‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 25 sur 294 · Arch. mun. Délit. BB 37, p · texte numérisé non relu

Arch. mun. Délit. BB 37, p

Onze à douze cents hommes « en équipaige » avec arquebuses, halle-

Jehan Louvel.

Jehan Erard.

Charles Gorin.

Julien le Gay.

Jehan le Dieu.

M® Jacques Vacquette.

Vincent Judas.

M® INIelchior Fouache.

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

Gondé inaugura, dans cette circonstance, le logis des Trois-CaiUoiix, récemment acquis par la ville, à la sollicitation du duc de Vendôme, pour en faire la résidence des gouverneurs de la province et qui avait été bâti, au début du siècle, par Jean de Refuge, receveur général des finances en Picardie et en Artois. Ce noble personnage, dont le père avait exercé des fonctions analogues, jouissait d’une belle fortune, sans doute, comme tous ceux qui maniaient alors les deniers publics. Son fils, Christophe de Refuge, ayant embrassé la carrière des armes, quitta Amiens et le vendit G

bardes, épées à deux mains, conduits par Jehan le Borgne, vont au devant du prince, hors la ville.

M® Guillaume de Lessau fait la harangue. L’artillerie tonne sur le rempart, à son approche.

Au dessus de la porte Montrescu, comme à la porte principale du Logis des Trois-Gailloux, on a disposé des trophées aux armoiries du Roi, du gouverneur et de la ville.

Voici l’ordre du cortège :

Deux hommes de chacune des 226 portes, les plus jeunes et les plus adroits.

Les compagnies privilégiés, en grand costume.

Les sergents du guet, à pied, la hallebarde au poing, vêtus de sayes aux couleurs de la ville.

Les huissiers, hérauts, trompettes, sergents amasse, en robes.

MM. les maître et contrôleurs des ouvrages, receveur, greffiers, procureurs et avocats de la ville.

Les anciens mayeurs.

Le Corps de ville.

Le prince, sous le poêle de damas porté par quatre anciens mayeurs.

Présents offerts au prince; 2 pièces de vin, 12 « quesnes » d’Hypocras 1/2 blanc, 1 /2 clairet, 2 cygnes,' 2 faisans, 4 hérons, 4 aigrettes, 4 buhoreaulx (butors), 4 chapons, 4 perdrix, 4 levrauts, 4 oisons gras, 4 paons, 2 coqs d’inde, 2 douzaines de cailles, 6 tourtes [sic), 1 petit faon de biche. Le tout présenté vivant dans des cages neuves.

1. Le Logis des Trois Cailloux s’élevait sur des terrains arrentés par le chapitre et par l’échevinage, pour la partie située contre la rue du Fossé. Des documents nouveaux permettent de compléter, en la précisant.

ES PUEMlfcHES GUEHHES DE KELIGIO.N

Il devint le l.ogu du Roi sous Louis XIII.

Ch. P insacd

A Salle de la comédie inaugurée le 21 janvier 1780. — B Salle des concerts bâtie en 1752. — C Dépendances de Saint-Martin-aux-Junieaiix. — D Maison dans laquelle la duchesse de Longueville fut internée. — E La Barge, prison du Chapitre.

HISTOIRE DE LA VILLE d’aMIENS.

C’était une élégante habitation de briques et pierres, avec tour hexagone renfermant un escalier monumental qui existe encore ; avec hauts pignons, cordons sculptés, mascaroms.

une note parue dans le premier volume de cet ouvrage (p. 469). C’est le 31 octobre 1499 que le chapitre arrenta l’ancien hôtel des Trois-Cailloux à Jean de Refuge, fils de Pierre de Refuge, « général des finances », qui exerçait cette charge en Picardie dès 1458. [Arch. dép. de la Somme. Chapitre d’Amiens, arm. II, liasse 51. — Arck. mun. Comptes 1458-59, p. 30).

Le primitif hôtel des Trois-Cailloux, dut avoir une certaine importance puisque le capitaine de Saveuse l’occupait en 1456. Le logis des Trois- Cailloux^ qui lui succéda, devenu propriété de la ville en 1554, a été le séjour ordinaire des gouverneurs. Le roi Louis XIII « ayant trouvé bon de le retirer à soy et de l’approprier pour éviter aux inconvénients qui pourraient surgir dans les rapports avec l’échevinage (La Morlière, p. 3 1 0), Sa Majesté l’occupa au moment du siège de la ville d’Arras. Le peuple l’appela alors le logis du Roi et ce nom, qui lui est resté, devait donner lieu aux conjectures les moins fondées sur l’origine d’une construction à laquelle, nous le répétons, jamais François R’^n’a songé. Le logis périclitait en 1746. Les ressources limitées du budget affecté à l’entretien des batiments du Roi ne permettaient pas de l’entretenir. Les gouverneurs l’abandonnèrent. En 1748, une société de musique obtint une partie du jardin pour l’installation de la salle des concerts (B du plan). Trente ans plus tard, le comte de Périgord consentit à la cession d’une autre portion de ce jardin, dans laquelle fut édifiée la salle de la comédie (A du plan). Les batiments eurent dans la suite le sort de tous les biens du domaine royal. Quant à l’appellation des Trois-Cailloux, il est impossible d’y voir autre chose que le souvenir d’une enseigne existant à l’époque (xiv® et XV® siècles) où toute maison riche ou pauvre avait la sienne. Il y eut les trois cailloux, comme il y eut les trois pigeons, les trois bachins, les trois sausserons, les trois cornards, les trois barils, les trois chercles, les trois lioiîs, etc.

