‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 148 sur 294 · Arch. de la Somme. Reg. du Bailliage, XXV, pp · texte numérisé non relu

Arch. de la Somme. Reg. du Bailliage, XXV, pp

4. François Faure, né le 8 novembre 1612, à Sainte-Quitière, au diocèse d’Angoulêrne, fils de Jean Faure, ancien gouverneur de Mirebeau, et de Gabrielle Martin, sacré évêque de Glandève le 3 septembre 1651, ne prit pas possession de ce siège. Promu à l’évêché d’Amiens le 7 mars 1653, François Faure obtint ses bulles l’année suivante et arriva à Amiens le 28 juin 1654.

5. Guy Patin ne trouva pas cette oraison funèbre de son goût. Il écrit [Lettres, Paris, 1685, p. 385) : « L’évêque d’Amiens fit fort mal à Saint- Denys et déplut à tout le monde et néanmoins il a fait imprimer son discours, aussi dit-on qu’il l’a fort changé et il déplaît encore. Voici ce qu’en dit un de nos poètes ;

Le cordelier mîtré qui promettait merveilles,

Des hauts faits de la Reyne orateur ennuyeux.

Ne s’est point contenté de lasser nos oreilles Il veut aussi lasser nos yeux.

6. G. Moreau, bibliographe des Mazarinades (T. I, p. 375), attribue trois pamphlets remarquables à François Faure ;

U esprit de la paix. 1652. Plaq. de 4 pages.

Les sentiments divers sur Varrêt du Parlement du 20 juillet et le

LE RÈGNE UE LOUIS XIV

d’iicriinonie dans un procès qu’il soutenait contre la ville. La situation était telle que l’échevinage refusa, au retour de l’une de ses alisences, de lui rendre les honneurs trarlitionnels et se crut autorisé à su[)prirner les [irésents qu'il était d’usage d’offrir à l’évéque, les cires de sa chapelle, sa provision de sel.

Le conseil d’Etat, saisi de l’affaire, donne tort à la ville. De Bar se fait apporter les registres municipaux, rature de sa main la délibération hostile à François Faure et trace en marge les lignes suivantes^ qui enlèvent les dernières illusions :

« Cejourd’huy, onziesme octobre mil six cents cinquantesept, j’ay l'ayé et bifé de ma main l’acte que messieurs les premier et eschevins avoit faite à mon inceu, et de messieurs les conseillers de ville, contre monsieur l’évesque, ettant juste et résonable qu’on luy rende les mesmes respectz et honneurs qu’on resceu tous les autres évesques.

(( Bar. »

Après cela « messieurs les premier et échevins » n’osent rien décider sans la permission du maître. Pour les choses les plus futiles — un changement dans la livrée des officiers de ville — on délibère a sous le bon plaisir de Monseigneur le gouverneur. » La chambre du conseil se voit réduite au rôle passif de chambre d’enregistrement des décisions souveraines, surtout après l’avènement au pouvoir de Colbert (1661). Hanté par les souvenirs de la Fronde et les abus du règne de Louis XIII, Colbert centralise à outrance.

Les registres municipaux n’ont plus d’intérêt. Aux procès-

discours séditieux qu'on prétend faussement avoir été faict par M. Bignon, le 26, sur la lieutenance du royaume. 1652. Plaq. de 15 pages.

La vérité toute nue ou avis sincère et désintéressé sur la véritable cause des maux de V Estât et les moyens d'y apporter remède. Paris. 1652. Plaq. de 23 pages.

\. Arch. mun. Délib. BB 67, p. 61.

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verbaux si détaillés, si vivants, aux discussions approfondies d’autrefois, succèdent de froides et insipides nomenclatures d’arrêtés de police ou de longues séries de pièces transcrites d’office : arrêts du parlement, statuts de métiers, règlements de commerce, lettres de noblesse, brevets d’officiers, etc., etc. b

Ainsi se perd peu à peu, dans le lointain, le long murmure des libertés municipales refoulées, qui n’avait cessé de se faire entendre depuis Henri IV. Le jour est prochain où les échevins placeront, à l’hôtel de ville, « dans un des plus beaux endroits, le portrait debout dans ses armes et de toute sa grandeur » % du marquis de Bar qui les traite si cavalièrement.

Il est vrai qu’à ces époques de fréquentes calamités publiques, de pestes, d’inondations 3, de disettes il est nécessaire de se ménager la protection des hommes influents en Cour. La ville est pauvre. A tout instant surviennent de nouvelles taxes créées pour faire face aux dépenses que nécessite la lutte armée contre l’Europe. Le sel subit alors une augmentation de trente sols par minot. Le monopole du

\ . irc/i. mun. Délib. BB 67 et 68 passim.

2. Ibidem. Délib. BB 75, p. 56 v°. 29 juillet 1683. « De la grandeur de la toile de feu monsieur le duc et mareschal de Chaulnes. »

3. Ibidem. Délib. BB 67, p. 100. 19 juillet 1658. « M. le premier a dict

que le désordre où les grandes eaues avoient plongées cette ville par la ruine de plusieurs ponts et particulièrement de ceux qui traversent la grande chaussée au bled avoit jusques à présent incommodé tous les habitans et obligé de faire un chemin au charroy sur le rempart, qui pouvoit causer de grands accidents par l’esbranlement qu’en ressentoit ledict rempart desjà ouvert de toutes parts »

4. Ibidem. Délib. BB 69, p. 4. 20 avril 1662. « La nécessité est sy

grande en ceste ville et s’y void sy grand nombre de paouvres, à cause de la grande cherté des grains, qu’il est besoing d’y apporter tous les seings imaginables.. .. On feroit sortir de la ville tous les mandians forains »

LK RÈGNE DE LOUIS XIV

tabac au profit du fisc date de ce temps, de même Timpôt du timbre ’ et le droit de [)oinçonna^^e sur la vaisselle d’étain, — ces derniers souverainement impopulaires, moins irnj)0pulaires cependant que le logement des troupes de la garnison et de celles (|ui passent ou repassent sans cesse.

L’habitant doit « le coucher et l’ustensile » Les soldats se montrent généralement d’une arrogance et d’une rapacité contre lesquelles ne cessent de protester les députés solliciteurs que la ville entretient à grands frais à Paris. Leurs démarches ne parviennent pas à améliorer la situation, lors môme que l’échevinage envoie aux personnages dont il recherche les faveurs des pâtés de canards ou des pâtés de perdrix

Un régiment de deux mille hommes coûte à la population 123 livres 12 sols (452 fr. 37) par jour Si encore le soldat se contentait de ce que les règlements lui donnent le droit d’exiger; si la répartition était équitable; si l’administration

1. L’ordonnance royale du 20 mars 1655 qui établit l'impôt du timbre rencontra une vive opposition dans le royaume. Elle ne fut point appliquée avant l’édit de 1673. Antiquaires de Picardie. Mémoires. T. XXXllI, p. 657. — Ris-Paquot. Étude sur les timbres fiscaux de la généralité d'Amiens.

Le premier procès-verbal de délibération sur timbre de la généralité d’Amiens (timbre de 10 deniers) est du 24 septembre 1673. BB 73, p. 88.

2. « L’ustensile » donnait droit, suivant le règlement d’Ormeilles, à « deux fagots et deux chandelles par jour, estimés à 4 sols » (0 fr. 75).

Arch. mun. AA 73, n° 16. Lettre de M. Mouret du 17 février 1646.

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