‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 239 sur 294 · Ibidem. Délib. BB 107, p · texte numérisé non relu

Ibidem. Délib. BB 107, p

3. Les autorités constituées et la Société populaire de la commune d^ Amiens réunies, au.x membres de la Convention nationale. 25 brumaire. De l’impr. de Caron-Berquier.

(les pr(îleii(lus iniiiislros d’im Dieu cjii’ils oulrageaieiit, serait d(}sorrnais le temple de la Haisou et d(î la V('‘i-it('î!

» (Iràces t(‘ soient l’eiidues, c('deste Moiitaf,nie ! »

AmJré Dumont formule, le lendemain, un arreté ordonnant à la commission révolutionnaire du département de faire enlever des églises « les saints et les objets d’or et d’argent » . C’est dans cette circonstance que, chargé de dépouiller le trésor de la cathédrale, Lescouvé parvint à sauver le chef de saint Jean-Baptiste, les reliques de saint Firmin et d’autres qu’il remit au curé constitutionnel à qui l’on doit de les avoir conservées b

La croix disparaît partout^. On lui substitue, au sommet de la flèche de la cathédrale, « une flamme tricolore et le bonnet phrygien » . Sur la proposition d’Hébert, la Convention arrête que les statues des saints qui ornent l’extérieur des églises seront renversées comme autant de vestiges du fanatisme et de la barbarie. On raconte que Lescouvé eut l’ingénieuse idée de préserver les statues du grand portail de la cathédrale en démontrant aux démolisseurs que la plupart de ces images représentaient des personnages victimes eux-mêmes de la tyrannie des rois et ayant droit au respect des Jacobins. Déjà les iconoclastes avaient décapité le prophète Daniel à qui s’appliquaient merveilleusement les observations du maire. Ils interrompirent aussitôt leur œuvre de destruction.

Une fois cependant, au cours de l’une des réunions tumultueuses qui trop souvent profanaient les nefs de Notre-

1. Arch. mun. 1793, P^. Procès-verbal de renlèvement de Tor et de l’argenterie de la cathédrale d’Amiens. — Roze. L’Eglise d’Amums de 17 io à 1856, p. 83.

2. Ibidem. Délit. BB 108, p. 3 v°. 29 brumaire an 11. « Le procureur de la commune a dit que le représentant du peuple avait manifesté aujourd’hui son mécontentement de ce que les croix n’étaient pas encore supprimées et qu’il requéroit que le conseil général prît des mesures actives pour qu’elles le fussent dans quatre jours. »

Dame, André Dumont communique aux assistants la fureur impie dont le fanatisme l’enflamme, et désigne à leurs coups vengeurs les statues qui, par leurs attributs, rappellent la royauté abhorrée : Esther et saint Louis, œuvres d’art justement admirées, décorant les chapelles de Notre-Dame du Puy et de Saint-Sébastien. Elles volent en éclats. Le conventionnel se fait apporter la tête du roi de France, profère mille insultes contre lui et contre sa race maudite, puis la lance sur les dalles où elle se brise i.

La proclamation du culte de la Raison eut pour conséquence la destitution de l’évêque Desbois de Rochefort et du clergé des cinq paroisses dans lesquelles on exerçait le culte constitutionnel. Desbois de Rochefort ne tarde même pas à être incarcéré, pour avoir refusé de dire publiquement ce qu’il pensait du mariage des prêtres. Brandicourt éprouve le même sort La plupart des assermentés échappent cependant à la prison en s’engageant par écrit à ne jamais exercer le ministère 3. Quelques-uns, qui recherchent les applaudissements des Jacobins, déclarent en pleine assemblée populaire « qu’ils n’accepteront d’autre évangile que celui du républicanisme et de l’égalité ». Bellegueule est de ceux-là.

La chapelle de l’Hôtel-Dieu est convertie en infirmerie

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