Darsy. Les doléances du peuple et des victimes, p
2. Affiches du département de la Somme, no^des 10, 20, 30 germinal an III.
Citoyennes détenues aux Ursulines : les citoyennes Casteja, Levasseur,
Saint-Homain, Lescalopier, Desgrigni, Dinval, Brunei, Vaquette, Morel veuve Godard, Pingré veuve Brunei, Brouchy, Artus, Sachydite iMarcelet, des sommes variant de 5 à 25 livres.
Citoyennes détenues à la Providence : la citoyenne Sailly veuve Montaigne et la citoyenne Estourmel, femme Clermont, domiciliée à Bertangles, chacune 15 livres.
Citoyens détenus à la Providence : les citoyens Banastre, Cavé- Chocqueuse, Gorjeon, Gouffier, Clermont, Galonné, Francqueville, Ducroquet, Üincourt, Chocqueuse, Vermandovillers, Despelle Riencourt, Louvencourt, Bussy, Gomer, etc,, etc., chacun de 2 à 25 livres.
Citoye7ines détenues aux Grands Chapeaux: Berthier, actrice, Merlin, Hubault, Maille, Marchand, Desjardin, Bourgeois, Ladame, Ancelin, Lebel, Thuillier, Legendre, etc., de 3 à 25 livres.
Citoyens détenus au Collège : les citoyens Guillebon, Mallet, Pingré dit Guimicourt, Dubos, Gouvion Saint-Léger, Francqueville, Boquillon, de Montdidier, de Clermont, Louverval, La Fontaine, Virgille, Briet, etc., etc., de 5 à 50 livres.
)) 11 n’y a ni cour ni jardins où les prisonniers puissent se promener. Ils ne peuvent prendre un peu d’exercice que dans d’étroits passages, ou dans une petite cour de trente pieds carrés qui sent tellement mauvais que l’atmosphère de la prison est préférable ^ »
La Conciergerie est surtout redoutable. Le général Thiébaut en parle avec horreur Il traversait Amiens. « On m’empoigna, écrit-il, et l’on me conduisit à la Conciergerie, où m’attendait tout ce qui peut rendre cruelle la position d’un prisonnier. De jour, je me trouvai pêle-mêle avec des voleurs, des assassins, des gueux couverts de haillons et de vermine et qui n’ouvraient la bouche que pour proférer, au milieu des propos les plus infâmes, les plus obscènes, des jurements, des imprécations et des blasphèmes.
» De nuit, j’étais reclus sous triple serrure et sous verrous dans une cellule de six pieds carrés, sale et infecte. J’étais visité par des concierges accompagnés de dogues énormes. Je dus payer au poids de l’or les moindres objets : surtout un grabat et quelques aliments mangeables. Pour compléter cette situation j’entendais les beuglements de la populace qui, depuis l’aurore jusqu’au crépuscule, demandait qu’on lui livrât les traîtres afin d’en faire justice. »
Avant comme après l’épuration du conseil général de la commune, par la Société populaire, au 15 pluviôse an II (3 février 1794) il est rare que les requêtes adressées par
1. Un séjour en France, pp. 138, 145, Lettres des 17 et 22 novembre 1793.