Cf. Antiquaires de Picardie. La Picardie historique et monumentale, T, I, p. 69. A. Janvier. Le logis du Roi. — M. Joron a publié un dessin fantaisiste de ce monument dans la Collection des monuments anciens et modernes d’Amiens, lithographiés par M. Leprince et décrits par M, Dusevel dans le Glaneur. — Cf. M. C. Pinsard, Coll, préc., XVI, pp. 97 et suiv.

LES PREMIERES GUERRES DE RELIGION

La façade était établie sur l’emplacenrient de l’ancienne forteresse. Les mutilations qu’elle a subies dans le dernier siècle, la transformation des dépendances, ont rendu le vieux « logis » méconnaissable, et pourtant il serait facile de le rétablir à l’aide des plans, des dessins et des documents actuellement existants.

Personne ne croyait à la sincérité des pardons*. Les ciiefs consentaient-ils à s’entendre que les masses se souciaient peu de les imiter, et les garanties affectées aux huguenots par les récents édits ne leur donnaient qu’une sécurité relative. Ils étaient nombreux co})endant, si l’on songe qu’en moins de quinze mois, le ministre Thomas Ghesneau conféra le baptême à cent soixante-six enfants nés de parents calvinistes

1. Journal d’un curé ligueur. Edit. préc. p. 73. « Le vendredy d’après

(l’entrée du prince de Condé) le prince de Condé fist pendre un sayteur pour tant ce qu’il regardoit à la porte ou preschoient les huguenots »

2. Arch. dép. de la Somme. « Registre des enlTans baptizez en l’église

rélîormée d’Amyens depuis le dix-huictiesme jour de jung mil cincq cens soixante quatre jusques au vendredy dixièsme jour d’aoust mil cinq cens soixante cincq »

Ce registre contient 170 actes de baptême, dans lesquels figurent, comme parents ou avec la qualité de parrains, les noms les plus notables :

« Le 30“® jour de juillet (1564) fust baptizée une fille à M® Pierre du Gard, sg’' de Maucreux et dam®“® Jehanne aux Cousteaulx et fust nommée Magdeleine par Jehan de Saisseval, seigneur de Marconnelles, parrain.

« Le 29“® jour d’avril (1565) fust baptizé un fils à Jehan du Bos et Marie de Boisrobert. »

Parmi les parrains notables, citons ;

Adrien d’Ainval, Guillaume et Jehan du Bos, Robert de Collemont, Pierre Cornet, Jehan Flameng, Raoul Forestier, Pierre du Gard, Jehan Jourdain, Jaques de Labeye, Balthazar le Quieu, Hercule de Monceaux, Nicolas de Mons, Jehan Randon, Jehan de Saisseval, etc., etc.

Les noms des saints sont remplacés, à peu près par moitié, par des noms empruntés à la Bible. On donnait aux filles les noms de Rachel, Judic (sic) (7 fois), Esther (2 fois), Suzanne (18 fois). Aux garçons, les noms d’Abraham (5 fois), de Belsabée, de Daniel (10 fois), d'Elie (4 fois), d’Isaie (4 fois), de Jacob, de Noë, de Salomon, etc.

Voici la mention inscrite au dernier folio de ce registre :

44 HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

Dans toute famille noble ou de la haute bourgeoisie, composée de deux ou de plusieurs branches, il y avait généralement la branche huguenotte que les autres tenaient à distance jusqu’au jour où leurs représentants se rapprochaient dans la fumée des batailles, combattant sous les étendards ennemis. Pour leurs parents catholiques, la branche hérétique devait être une source de richesses, puisqu’à l’heure des confiscations, les plus proches des exilés ou des bannis volontaires réclamaient les biens confisqués et se les partageaient.

La Reine mère penchait visiblement du côté des catholiques. Gondé en prit occasion de lever encore l’étendard de la révolte, le 26 septembre. Ce jour-là, Charles IX et la Cour se trouvaient à Monceaux-en-Brie. Les calvinistes se portèrent en grande hâte vers la résidence royale, mais le prince parvint à se replier sur Paris, protégé par sa garde suisse. Immédiatement il retira toutes les concessions faites, renouvela toutes les proscriptions. Sous prétexte que Senarpont était ce déjà chargé d’ans et en âge qui requiert être soulagé », Sa Majesté lui substitua le sire de Piennes^; révocation en termes polis de ce personnage, instrument docile des volontés de Condé, à qui nous devons toutefois rendre cette justice qu’il ne porta jamais les armes contre le Roi

Il ne fut pas besoin de mettre en œuvre l’éloquence des

« Je soubssigné certifie avoir baptizé les enfans sus escriptz en exerçant le ministère de la parole de Dieu pour l’église d’Amiens. »

Thomas Ghesneaü.

Dont acte. fut donné audit Chesneau, le 18 novembre 1565, par Lenglet, notaire royal en la ville et bailliage d’Amiens.

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