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LES ÉTATS DU DAILLIAGE

Pour le Clergé : Mgr de Machault, évêque d’Amiens, M. Charles Fournier, curé d’IIeilly.

Pour la Noblesse : M. le duc de Croy et d’IJavré, M. de Noailles, prince de Poix.

Pour le Tiers-Etat: M. Florimond Le Roux, ancien maire, M. Jean Charles Laurendeau \ avocat au bailliage, M. Pierre Douchet, laboureur au Hamel, M. Charles Lenglier, négociant à Feuquières-en-Bcauvaisis. Leur élection émanait d’un suffrage à quatre degrés.

A l’heure solennelle qui marque l’ouverture des Etats généraux, la situation résultant de la cherté des grains prend un caractère alarmant. Le blé de qualité moyenne, qui vaut ordinairement de 3 à 4 livres le septier, se vend 10 livres et la hausse n’a pas dit son dernier mot.

Le peuple a faim ! Sous cet aiguillon , il se révolte (29 avril). Les souscriptions de toutes les classes de la société remplissent les caisses de bienfaisance. Le prieur de l’abbaye de Saint-Jean installe, rue des Lirots (Frédéric- Petit), un bureau de distribution gratuite de riz ; exemple immédiatement suivi par plusieurs généreux citoyens. La commission intermédiaire de l’assemblée provinciale, la chambre de commerce, répondent aux appels réitérés des officiers municipaux par l’envoi de fonds destinés aux ateliers de charité. Toutes ces mesures sont impuissantes. Dans cette extrémité, cent cinquante notables prennent l’initiative d’une Association civique ayant pour objet le bien public et le salut commun, pour but l’achat des grains nécessaires à la subsistance de la ville pendant deux mois. Avant même que les statuts soient rédigés, ne voulant pas perdre un temps

1. Charles Florimond Le Roux, né à Amiens le 25 décembre 17 IG, époux de Marie-Jeanne Agnès Lalau, consul, juge, membre de la chambre de commerce, mort le 2G frimaire an II.

Jean Charles Laurendeau, né à Chauny, le 4 août 1749, époux de Marie Aimée Delaporte, avocat, plus tard conseiller à la cour royale d’Amiens, mort le 12 juin 1827.

HISTOIRE i)E LA VILLE D^AMIENS.

précieux, Debray de Valfresne part pour l’Angleterre, Jourdain de Warvillers pour la Hollande, avec pleins pouvoirs d’acheter des comestibles et des grains, jusqu’à concurrence de cinq cent mille livres. Les actions de l’association sont de 5,000 livres; étiangère à toute idée de bénéfice, elle durera autant que la liquidation des opérations l’exigera. Jean-Baptiste Daveluy accepte d’en être le trésorier. L’abbaye de Saint-Jean offre ses greniers et Charles Jourdain de l’Éloge ses magasins.

La souscription atteint en quinze jours le chiffre de six cent mille livres. Jourdain de l’Éloge s’inscrit pour six actions, le lieutenant du maire, Poujol, pour cinq, Durieux de Beaurepaire et Debray également, l’abbaye de Saint-Jean et les officiers municipaux pour quatre, etc. L En même temps, MM. Morgan, Delahaye et Degand cèdent à la ville, au prix coûtant, douze cents sacs de blé achetés en Amérique, qui viennent d’arriver dans le port de Saint-Yalery 2, et « ils ne réclament autre chose que la satisfaction d’avoir été utiles à leurs concitoyens. »

Insensible à la sollicitude du conseil de ville comme aux sacrifices que les riches s’imposent « pour le bien public et le salut commun, » le peuple n’attend pas le résultat des opérations de V Association civique La faim le presse.

1. Arch. mun. Délit. BB 98, p. 97. 13 juin L789. — Affiches de Picardie. Année 1789.

Deux actions : la maréchale de Biron, MM. Morgan, Jourdain de Thieulloy, Ch. Cornet, Poujol de Molliens, Gorin de Tronville, d’Arjuzon, de Bourdeille.

Une action : MM. le doyen de Lestocq, le comte de Gomer, Boullet de Varennes, Desprez, de Dompierre d’Hornoy, de Mons de Meigneux, de Mons d’Havernas, Morgan de Belloy, Dejean, Lefebvre, Deshayes, Frennelet, Desmery, Jérôme, Beaucousin, Daveluy, Dottin, Maret, Poullain, Boistel de Belloy, Leleu, Aclocque, etc., etc.

2. Arch. mun. Délit. BB 98, pp. 126, 134 et suiv. 17 juillet 1789.

3. LAssociation civique a perdu la moitié du capital plus les intérêts. Cela ressort de l’examen des comptes par la commission intermédiaire, le 2 mars 1791. BB 101, p. 11.

LKS KTATS DU DAILLIAGE,

Il s’arme de gourdins, se rue sur l’hotel de l’inlendance, sur riiôtel de ville, envahit la salle d’audience, le 1 4 juillet ', à l’heure où les insurgés de Paris s’emparent de la P>astille. Il lui faut le blé et le pain à moitié prix, ou il pillera les magasins. Devant le danger « auquel la cité toute entière se trouve exposée », le maire consent à la baisse, mais seulement au profit des pauvres munis de cartes délivrées par les comités de paroisses, demi-mesure qui ne calme pas l’irritation. Le tumulte recommence la nuit suivante. On brise les fenêtres de la maison du major de la place et celles de plusieurs négociants

Les bourgeois ne se sentent plus en sûreté. La garnison se compose de cinq cents fantassins du régiment de Conti (commandant de Montdion), d’un escadron de cuirassiers (commandant d’Agrain) et de détachements de l^ourbondragons et de Berry-cavalerie (commandants de Guibert et de Sautereau). Ces troupes occupent les halles, les couvents .d’hommes et les habitations les plus menacées^; mesure insuffisante pour maintenir l’ordre. Des compagnies de volontaires se forment dans la journée du IG juillet et se partagent la surveillance de la ville La milice bourgeoise, depuis longtemps désorganisée, réparait sous le nom de

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