Mémoire sur l’établissement des fontaines, p
b. L’hôtel de l’intendance, commencé en 1761, s'éleva sur des terrains acquis de différents particuliers : le marquis de Runes, Brunel-Durozei, Vaysse, seigneur d’Allonville, Vaquette, seigneur de Frécbencourt. Arch. de la So77ime C 737 à 751. — Arch. 77iu7i. Délib. BB 85, p. 3 v°; BB 86, p. 108. — Le Vieil Amie7is. 3° série, n°® 1 et 2.
La halle marchande était adossée à l’hôtel de ville. Elle fut démolie en 1856. Cf. le plan de la p. 239. — Goze. Les rues. T. 111, p. 210. — A7xh. mun. Délib. BB 93, p. J3. — Le Vieil Amie7is. 3® série, n°s 9 à 14.
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Dans la nuit du 5 au 0 déccrnl)re 1772, le fou détruisit de fond en cond)le la halle marchande élevée au milieu du XVI® siècle par Zacharie de Scelers. (i’élait un vaste bâtiment en pierres dont la charpente intérieure était portée sur cpiarante colonnes de bois (pu formaient trois larges allées. Montigny l’a remplacée par une construction de style lourd, dont l’entrée principale était décoi*ée de deux fontaines avec vasques et pyramides Louis XVI.
Le corps de ville se préoccupait déjà en 1719 de soustraire les habitants au fardeau écrasant du logement des troupes, en établissant des casernes du genre de celles que Louis XIV avait ordonné de construire dans plusieurs grandes villes du royaume. Un terrain fut rétrocédé pour cela à l’échevinage par les Lazaristes, administrateurs du séminaire, qui l’avaient acquis de Charles Le Roy, seigneur de Gérisy, mais des ditïicultés surgirent, et les travaux commencèrent seulement le 22 mars 1708 sous la direction de Jumel- Riquier, d’après les plans de Maclaurin. De remarquables , trophées d’armes et de drapeaux, œuvre de Cressent, décorent la façade de l’iiôtel de Gérisy, qui servit de caserne à messieurs les gardes du corps et qui est actuellement le quartier de cavalerie L
De tous les architectes qui contribuèrent à embellir Amiens à cette époque, le plus célèbre est Rousseau, d’abord ingénieur des ponts et chaussées de la province de Picardie, nommé architecte municipal en 1779 On lui doit les plans de la halle aux grains ^ le projet, demeuré inachevé, destiné
1 . Arch. miin. Délib. BB 78, p. 13 v°. — Arch. de la Somme G 078 à GOI .
2. Arch. de la Somme G 1010. Lettre de l'intendant à Xecker : « Le s'’ Rousseau, ci-devant inspecteur des ponts et chaussées, a abandonné cet état. Il a été nommé depuis ingénieur de la ville d'Amiens. » 29 octobre 1779.
3. Ibidem G 731 à 734. — La Picardie historique ci monumentale. T. I, p. 81. — Les travaux commencés en 1782 ont été reçus en messidor an IV.
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
à donner un aspect monumental et grandiose à la place d’armes appelée la place Périgord en l’honneur du dernier gouverneur de Picardie h Le théâtre est son chef-d’œuvre.
L’ordonnance militaire du mars 1768, qui prescrivait de numéroter les maisons, afin de rendre plus facile la répartition du logement des troupes, reçoit ici son exécution en 1775^. Dès que la ville de Paris prend l’initiative d’une amélioration, Amiens s’empresse de Limiter. Une inscription placée à l’extrémité de chaque rue indique son
1. Les plans ayant été approuvés par l’échevinage le 9 août 1781, la duchesse de Mailly, fille du comte de Périgord, pose, le 15 mai 1782, la première pierre de l’immeuble situé à l’angle de la rue des Rabuissons. Arck. mun. BB 95, pp. 105, 141. C’est la place Gambetta.
