq figures grandes comme nature, la P® de N. -S. J. -G. en la forme qu'il estoit au jardin d’olives, priant Dieu son père à deux genoux et à demi les bras estendus.
Trois autres de Pierre, S‘ Jean, S‘ Jacques en grand sommeil,
s’efforçant toutefois de veiller et de prier Dieu Le cinquième sera ung
HISTOIRE DE LA VILLE d’aMIENS.
Nicolas Blasset, fils de Philippe Blasset ^ naquit le 8 mai 1600. La sculpture était de tradition dans sa famille. Son père et ses oncles travaillaient de préférence le bois, sculptaient des clôtures de chapelles, des rétables et des chaires-. Blasset débuta dans la carrière par la décoration des portiques et des « échafauds » dressés à l’occasion de l’entrée de la reine d’Angleterre dans Amiens (1625). La bonne ordonnance des premiers monuments exécutés par lui révélèrent son double talent d’architecte et de sculpteur. La décoration artistique des chapelles de la confrérie de Notre-Dame-du-Puy et de Saint-Sébastien, le fastueux mausolée élevé dans l’église des Cordeliers à la mémoire de Nicolas de Lannoy, seigneur de Damereaucourt (1632) 3, consacrèrent sa réputation Blasset enrichit le cimetière Saint-Denis de plusieurs tombeaux remarquables décrits dans Pagès. Mentionnons parmi ses œuvres encore existantes : à la cathédrale, les petits bas-reliefs qui surmontent les tables des maîtres de la confrérie du Puy, les tombeaux de Jean de Sachy, du chanoine Niquet, du chanoine de Bâillon, V Assomptio7i exécutée pour François du Fresne
ange, lequel tiendra en sa main ung calice et sera assis et posé sur ung des croisillons d’une croix. » Étude de M® Fournier, contrat par devant M® Limeu. Note de M. A. Dubois.
\ . A. Dubois. L’œuvre de Blasset ou plutôt Blassel, célèbre sculpteur amiénois, 1600-1659. L’orthographe du nom a varié. La forme Blassel usitée au xvi® siècle est devenue rare au xvii® et la forme Blasset a prévalu. Nicolas a signé des deux manières. L’épitaphe du frère Bonaventure, conservée au Musée de Picardie, porte Blassetius. L’orthographe Blasset est conforme à la tradition.
2. Revue de l’art ancien et inoderne. 1899. — F. Benoist. La sculptw^e à Amiens au xvii® et au xviii® siècles.
3. La Picardie historique et monumentale. T. I, p. 188. E. Soyez. L’église Saint-Remi. Héliogravure de Dujardin.
4. A. Bazot et A. Janvier. Nicolas Blasset, architecte amiénois, sculp^ teur du Roy, 16Q0’‘i6o9.
LKS LF/riUKS ET LES AUTS AU XVII® SIl'XLE. ‘>2‘î
(l’Omécourt ; au musée, Vr.cce Homo placé autrefois à la principale entrée du cimetière Saint-Denis; à Saint-Derny, la Vier(/e de Coudé La plus populaire est sans contredit V Ange 'pleureur (pii décore le mausolée du chanoine Lucas, et ({ui traduit les regrets de l’enfance abandonnée, arrosant de ses larmes la tombe du bienfaiteur, dont la mort lui cause une profonde atïliction.
On loue, dans les statues de Dlasset, la légèreté et l’élégance des draperies, mais on lui reproche de rnanrjuer parfois de sentiment religieux. Ses anges ressemblent à des amours profanes. Ses vierges sont dépourvues de candeur et d’expression céleste. A la coiffure voilée et modeste usitée par les imagiers du siècle précédent il substitue, avec beaucoup de talent d’ailleurs, la coiffure élégante des dames de la Cour d’Anne d’Autriche. Comparé aux célébrités du règne de Louis XIII, à Simon Guillain, aux deux Anguier, Blasset est un artiste de second ordre. Sa renommée n’a guère franchi les limites de la Picardie; elle n’est pas moins très méritée.
L’œuvre de François dressent, qui naquit à Amiens le 9 novembre I6G3 et mourut après 1735, appartient au xvii® siècle et au xviii®. Ce fut un des artistes les plus féconds de l’école amiénoise. La statue de sainte Anne et de la Vierge, celle de saint Charles Borromée, qui se trouvent actuellement dans la chapelle de l’hospice Saint-Charles, une sainte Gèneviève à la cathédrale, le fronton de l’ancien hôtel de la monnaie, les boiseries provenant du couvent des Célestins, que l’on a fait entrer dans la décoration des salles du palais
1. La Vierge de Condé, statue de Notre-Dame de la Victoire, place'e par ordre du prince du Gondé dans la chapelle de l’abbaye de Saint-Jean en souvenir de ce qu’un frère de ce monastère lui avait prédit la victoire de Rocroy, passa, à l’époque de la Révolution, entre les mains de Bruno Vasseur, entrepreneur de couvertures, qui la conserva avec soin et la vendit en 1832 à M. Déraillé, curé-doyen de Saint-Remy.
HISTOIRE DE DA VILLE d’AMIENS.
de justice, permettent d’apprécier le talent de Cressent. Les délicieuses têtes d’anges qui décorent le socle du tombeau de Charles de Vitry sont de petits chefs-d’œuvre. L'allure de ses statues est simple, dépourvue d’emphase et d’affectalion. « En garde à la fois contre la lourdeur et la gracilité, il sait éviter l’opulence des formes et l’ampleur exagérée des draperies. Sous des voiles plissés avec une habileté consommée, il ne craint pas de laisser sentir un nu très savant, mais ne perd jamais de vue la destination de ses œuvres ni l’emplacement qu’elles doivent occuper L » Ajoutons que le grand honneur de Cressent est d’avoir donné les premières leçons à son fils Charles -, l’artiste célèbre qui caractérise le mieux rameublement français à l’époque de la Régence.
1. R. Guerlin. François Cressent, sculpteur amiénois, noies sur sa vie et ses ouvrages, p. 276 du volume des Discours, procès-verbaux et rapports de la seiz-ième session des Sociétés des Beaux-Arts des Départements. Paris, 1892.
2. Charles Cressent, fils de François Cressent et de Marie Annebique, né à Amiens le 16 décembre 168b, rue Saint-Firmin. — A. de Champeaux. Le meuble. T. II, p. 123.