‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 27 sur 294 · Louis II d’Ongnies, comte de Ghaulnes · texte numérisé non relu

Louis II d’Ongnies, comte de Ghaulnes

LE LOGIS DU ROI Ancien log'is des Trois -Cailloux en i83o.

LES PREMIÈRES GUERRES DE RELIGION

la réponse aux articles adoptés et qui visaient spécialement les mesures à {)rendre, afin d’enrayer la marche de l’hérésie, le développement de l’instiMiction [)Opulaire, une meilleure administration des hùf)itaux, la répression dos violences de la noblesse, la diminution des impôts, l’entretien des chemins, la création d’une douane à Amiens, la perpétuité des fonctions échcvinales, l’introduction dans la municipalité de six officiers de robe longue et l’exercice de la justice. (Décembre 1573 *).

En ce temps-là, le luxe des bourgeois contraste avec la misère du peuple. Les lois somiituaires’'^, tombées en désuétude, n’en arrêtent plus les progrès. Les esprits sérieux déplorent de voir les différentes classes de la société aller à l’envi les unes des autres au risque de ne pouvoir distinguer princes, nobles, bourgeois et manants, dans la confusion des vêtements : « Ne s’est oncques (jamais) depuis que le monde est monde vu ung tel débordement ! ^ »

1. Arch. mun. Délit. BB 41, p. 55. — Augustin Thierry. Loc. cit., T. II, p. 810.

2. Les dernières lois somptuaires dataient du règne de Charles IX. Elles avaient été promulguées en 1501, 1563 et lOG"?. Henri III les renouvellera en 1583.

3. A)xk. mun. Délit. BB 44, p. 79 v°. 22 janvier 1579. - BB 46, p. 14 v°.

(( Les chappeaulx de velours et taffetas, les pourpoincts, sayes et

chausses de velours, salins, damas et taffetas avec cappes et manteaux de taffetas, camelotz de Turquie et serges entièrement doublées de velours et bas de chausses de pure soye, » étaient, pour les hommes de toutes conditions, d’un usage d’ordinaire, comme, pour les femmes, « les robes de velours, satins, damas et talïétas, cotillons de mesme, de plusieurs coulleurs, soit cramoisy ou autres, avec tels enrichissementz que Roy, princes et princesses, seigneurs et dames n’en sauraient porter de plus riches et excellens .... »

« A ceste cause, le procureur vous somme à ce que vous aïez à informer les habillementz qui se portent en ceste ville et des bancquetz excessifs

qui s’y font et, pour ce, mander les tailleurs d’habitz et broudeurs

de ceste ville, leurs femmes et serviteurs et les oyr des accoustremens

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

Le procureur fiscal s’en émeut. Faire passer les habitants d’Amiens pour beaucoup plus riches qu’ils sont et justifier l’imposition de taxes nouvelles n’en serait pas le moindre inconvénient. Il requiert donc une sévère répression, mais le mayeur se refuse à exercer des poursuites et à remettre en vigueur des lois que personne ne songeait à ressusciter à Paris ou ailleurs. La population est tranquille, pourquoi s’exposer ce à noise et division? »

qu’ils ont faict deppuis un an à ceulx de ceste ville et les estoffes et

enrichissemens qu’ils y ont mis »

Le 22 fe'vrier 1583 {Pieg. aux Chartes AA 17, p. 33 v°) l’échevinage réédite par ordre du Roi l’ordonnance « pour les accoustremenz et bancquetz. » Elle est extrêmement curieuse et donne le détail du costume de l’époque.

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