‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 192 sur 294 · Affiches de Picardie, Année 1784, n · texte numérisé non relu

Affiches de Picardie, Année 1784, n

LA FIN DK l’ancien KKGIME.

k peu près général. La incrulicilé, proscrite depuis cimj ans, reparaît dans les rues, assiégeant les bourgeois de ses sollicitations importunes. La plupart des maîtres fabricants avancent k leurs ouvriers l’argent fpii les empêclic de mourir de faim et font allumer sur les [ilaces publiques de grands brasiers où les infortunés viennent réchauffer leurs membres engourdis jiar le froid L Le nombre îles indigents a triplé, les subsistances sont rares, les ateliers déserts. Dans la longue file désœuvrée, agikœ, (pii oscille aux portes de la boutique, les idées noires fermentent déjk. L’horizon s’assombrit encore davantage k la suite du traité de commerce de 1786. Le principe du laissez passer, introduit dans ce traité avec l’Angleterre, qui se révèle par la suppression des tarifs et l’abolition des garanties, achève de compromettre la fabrique d’Amiens. Elle se sent comme atteinte de déchéance par les importations étrangères. Le malheur des temps donne beau jeu aux artisans des réformes'.

Le mouvement littéraire, qui s’était révélé k Amiens depuis un demi-siècle, n’avait point été sans inlluence sur le développement de la vie politique. Dans l’évolution générale qui portait les esprits vers l’étude de la philosophie et des sciences, se révélait, ici comme ailleurs, une tendance k l’émancipation. L’x\cadémie d’Amiens avait inscrit, au nombre de ses membres honoraires, le philosophe qui rassembla les titres méprisés du genre humain et suggéra le premier k la Nation le sentiment de ses droits et de ses destinées : Montesquieu.

Voltaire avait propagé la libre pensée. Non content de tourner en ridicule l’oisiveté et l’opulence du clergé, il avait,

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