2. Arch. mun. La rue des Rabuissons vient en première ligne, numérotée de 1 à 35, à commencer du côté droit, depuis la place d’Armes. Les derniers numéros se trouvent dans les rues du Loup, de Noyon et du Mail. Le même ordre n’a pas été partout observé. Ainsi, rue Neuve, les numéros 4,957 à 4,987 alternent de gauche à droite, depuis la rue de l’Oratoire. On a procédé, dans le quartier Saint-Leu, de façon assez ingénieuse : la rue Saint-Leu, artère principale, voit la série de ses numéros interrompue à chacune des rues qui y aboutissent. La première maison, côté gauche, depuis le Bloc, porte le numéro 2,801. Après le numéro 2,829, s’ouvre la rue des Poirées qui est numérotée de 2,830 à 2,846. La rue Saint-Leu reprend au 2,847 jusques au 2,870 ; alors, les rues des Bouteilles et de Guyenne qui vont de 2,871 à 2,894. Saint-Leu reprend de 2,895 à 2,904; nouvelle interruption pour les rues Taillefer et des Bourelles et ainsi de suite jusqu’à la rue de la porte Saint-Pierre, 3,083 à 3,088 et à la rue des Becquerelles, 3,089 à 3,124, pour reprendre le côté droit de la rue Saint-Leu au 3,125 et continuer, suivant le même système. Ainsi, le quartier des Minimes commence au numéro 3,332 et finit au 3,590, etc. La dernière maison de la rue Saint-Leu, au coin des Rainchevaux, porte le numéro 3,954.
Plusieurs numéros subsistent encore : rue Saint-Jacques, numéro 935, alors habité par la veuve Pingré; rue Neuve, numéro 4,974, alors habité par la dame Pingré de Fricamp ; rue de Gondé, numéro 1844, hôtel Morgan, etc.
Le mode de numérotage par rue date de 1804.
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nom Des réverbères munis de lampes à l’huile à plusieurs becs el à réllecteurs, remplacent les rpjatre cents lanternes publiques dans lesquelles vacillait la mèche fumeuse d’une chandelle. On nomme un inspecteur général des promenades de la Ilotoie, du rempart et du Mail, rjui s’étend de la rue des Uabuissons à la porte de Paris
« Quel contraste lorsfjuc vous rapprochez le tableau des mœurs de cette ville, dans votre jeunesse, avec le spectacle qu’elle présente aujourd’hui î Quiconque l’ayant rpiittée, il y a cinquante ans, ne la reconnaîtrait pas » 1778.
Dans ces lignes, tracées de la main de Mgr de Machault-’, se révèle la transformation survenue dans la société amiénoise. Le séjour des gardes du corps du Pmi , de la
1. Arch. mim. Délit). BB 90, p. 03 v°. 2 décembre 1767. « Le nom des
rues sera inscrit à chaque coin de rues La dépense sera supportée
par les propriétaires des maisons de chacune des rues. »
2. Ibidem. Délib. BB 92, pp. 19 v°, 37. — BB 93, pp. 173, 183. — BB 94, p. 16 v“. Boulet, adjudicataire des lanternes publiques, est envoyé à Paris, en 1770, pour étudier, sur place, le fonctionnement du service des Réverbères. L’affaire demeure en suspens. Au mois d’avril 1776, sur l’avis de Saugrain, entrepreneur de l’illumination de Paris, on décide de placer 294 « lanternes réverbères » fournissant 644 becs de lumière. Afin de subvenir à la dépense, le Roi autorise la perception d'une taxe de 4 deniers pour livre du montant du loyer de chaque maison sans exception. Nobles, ecclésiastiques, privilégiés, religieux, religieuses. Personne n’est exempt. La taxe autorisée le 20 février 1778 a été prorogée jusqu'au R’' octobre 1790. Cf. les registres annuels de cet impôt. Ils fournissent de précieux renseignements sur la valeur de toutes les maisons.
3. Ibidem. Délib. BB 76, p. 288 v°. — BB 79, p. 17. Le Roi en avait prescrit (juin 1697) l’établissement, dans les principales villes du royaume. En 1704, la ville est divisée en vingt-huit quartiers, dans chacun desquels il y a trente lanternes : 18 dans la rue des Trois-Cailloux ; 16, rue des Jacobins ; 4, rue du Soleil ; 7, rue Neuve, et ainsi ailleurs, proportionnellement à la longueur des rues.
