‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 272 sur 294 · Société d’Émulation d’Abbeville. Bidlefm, 1898, p · texte numérisé non relu

Société d’Émulation d’Abbeville. Bidlefm, 1898, p

3. Arch. mun. Délib. BB 121, p. 41 v°. 23 fructidor an VII (9 septembre 1799). « Vu l’arrêté de l’administration départementale de la Somme, en date de ce jour, portant que Tadministration municipale d’Amiens est requise de faire faire les visites domiciliaires autorisées par

la loi du 26 thermidor dernier Art. 1®^. Les Visites domiciliaires

autorisées par la loi du 26 thermidor dernier, pour l’arrestation des embaucheurs des émigrés rentrés, des brigands, auront lieu demain 24 fructidor. — Art. 2. Ces visites seront faites dans les six, sept maisons portées au tableau qui sera ci-annexé » Les visites ont lieu, on

ne trouve rien de suspect.

4. Donné. Jour7ial manuscrit appartenant à M. A. Dubois. (2 fructidor an VII, 19 août 1799).

5. Arch. mun. Délib. BB 121, p. 71. « L’hiver approche; les nombreux ouvriers de la commune sont réduits à l’indigence par la cessation du commerce et des manufactures. Tout dépérit et tombe en ruines, faute de réparations. Les employés ne sont pas payés. Il n’y a seulement pas moyen

LE DIRECTOIUE. .‘>81

une crise inévitable. On s’attend à une révolution politique dont Paris donnera le signal \

Les victoires répétées des armées de la Piépublique opèrent une diversion que l’administration municipale s’empresse de mettre à profit. En donnant à la fête décadaire du 20 vendémiaire an YIII (Il octobre 1799) le caractère d’une réjouissance patriotique pour célébrer dignement les succès de Bonaparte et de Masséna ; en promenant, ce jour-là, à travers la ville le cortège officiel de toutes les autorités militaires et civiles; en conviant la population à des danses et à des banquets. Le Caron-Grépin ^ cherche à faire trêve aux préoccupations.

Quatre jours après, Bonaparte rentrait à Paris et l’enthousiasme éclatait jusqu’au délire. Son immense popularité, jointe à l’ascendant qu’il exerçait sur l’armée et au besoin de repos qui se manifestait de plus en plus en France, rendait un coup d’État possible. On connaît l’histoire du -18 brumaire; ce jour-là la Bépublique se réfugia sous la tutelle du sabre.

Le surlendemain, toutes les troupes de la garnison d’Amiens se trouvaient rangées en armes à la Ilotoie pour la solennelle prestation du serment et l’installation d’Alexandre Debray- Valfresne, nouvellement élu chef de brigade de la garde nationale. La cérémonie venait de prendre fin, quand arriva la nouvelle des graves événements accomplis à Paris. Aussitôt la municipalité invite les habitants à demeurer unis, attachés loyalement à la constitution et aux lois, en

de subvenir à la dépense du chauffage de la chambre du conseil et des

différents bureaux de l’hôtel de ville » (21 vendémiaire an VIII,

12 octobre 1799).

1 . Donné. Journal manuscrit précité. « Ce jour, 9 fructidor (26 août 1799), on attendait un changement subit dans notre gouvernement. Rien n’a paru. »

2. Le CAnoN-CuÉPiN nommé administrateur municipal (maire) au lieu de Rigollot démissionnaire, 23 vendémiaire an VI (14 octobre 1797).

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

attendant les effets heureux, pour la liberté, le bonheur et la paix de la patrie, de la résolution prise par le Conseil des Anciens de transporter le Corps législatif dans la commune de Saint-Cloud ^ ».

La révolution de brumaire fut accueillie dans notre ville avec une faveur marquée et l’avènement de Bonaparte au pouvoir considéré comme une garantie de salut. Florimond Le Roux accepta provisoirement la mairie. Chacun se félicitait dans la perspective d’un avenir meilleur. Il semblait que, du premier jour, on entrevît l’édifice social relevé, la religion restaurée, l’industrie encouragée, la paix d’Amiens, couronnement des œuvres consulaires. Toutefois, lorsque la Constitution de l’an YIII eut organisé au profit de Bonaparte, sous les dehors trompeurs des appellations républicaines, le despotisme qui prépara l’empire, les moindres ressorts de la hiérarchie des pouvoirs publics aboutirent à lui, se reliant l’im à l’autre comme les anneaux étroitement soudés d’une grande chaîne. Royalistes, constitutionnels, thermidoriens-, réunis dans un but d’apaisement, acceptèrent avec une soumission égale les fonctions administratives et judiciaires, agents dociles du chef de l’État dans les mains de Quinette^ premier préfet de la Somme, installé le 1" germinal an VIII (22 mars 1800). Un gouvernement beaucoup plus absolu que la monarchie treize fois séculaire dont la

Page 1