‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 267 sur 294 · Nommé par arrêté du 25 brumaire an IV · texte numérisé non relu

Nommé par arrêté du 25 brumaire an IV

2. Antoine de Casenave, député des Basses-Pyrénées à la Convention, nommé, par arrêté du 5 thermidor an III, commissaire du gouvernement dans les départements de la Seine-Inférieure et de la Somme.

3. Arch. mun. Délib. BB 113, p. 191 v°. An IV, R^. Théâtre. «Je

vous fais passer, citoyens, trente exemplaires d’un arrêté que j’ai pris pour défendre qu’il fût lu sur les théâtres aucun écrit ou chanté aucune chanson, si ce n’est celles qui font partie de la pièce qu’on y joue. Vous voudrez bien surveiller très exactement l’exécution de la mesure qui y est prescrite et qui tient à assurer le maintien du bon ordre et de la tranquillité publique Casenave ».

LE DIRECTOIRE

prend occasion pour renouveler les arretés antérieurs concernant la police du spectacle. Par une coïncidence bizarre, Casenave, revenant sur sa décision, ordonnait ce jour-là même aux régisseurs des théâtres de faire exécuter, avant le lever du rideau et pendant les entr’actes, « les airs chéris des républicains : la Marseillaise, le Ça-iva et le Chant du départ » b

La pièce en vogue était La pauvre femme, comédie en un acte et en prose de Marsollier, représentée pour la première fois sur la scène de l’opéra-comique le 19 germinal précédent, et qui flétrissait les scènes sanglantes de la Terreur. Le public amiénois l’avait très applaudie.

La pauvre femme figurait à l’atfiche pour le 6 pluviôse. Sans consulter l’administration municipale chargée de la police intérieure du théâtre en vertu d’une loi de 1791, Barbier-Jenty interdit la représentation -. Il était facile de prévoir de tumultueuses protestations pour le lendemain ; le maire requiert le général Lanoue d’occuper militairement les abords de la salle; Chamont et Debray se tiennent dans la loge municipale, prêts à toute éventualité. On devait jouer : Les fausses infidélités et Raoul de Créquij, Au lever du rideau, le parterre trépigne et réclame à grands cris le spectacle annoncé la veille : La pauvre femme! La pauvre femme! Des rixes éclatent; la troupe fait irruption dans la salle, sépare les plus acharnés, entraîne deux des tapageurs au poste et parvient à calmer les mécontents sans que la vie de personne ait été en danger, comme on se plut à l’écrire au ministre de la police. On donna les pièces du

1. Arch. mun. an IV, R^. Théâtre. Placard imprimé notifiant un arrêté du 27 nivôse.

2. Ibidem an IV, R'-'. Théâtre. Copie de la lettre écrite par le commissaire du directoire exécutif près l’administration municipale d’Amiens, aux directeurs associés du théâtre d’Amiens, du 8 pluviôse an IV (27 janvier 1796).

HISTOIRE DE LA VILLE d’aMIENS.

programme; l’hymne des Marseillais exécuté dans l’entr’acte fut couvert d’applaudissements et la soirée s’acheva sans incident K

Laurendeau et ses collègues avaient fait leur devoir. Barbier-Jenty ne dénonce pas moins leur imprévoyance, leur faiblesse coupable, comme la cause principale des scènes scandaleuses qui se renouvelaient fréquemment au théâtre. C’est un grief à ajouter à tous ceux que des adversaires peu scrupuleux se plaisent à susciter contre l’administration municipale et contre l’administration départementale, « coupables de ne pas réprimer les manifestations de l’esprit contre-révolutionnaire; qui méconnaissent les lois les plus essentielles de la République, qui favorisent visiblement les riches, les agioteurs, les royalistes, aux dépens des républicains et principalement des acquéreurs de biens nationaux » L Usant d’un droit inscrit dans la constitution, le Directoire les révoque toutes les deux^. Rigollot remplace Laurendeau à la mairie et les hommes de 93 reviennent aux affaires^. 3 février 1796.

Carnot, qui représentait au Directoire l’élément modéré,

1. Arch. mun. an IV, K. Affaires municipales. — Ibidem. Délib. BB 114, pp. 1 et suiv.

2. Arch. de la Somme. Reg. du conseil général du département, du A septembre 1793 au 8 mai 1799, pp. 84 et suiv.

3. Discours prononcé dans la séance publique de l’installation de l’ad-

ministration municipale d’Amiens, du 9 germinal an VI (29 mars 1798), par le citoyen Laurendeau, u Nous connaissons le petit nombre d’agens qui ont secondé les vues liberticides du conspirateur Muguet, envoyé dans nos murs avec une mission de confiance qu’il a trahie pour servir les projets de ceux qui, comme lui, voulaient le renversement de la Constitution de l’an III. Il a subi la peine de ses forfaits. Oublions jusqu’à sa mémoire »

4. L’administration municipale, instituée par arrêté du 14 pluviôse (3 février), se trouve ainsi composée : les citoyens Rigollot, Baudelot, Prudhomme, Berthe, Morand-Boucher, Delaroche l’aîné, Thierry.

LE DIRECTOIRE

désapprouvait ces coups de force. « Ils sont les élus du peuple, disait-il en parlant des administrateurs de la ville d’Amiens, les prochaines assemblées primaires les renommeront; ils seront peut-être portés au corps législatif. Il est prudent de se les concilier. 11 faut bien se faire des amis pour opposer à tous nos ennemis b » Carnot voyait juste. La municipalité présidée par Laurendeau jouissait de la confiance publique. Les élections de germinal (29 avril 1797) la ramènent au pouvoir avec une imposante majorité.

Laurendeau se déclare partisan de la constitution de l’an IlL Ce qu’il condamne c’est la théorie anarchique et despotique; c’est la dictature établie par des coups d’État, exercée par l’arbitraire et soutenue par la terreur; c’est la continuité systématique des attentats contre les personnes, contre la propriété, contre les consciences. Ce qu’il réclame, c’est la fin des persécutions contre les prêtres et lé culte, contre les émigrés et les nobles. S’il aperçoit, à distance et comme un complément possible de la réaction présente, le rétablissement de la monarchie, il n’accepterait qu’une monarchie mitigée par les principes de 89 L

Le renouvellement triennal du corps législatif et des administrations locales achève la déroute des Jacobins et

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