4. Ibidem. Délib. BB 85, p.79. 15 janvier 1757. — Arch. de la Somme C 774.
5. Mandement épiscopal pour l'établissement du bureau des pauvres.
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
compagnie de Luxembourg, n’y est pas étranger. Officiers et gardes, gentilshommes de race, appartenant aux familles les plus distinguées du royaume b jouissent de belles fortunes et contractent, pendant le service de quartier à la Cour de Versailles, des habitudes de grand luxe qui pénètrent insensiblement au sein des familles opulentes.
On se rend maintenant « à la promenade du Cours » confortablement installé dans de grandes « berlines à sept glaces, avec corps de la caisse dorés et panneaux vernis décorés de fleurs naturelles » ou « en vis-à-vis des plus à la mode, avec belles glaces coulantes à fond, peinture grise, corps dorés, vases et médaillons sur les panneaux. » Les jeunes gens attellent : « le solo, à deux places par le moyen d’un strapontin, fermé de glaces par le devant et par les côtés; le cabriolet avec ressorts à la Polignac; la chaise à ressorts à la Dalenne, à une place, coupée en cul de singe, doublée de velours d’Utrecht cramoisy, garnie de panneaux à la Dauphine, avec verre de Bohême '. »
La diligence de Paris part le lundi et le vendredi à midi, et les voyageurs peuvent également profiter des voitures du service de Calais à Paris qui traversent Amiens les mardi, jeudi et dimanche à midi. La « diligence d’eau » démarre pour Abbeville le mardi, le jeudi et le samedi à huit heures et revient le lendemain. Les marchands de nouveautés offrent aux élégantes « les modes les plus récentes, plumes de toutes qualités, fleurs artificielles de la plus grande beauté, rubans, gazes, taffetas, etc. » Un artiste, élève du fameux Depain, (( coiffeur du grand monde parisien, » exécute « les coiffures les plus agréables sans aucune épingle et pose agréablement
1. A. Janvier. MM. les gardes du corps de la compagnie de Luxembourg . 1758-1791. In-8°. La compagnie est envoyée en garnison à Amiens par ordonnance royale du 28 décembre 1758.
2. Les Affiches de Picardie. 1770, n° 21; 1772, n° 25. Annonces: eflets à vendre. 1778, n°® 31, 46; 1785, n° 19.
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la gaze. » Un maître de danse enseigne le menuet de la reine, le menuet dau})liin, les allemandes. Uiifin, le voisinage de la capitale procure le [>laisir d’entendre les artistes les plus en renom de la comédie italienne et de la comédie française et d’obtenir la primeur, en province, des chefs-d’œuvre rie Grétry et de Marrnontel h
Moyennant un modique abonnement de trois ou rie cinq livres par an, et selon qu’ils sont retenus le ])remier ou le second jour, on lit les périorliques qui arrivent le rlirnanche à la librairie Caron : la Gazelle de France, le Mercure de France, la Gazelle de r Europe, le Journal de Monsieur, la Gazelle Anglo-Française, le Manuel des loilelles. Amiens a son journal hebdomadaire : les Aj}lclies de Picardie, Arlois, Soissonnais el Pags-Ptas franeois^^, dont le premier numéro parut le G janvier 1770. On y trouve des articles intéressant l’agriculture et le commerce, la littérature et les arts, la nécrologie des notabilités de la ville et de la province, le compte rendu des fêtes religieuses et profanes. La politique en est soigneusement bannie.
L’auteur du Genllernan’s Guide recommande aux Anglais le séjour d’Amiens : « 11 y a peu de villes aussi plaisantes en France, au printemps et l’été. Jolies promenades, fêtes sur l’eau, nombreuse et bonne société; garnison d’infanterie et de gardes du corps; concert une fois par semaine. On peut se mettre en pension dans une maison près de la cathédrale, moyennant six cents livres par an. Si Ton veut apprendre le français, un moine vient, le soir et le matin, donner des leçons pour une demi-guinée par mois 'U »