I.E DIRECTOIRR
de condamner. Boissy d’Anglas, Lanjuinais, Ferment, Larivière arrivèrent en tète L Louvet, Devérité, Uivery, iJelescloy, Scellier, députés de la Somme, ne figuraient que sur la liste supplémentaire destinée à remplacer les démissionnaires. L’élection de Tattegrain, de Duruy et de Le Marchand de Gomicourt accentua la déroute des régicides. Saladin, qui espérait que la réaction pardonnerait à un ancien adversaire devenu son allié, n’obtint que 39 voix !
Les administrateurs du département et le personnel des tribunaux furent également choisis parmi les hommes d’ordre ; de même les assemblées primaires municipales écartèrent les hommes de 93, lors de la suppression du conseil général de la commune-, remplacé par une municipalité composée de sept membres, citoyens estimés et purs d’excès, pré-
1. Arch. de la Somme an IV, L. Les huit élus ; Boissy d’Anglas, 233 voix; Lanjuinais, 224; Larivière, 20G ; Fermont, 180; Creuzé-Latouche, 174; Durand-Maillart, 173; Bailleul, 109; Jard-Parvilliers, 161.
La liste supplémentaire destinée à combler les vides causés par les démissions ou les options prévues : Louvet, de la Somme, 302 voix ; Baudin, des Ardennes, 262; Devérité, de la Somme, 262 ; Dusaulx, de Paris, 243; Chassée, d’Eure-et-Loir, 213; Cambacérès, 211; Petit, 209; Vernier, 207; Lofficial, 205 ; Rivery, de la Somme, 112 ; Delescloy, de la Somme, 91 ; Gérard-Scellier, de la Somme, 85. — Boissy d’Anglas est nommé par 72 collèges et Lanjuinais par 73. Celui-ci opta pçurla Somme.
2. Areh. mun. an IV, K. Affaires municipales. — Délib. BB 113, pp. 129, 149. Laurendeau et plusieurs des élus ayant démissionné, cédèrent aux instances du département et finalement acceptèrent. Cannet- Damerval, seul, persista dans son refus; il fut remplacé par Morand- Boucher.
Le conseil général de la commune a laissé les administrations ainsi organisées ; 1° un bureau municipal, chargé de la police; 2° un bureau des actes de l’état civil ; 3° un bureau des finances et travaux ; 4° un bureau des contributions ; 5° un bureau des logements et aflaires militaires ; 6° un bureau des secours, bienfaisance et voirie ; 7® un bureau des subsistances. Le bureau (ancien comité) des biens nationaux a été supprimé en fan IX.
HISTOIRE HE LA VILLE d’aMIENS.
serves ou très vite guéris de la fièvre révolutionnaire : Laurendeau, Debray-Valfresne, Pierre Somont, Chamont, Doresmieulx, Bastard-Delaroche et Cannet-Damerval. Les nouveaux administrateurs devaient faire choix d’un président : Laurendeau est élu (20 brumaire an IV, il novembre 1795).
Entre leurs mains tout décret de persécution s’évanouit. On les voit, appuyés sur la volonté manifeste de leurs électeurs, accepter, non sans hésitation, le fardeau que leur impose le patriotisme, résister au commissaire que le pouvoir exécutif a le droit de nommer pour les surveiller et les dénoncer. Ce commissaire du Directoire, le jacobin Barbier-Jenty b devrait se borner à requérir l’application des lois, mais son attitude, d’abord très froide et très réservée, ne tarde pas à dégénérer en une hostilité véritable à l’égard d’une administration dans laquelle la réaction domine sous le masque républicain.
Un arrêté municipal, approuvé de Blaux, puis de Casenave -, interdisait aux comédiens de lire ou de chanter, sur la scène, d’autres paroles et d’autres airs que ceux des pièces annoncées au programme. Or, le 1"^ pluviôse an IV (21 janvier 1796) un spectateur s’avise de demander avec insistance Y air des Marseillais; on veut lui imposer silence et il s’en suit une bagarre, dont l’administration municipale