Ibidem. Délib. BB 36, p. 162. 24 septembre
LKS PREMIÈRES GUERRES DE RELIGION. oO
et à Senarpont. Il arrive le 20 juin loGo, avec un éclat inaccoutumé. Oublieux du passé, faisant taire leurs rancunes pour ne voir en la personne du jirince que le représentant du roi de France, les échevins ’ consentent à lui rendre de bonne grâce, au jour de son entrée dans Amiens, les honneurs dus à la haute situation qu’il occupe dans l’Ftat et dans la province. Ainsi, — privilège exclusivement réservé jusqu’alors aux souverains et aux légats du Saint-Siège — Condé s’avance de la porte Montrescu au logis des ïrois- Gailloux, sous un dais « de damas blanc à franges de soie », que portent quatre anciens mayeurs choisis à dessein dans les camps rivaux, afin d’alFirmer la pacification religieuse qui est maintenant à l’ordre du jour.
Les chefs du parti catholique, Antoine d’Ardres et Jean Dippre, avec les chefs du parti calviniste, Pierre du Gard et Raoul Forestier, escortant ainsi le lieutenant général, c’était cimenter aux yeux de la population, accourue sur le passage du cortège, la réconciliation apparente proclamée à Amboise
1. Lors du renouvellement de la loi pour l’année 1564-65, Charles IX s’était fait présenter une liste double des élus, sur laquelle il avait désigné d’office pour mayeur Etienne Cardon, pour prévôt M® Jehan de Court et pour échevins :
Jehan Dippre.
Antoine d’Ardres.
Jehan le Borgne.
Mahieu Ledoulx.
François Riolan.
Robert Delattre.
François Gauguier.
M® Charles Picquet.
M® Jacques Caron.
Les lettres royales sont datées de Tarascon, 8 décembre 1564. Arcli. mun. Heg. AA 5, p. 345 v®.