‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 271 sur 294 · Arch. mun. Délib. BB 121, pp. 9, 12 v°, 28 v · texte numérisé non relu

Arch. mun. Délib. BB 121, pp. 9, 12 v°, 28 v

2. Ibidem an VII, H. Affaires munieipales. Avertissement de l’administration municipale de la commune et canton d’Amiens à ses concitoyens conscrits de toutes les classes. 13 thermidor (1°'' août). — Adresse de l’administration municipale d’Amiens à ses concitoyens. 17 thermidor (5 août). — Adresse de l’administration municipale du canton d'Amiens à ses concitoyens sur la loi du 19 fructidor an VI, relative à la conscription militaire. 13 vendémiaire (4 octobre). — Avertissement de l’administration municipale de la commune et canton d’Amiens aux jeunes citoyens de la première classe. 24 vendémiaire (15 octobre).

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

On donnait, au théâtre, Raoul de Créqui, le J 8 thermidor, jour fixé pour le rassemblement du contingent qui devait être dirigé sur Péronne h A cette apostrophe d’un vassal de Créqui : « Que ceux qui déclarent la guerre la fassent eux-mêmes! » un spectateur répond : « Ils sont trop lâches! » Et la salle entière d’éclater en de frénétiques applaudissements et de réclamer VIntérienr des Comités révolutionnaires, où les brutalités des démagogues se trouvent peintes sous les traits les plus saisissants. Le rideau tombe, la représentation est interrompue par ordre, les assistants se répandent aussitôt à travers la ville, hurlant, vociférant, frappant à coups redoublés à la porte des notoriétés du jacobinisme, enfonçant leurs croisées, les brisant à coups de pierres. Les cris « mort aux Jacobins » retentissent mêlés aux acclamations de « vive Louis XVIII ». Pendant cette nuit, l’arbre de la liberté de la Hotoie est abattu à coups de sabre.

Le lendemain, une proclamation de la municipalité invite les hommes de bonne volonté à se joindre à la garde nationale pour dissiper l’émeute. Le soir venu, l’administration se tenait en permanence à l’iiôtel de ville, lorsqu’à la faveur d’une obscurité profonde, un premier, puis un second groupe de manifestants débouchent de la rue des Jeunes-Mâtins, chantant à tue-tête le refrain alors réputé séditieux : Où peut-on être mieux qu’au sein de la famille, interrompu par les cris : ci A bas l’administration! A bas les Jacobins!

1. Arch. miin. an VII, iq Police politique. Rapport des commissaires de police de la commune et canton d’Amiens, du 20 thermidor (8 août). Original signé : M utinot, Bretaigne, Lefebvre-Lotiquet, Dompierre et Glène.

« Le parterre ne s’est trouvé composé presque de jeunes gens bien vêtus, paraissant n’appartenir qu’à des familles aisées..... les nommés Godard fils. Buvette fils. Barras fils, Codevelle fils, Candeillier fils, Belannoy fils, Bevaux fils, Haloi fils, etc..... » — Arch. mun. Délit. BB 121, pp. 13 et suiv. 18 thermidor an VU (6 août 1799).

LK DIREGTOIRK.

A bas les gueux! » Plusieurs citoyens, mêlés à des gardes nationaux, s’étant avancés contre eux, se virent assaillis [)ar une grêle de pierres et furent reçus à coups de pistolet, auxquels ils ripostèrent. Il y eut des blessés. J.es jeunes gens se dispersèrent en criant : « Aux armes ! on nous assassine! »

On accusa les officiers municipaux d’avoir fait tirer des fenêtres de l’hotel de ville; ils s’en défendirent. Après une nuit relativement calme, sept à huit cents bourgeois s’emparent de deux canons, se rangent en armes sur la place de la maison commune et se déclarent prêts à faire feu si un seul des chasseurs de l’escadron de cavalerie qui protège la municipalité contre leurs agressions s’aventure au delà de la rue de Metz. La troupe de ligne et les bourgeois demeurent ainsi en présence jusqu’à une heure avancée de la nuit L

L’attitude provocante de Gay-Vernon -, que le Directoire avait récemment envoyé en qualité de commissaire près l’administration départementale, contribue à entretenir l’irritation. Amiens est déclaré en état de siège. (25 thermidor, 12 août 1799) 'h Le général Potel adjure à son tour les jeunes gens (( de se montrer enfin Français et de demeurer sourds à la voix de ceux qui cherchent à les détourner du plus sacré

des devoirs » Ce vieux soldat, « blanchi dans les camps

et couvert de blessures », cherche à rallier tous les citoyens autour de la Constitution, les supplie « d’oublier les haines,

1. Arch. mun. an VII, 1”^. Police politique. Lettres et rapports ayant trait aux journées de thermidor; placards. — Avertissement de Uadministration municipale d'Amiens à ses concitoyens pour les prémunir contre les manœuvres des ennemis de la tranquillité et contre les rumeurs qu'ils répandent pour diviser les citoyens et troubler la commune. Amiens, de l’imprimerie Patin et G*®. — Délib. BB 121, p. 29. Thermidor an VU.

2. Léonard Gay-Vernon, curé de Limoges, évêque constitutionnel de la Haute-Vienne, député de ce département à la Convention.

3. Arrêté du Directoire exécutif, du 2b thermidor, publié à Amiens le 30.

HISTOIRE HE LA VILLE H’amIENS.

sources de toutes les dissensions, et les dénominations outrageantes qui semblent désigner aux poignards un certain nombre d’entre eux ^ d

Des colonnes mobiles, composées de gardes nationaux étrangers à la localité, établissent dans les maisons des conscrits des postes avec ordre de n’en pas sortir tant que ceux-ci n’auront pas satisfait à la conscription. La colonne mobile d’Amiens opère à Abbeville, celle d’Abbeville à Amiens Les jeunes gens se décident à partir, mais l’agitation ne se calme pas, entretenue qu’elle est par les visites domiciliaires 3 et, principalement, par l’exécution, sur le Grand Marché, d’un malheureux officier de santé. Honoré Abard, condamné à la peine capitale pour avoir travaillé à la restauration monarchique et qui gravit les degrés de l’échafaud en s’écriant : Vive le Roi ! Je meurs pour le Roi ! ^ Le découragement est général ^ Chaque jour fait pressentir

1. Arch. mun. an VII, P. Proclamation du général Potel, commandant dans le département de la Somme et la commune d’Amiens, en état de siège, aux citoyens de ladite commune. Délib. BB 121, p. 29.

Page 1