Arch. mun. Registre de la permanence. 20 nivôse an IL
3. Ibidem 1792, F. Comités de surveillance. Procès-verbal de l’élection du comité de la onzième section.
quand elle a obligé tous les citoyens à tracer en gros caractères sur la {lortc de leur demeure ces mots, également reproduits sur le rideau de la salle de spectacle : unité, indivisibilllé de la République, liberté, éfjalité, fraternité ou la mort; lorsqu’elle a fait jeter, le iÜ août, dans le bûcher allumé devant l’autel de la patrie, avec l’arbre de la féodalité, le portrait de Louis XYI, le drapeau de la loi martiale, un étendard fleurdelisé et des banderolles avec les mots : « Vive le Roi! vive la Reine! » *
La République n’avait pas entièrement rompu avec Dieu, ni tranché tous les liens qui attachent l’homme à la religion. Elle avait subordonné le culte à la Nation, mais elle en ressuscitait l’exercice et les manifestations extérieures. Les cinq églises paroissiales réservées demeuraient ouvertes, le peuple continuait à les fréquenter par habitude, comme, par habitude, les officiers municipaux désignaient, en séance, les jeunes bourgeois chargés de porter la relique de saint Firmin à la procession du jour de l’Ascension. Ils se tenaient eux-mêmes honorés de figurer en corps à celle de la Fête-Dieu et de tenir les cordons du dais (8 et 30 mai 1793) 2.
Les prêtres constitutionnels prêchaient encore la morale de l’Evangile, h'ordo du diocèse parut, en 1793, orné d’une vignette avec les mots : la Nation et la Loi. Liberté-Égalité, en exergue. Ces débris de traditions catholiques impor-
d. Arch. mun. Déhb. BB 107, p. 19 v°. Fête de Tunité et de TindivisibillLe'. 10 août 1793.
2. Ibidem. Délib. BB 106, pp. 84, 110 v°, 113 v°. « Le conseil municipal nomme pour porter la chasse de saint Firmin à la procession générale
du jour de l’Ascension les citoiens ci-après nommés » — « Il est
arrêté que deux membres du conseil municipal seront nommés pour porter
les cordons du dais à la procession générale du Saint-Sacrement »
— « Il est arrêté que le conseil général de la commune assistera en corps à la procession générale de jeudi prochain »
HISTOIRE HE LA VILLE d’AMIENS.
tunaient les démagogues. De même que les principes de 89 avaient abouti à la proclamation de la liberté des cultes, les excès de 93 aboutirent à la fermeture des églises. Déjà, la commission révolutionnaire avait interdit toute cérémonie religieuse « aux jours ci-devant connus sous le nom de fêtes et de dimanches ^ ». (5 et G octobre). La Convention décrète, le 10 novembre 1793, l’abolition de tout ce qui rappelle « le fanatisme religieux » et proclame l'institution du culte de la déesse Raison et de la Vérité.
Le 12 novembre 1793, du haut de la chaire de la « principale église », en présence des commissions révolutionnaires, des tribunaux et de l’assemblée de tous les citoyens de la commune, André Dumont annonce que « la ci-devant église Notre-Dame » devient « le temple de la Vérité et de la Raison », et que l’on ne s’y réunira désormais que « pour honorer la vertu et soulager l’humanité souffrante » Les autorités constituées et la Société populaire rédigent alors de concert cette adresse extravagante signée de cent soixantedix-neuf noms ^ :
« L’hydre du fanatisme enchaînait encore les préjugés de l'ignorance. Une fausse philosophie s’opposait au progrès de la liaison : des pratiques superstitieuses fixaient encore les regards de la crédulité. Un siècle régénérateur devait s’indigner de ces actions ténébreuses, propres à asservir le peuple sans travailler à son bonheur.
» Oui, brave Montagne, tu as détourné les orages ! Ta fermeté
courageuse a détruit cette horde ennemie. L’infatigable Dumont a secondé ton zèle, 11 a dû frapper le coup terrible qui a écrasé cette caste d’hommes qui trop longtemps s’est jouée de notre faiblesse. 11 les a requis d’abjurer leurs erreurs. 11 vient, au nom de la loi, d’annoncer au peuple assemblé dans l’église principale que cet asile