‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 146 sur 294 · Lettre biudesque à Maxarm. 1649. Plaq. in-8° de 8 pages · texte numérisé non relu

Lettre biudesque à Maxarm. 1649. Plaq. in-8° de 8 pages

4. Harangue faite à la reine à Amkms, par E. P., à Paris, cfiex Jean Du Crocq, au Mont-Saint-Hilaire, près le puits Certain. 1649. Plaq. in-8" de 6 pages.

328 HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

Peu de jours après, précédée et suivie d’une force armée qui ressemblait autant à une garde royale qu’à une escorte d’honneur, Anne d’Autriche fait sa rentrée solennelle dans la capitale du royaume (18 août 1649).

Au séjour à Amiens de Louis XIV enfant se rattachent quelques anecdotes peu connues, relatées dans les mémoires de son premier valet de chambre L

— (( Sire, lui dit le marquis de Montglas, maître de la garde-robe, la veille de l’arrivée dans cette ville, il vous faut un pourpoint où il y ait de l’or, celui que vous portez est trop simple.

— (( Pourquoi, répond le Roi, je suis aussi hardi dans celui-ci que dans le plus beau que j’ai. »

Le jour de la Fête-Dieu, Louis XIV se fit apporter des fleurs et prépara un bouquet. Quand la procession fut venue et que le Saint-Sacrement se fut arrêté au reposoir préparé dans la cour du logis du Roi, il dit au curé, « qui était un bonhomme tout blanc comme un saint Siméon, » en lui mettant en main une couronne de belles fleurs que lui-même avait formée :

(( Tenez, Monsieur le Curé, ôtez le bouquet qui est sur le Saint-Sacrement et me le donnez et y portez celui-là. »

Le soir venu, le gentilhomme de sa chambre l’attacha au chevet du lit, justement au-dessus de la tête du jeune Roi en disant :

(( Sire, cette couronne portera bonheur à celle de Votre Majesté. »

En ces temps troublés, les querelles qui désolent la Cour et la province ne se rattachent pas toujours directement à la Fronde. Les élections municipales de l’année 1650 soulèvent ici de graves incidents. L’édit de 1597 limitait

1. Fragments de mémoires inédits de Dubois, gentilhomme servant du roy, valet de chambre de Louis XIII et de Louis XIV, publiés par Léon Aubineau. Bibliothèque de V École des Chartes, 2® serie, T. IV, 1847.

LK Rf:GNE DK LOUIS XIV.

expressément à deux oiïiciers royaux le nombre des gens de robe longue admis à figurer dans l’échevinage. M® Charles de Lestocq, procureur du Uoi au bailliage et siège {irésidial, M® Guy Fournier, conseiller en l’élection. M® Antoine Gueudon, grclïier au bailliage, s’y trouvent réunis par suite de manœuvres illégales qui donnent lieu à de vives protestations.

On en appelle au Parlement. Une scission complète se produit parmi les membres de l’échevinage. Lestocr{, Gueudon, François de Court, s’érigent en assemblée dissidente, tandis que Jean du Crocquet, Antoine Mouret, Guy Fournier et Nicolas de Brecq s’installent à l’hôtel de ville. Au même folio du registre aux délibérations se lisent deux procèsverbaux : l’un est signé Lestocq et Gueudon, l’autre du Crocquet et Mouret. Celui-ci annule celui-là L Les rivaux multiplient les démarches, pour ou contre la validité des élections, auprès des personnages influents à Paris Si grand est l’acharnement des partis, que Jean Ilémart, ami de du Crocquet, venu pour solliciter le duc d’Elbeuf, se voit brutalement appréhender en sortant de son hôtel et qu’il expie, dans les prisons de Saint-Merry, l’audace d’avoir cherché à intéresser le gouverneur au maintien de la constitution municipale.

Le 9 janvier J 651, intervient l’arrêt du Parlement qui ordonne de recourir, dans le plus bref délai, à de nouvelles élections. Le lieutenant général du bailliage, deux fois mis en demeure d’y procéder, les aurait indéfiniment retardées, si un commissaire spécial n’était venu les présider d’ofiice, le 28 avril. Du Crocquet et ses amis réussissent à exclure Gueudon. La campagne menée afin de soustraire la municipalité à l’influence envahissante des gens de robe longue

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