‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 218 sur 294 · Arch. mun. Délib. BB 101, pp. 9o v · texte numérisé non relu

Arch. mun. Délib. BB 101, pp. 9o v

2. Ibidem. Délib. BB 103, pp. 20, 40, 123. La suppression des octrois et de certains droits féodaux perçus par la ville ont diminué les revenus ordinaires de 59,357 livres et amené un déficit annuel de plus de 50,000 livres. La monnaie de billon manque. On en demande (14 janvier 1791) pour cent mille livres, afin de répondre aux besoins journaliers de la place. A grand’peine en obtient-on pour 2,000 écus.

3. Ibidem. Délib. BB 102, p. 183 v®. Il y eut huit émissions successives de ces billets-monnaie, du l®‘'juin 1791 au 28 janvier 1792, jusqu'à concurrence de deux millions deux cent mille livres, garantis par la ville et la signature des commissaires désignés par le Conseil général.

Les billets, en forme de cartes à jouer portaient les mentions :

Caisse patriotique d'Amiens,

Glandai de sous, à échanger contre des assignats.

Ils portaient une lettre d’ordre et les signatures du caissier et des deux commissaires Ils étaient, au revers, de couleurs variées. Le 10 sols, blanc; le 15 sols, noir; le 20 sols, rouge; le 40 sols, bleu; le 100 sols, jaune. — Bazot. Recherches sur les billets de confiance du département de la Somme.

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

La constitution civile du Clergé.

L’article 17 de la déclaration des droits de riiomme protégeait les domaines ecclésiastiques au même litre que les biens des autres citoyens. On ne pouvait y porter atteinte qu’en foulant aux pieds les principes; mais c’était une riche proie dont la Révolution voulait se faire une réserve, sur laquelle il lui importait de donner des gages, quand d’un seul coup l’Assemblée nationale créait pour quatre cent millions d’assignats. (19 décembre 1789).

Les réformateurs, se mettant d’ailleurs peu en peine de la question de droit, se rassuraient en disant que les biens du Clergé n’avaient d’autre destination que les dépenses du culte, le traitement de ses ministres, le soulagement des pauvres. Si l’État prenait à sa charge et le culte et le soin des pauvres, il avait qualité pour s’approprier tous les revenus de l’Église de France. Ce fut l’avis de Talleyrand, il prévalut. L’Assemblée décréta, le 27 novembre 1789, la -confiscation des biens du clergé au profit de la Nation. Non contente de cette grave et coupable atteinte portée au temporel de l’Église, elle s’en prit aux ordres monastiques qui comptaient tant et de si grands services rendus à la religion, à l’agriculture, aux lettres, et elle les déclara abolis pour toujours en France. Les congrégations vouées à l’éducation publique ou au soulagement des malades étaient momentanément épargnées. Leur suppression serait regardée comme une calamité publique ; du jour au lendemain, il n’y aurait plus, ni instruction pour la jeunesse, ni asile pour les orphelins.

La population des monastères avait sensiblement diminué dans les dernières années du siècle, résultat non surprenant

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