Ibidem C 245 passim
quatre années « le consommateur avait été rebuté, le discrédit était total » et dix mille ouvriers se trouvaient sans travail b
Roland de la Platière venait de succéder à Joseph Imbert de Saint-Paul dans les fonctions d’inspecteur de la manufacture d’Amiens. <l II sera éternellement vrai que la bonne foi est l’âme du commerce », écrivait un négociant qui le suppliait d’intercéder en faveur de l’industrie amiénoise. Réduite à employer le plus souvent des matières premières de qualité inférieure, cette industrie ne peut soutenir la concurrence avec l’Angleterre que par la supériorité de sa fabrication, qui dépend essentiellement de l’observation rigoureuse des règlements de 1666. En vain sayeteurs et hautelisseurs se liguent pour obtenir l’abrogation de l’ordonnance fatale. Louis XV entend favoriser également les villes et les campagnes, et elle est maintenue
L’intendant s’étudie à trouver des compensations. Or la mode se montre capricieuse, et, non moins que l’édit de 1762, l’engouement pour les étoffes légères nuit à la place d’Amiens, qui se cantonne exclusivement dans la production des tissus à base de laine. « Les toiles indiennes faisaient fureur depuis quelques années; toutes les femmes s’habillaient d’étoffes fleuries à dessins variés -h » On avait tenté, sans beaucoup de succès, d’installer une école de filature de coton à l’hôpital général^. Eût-elle réussi que personne n’aurait été tenté de faire, à ses dépens, les premiers essais de filature et surtout de tissage. L’industrie du coton était encore peu connue en Picardie.
1. Arch. mun. Délib. BB 89, p. 163. Rapport du 6 décembre 1766.
2. ArcJi. de la Somme G 245^^. Précis des opérations de l’inspecteur Roland de la Platière. 25 décembre 1766.