LA CONSTITUTION CIVILE LU CLERCÉ
le 25 mai 1794 par radrninistratiori du district, pour « les recherches, transports, inventaires, recollements et conservation des monuments des arts appartenant à la Nation », l’organisa. Cette commission prit également soin des tableaux. Elle s’adjoignit l’expert Crotwel et un marchand de Paris, nommé Irlande, f[ui firent un triage, l.a plupart n’avaient aucun mérite et furent vendus. Ceux jugés dignes « de concourir à la formation du muséum » ont été conservés. La commission des arts assura la préservation de quelques objets précieux, celle notamment des grilles du chœur et des tombeaux en cuivre des évêques fondateursde la cathédrale
Cependant, le principal corps ecclésiastique subsiste intact. Ils sont, à Amiens, près de deux cents : chanoines, chapelains, curés, vicaires de paroisses, prêtres habitués, aumôniers, professeurs du collège, groupés sous la houlette d’un prélat très populaire, qui exerce sur eux la légitime influence, résultat de quatorze années d’une administration toute
d’Amiens, expose, le 9 novembre 1792, rutilité de rétablissement d’une
bibliothèque publique » Il indique pour « moyen de l’enrichir la
collection immense des livres recueillis dans les ci-devant monastères des dilîérens districts, la précieuse collection bibliographique léguée par le
défunt évêque de la Motte à son successeur de Machault » Le conseil
général dit : « L’établissement des bibliothèques 'publiques appartient nécessairement au pouvoir législatif, qui a déjà pris des mesures préparatoires pour cet établissement, en prescrivant la confection de catalogues...»
Le premier en date de ces catalogues est celui des Augustins d’Amiens, dressé, fin 1792, par Baron et Devermont.
1. Bibliothèque communale d’Amiens. Manuscrit n° bl2. Registre aux délibérations de la commission des arts, pp. 4, 59 et passim. « Les grilles qui ornent le temple sont des chefs-d’œuvre de serrurerie, tous plus intéressants les uns que les autres, dont les façons excèdent la matière. Kn les enlevant on ferait des dégradations notables à l’édifice, et les sculptures, peintures, marbres et autres monuments se trouveraient exposés aux injures des malveillans, par la suppression de ces grilles qui les protègent, en même temps qu’elles décorent l’édifice. » 7 germinal an III.
HISTOIRE DE LA VILLE d’amIENS.
paternelle. Pour déchaîner la persécution contre la hiérarchie sacerdotale, il suffit maintenant d’un décret qui mette en conflit l’autorité civile et la conscience religieuse. Le décret est rendu le 12 juillet 1790 L Aux termes des articles constitutionnels, les limites du diocèse d’Amiens devenaient celles du département de la Somme. L’évêque était nommé par les électeurs du département, sans institution canonique, le curé par les électeurs du district, sans investiture épiscopale. Les autorités civiles remaniaient les circonscriptions paroissiales. On admettait en principe une paroisse pour six mille habitants, dans les villes.
A toutes ces nouveautés, qui brisaient la hiérarchie catholique et détachaient l’Église de France de l’Église de Rome, les membres du Clergé devaient souscrire par un serment solennel et public, en présence du conseil général de la commune.
Entre Mgr de Machault élevant la voix contre les erreurs de la constitution civile, et les administrateurs du département, qui s’étudient à n’y voir « rien de contraire à l’Évangile et aux anciens canons » les prêtres n’hésitent pas. Lors donc que les commissaires délégués se présentent dans chacune des égîises, le 16 janvier 1791, escortés d’un détachement de gardes nationaux, afin de requérir des officiants la prestation de serment à l’issue de la grand’messe^, des soixante-seize prêtres du clergé paroissial et du clergé
1. Titre I, des offices ecclésiastiques, art. I et 2, 15, 16, 17. — Titre II, nominations aux bénéfices, art. 1, 2 et suivants.
2. Instruction pastorale de Mgr V évêque d'Amiens. A Paris, chez J.-D. N. Crapart, impr. -libraire, place Saint-Michel. 4790. In-12 de 95 pages.
3. Les administrateurs du département de la Somme aux Français de ce département. A Amiens. De V imprimerie de J. -B. Caron, l’aîné. In-8° de 14 pages.
4. Darsy. Le Clergé de l’Église d’Amiens en 4789, pp. 33 et suivantes, mentionne 23 curés et vicaires, 45 prêtres habitués, 8 professeurs.
Histoire de la Ville d Arniens Tôni^II-.Pl VIII