SECONDK INVASION DES IMPÉRIAUX EN PICARDIE. T
de balles de marchandises. II importe, écrivait-il, de s’assurer que la voiture ne dissimule [las un stratagème et que les charretiers ne sont pas des ennemis déguisés. Les Amiénois avaient bien oublié ces prescrifitions, le i I mars 1597 ! 1
Coligny veut inaugurer la lieutenance générale de Picardie par quelque coup d’éclat. Rompant tout à coup la trêve de Vaucelles sans la dénoncer, il tente un coup de main sur Douai; il échoue et cette conduite insensée porte bientôt ses fruits.
Dans les premiers jours de juin (1557) Philippe II, qui venait de succéder à Charles-Quint sur le trône d’Espagne, fait envahir le nord de la France par une puissante armée sous les ordres du duc Philibert-Emmanuel de Savoie.
Coligny veut être le premier à défendre sa province, et se jette avec quelques troupes légères dans la place de Saint- Quentin au moment où l’ennemi l’investissait. La ville est sans défense, la forteresse en très mauvais état, la garnison à peu près nulle. Le connétable de Montmorency tente de la secourir et essuie, au moment de pénétrer dans la place, la terrible défaite du 10 août. Le désastre fut immense ; l’armée française était anéantie et l’on raconte qu’apprenant dans la retraite où il vivait, le résultat de la journée de saint Laurent, — la bataille de Saint-Quentin est connue sous ce nom en Espagne, — le vieil empereur s’écria : « Mon fils doit être à Paris. »
L’archevêque d’Arles, chargé par Henri II d’informer aussitôt les Amiénois de la fatale issue du combat, arrive le surlendemain vers dix heures du matin. Introduit dans la chambre du Conseil, le prélat communique les lettres
I. Arch. mun. Délib. BB 30, p. 44. « Lordre que mous, lamyral vœult estre gardé désormais par les villes et places de son gouvernement de Picardye.. .. Abbeville, le 21 janvier 1556. »
8 HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
du Roi, rédigées de façon à atténuer les conséquences du désastre :
« Il y a eu quelque défaite de nos gens de pied auprès de la ville de Saint-Quentin, laquelle défaite n’est si grande et en icelle n’ont perdu la vie ni été pris prisonniers gens de si grande qualité, comme aucuns malins esprits en font
courir le bruit Ayez à faire bonne garde et munitions
de blés et autres vivres en votre ville, pour nous en aider et en secourir les villes circonvoisines et même faites sonner le tambourin dans les villages, pour amasser gens pour la garde de votre ville si vous voyez que besoin soit »
La consternation est générale. Qu’il entre dans les plans du vainqueur de descendre le cours de la Somme, deux journées de marche l’amèneront aux portes de la ville. Comment résister à une armée de trente-cinq mille fantassins et de douze mille chevaux, appuyée d’une artillerie nombreuse? La muraille présente encore plus d’un point vulnérable, en dépit des travaux effectués depuis un demi-siècle. Par ordre du Roi, les fauconneaux, les canons ont été successivement envoyés, pour les besoins de la défense nationale, à Péronne, à Gorbie, à Doullens, à Saint-Pol, à Hesdin, à Thérouanne et ailleurs. Aucun n’a été encore rendu. Donc, pas d’artillerie.
Le mayeur d’Ainval et les échevins, effrayés des responsabilités de la situation, s’adjoignent un certain nombre de membres du clergé et de gentilshommes ^ dont l’ardeur
I. Arch. mun. Délib. BB 30, p. 110. « Ensuyvent les noms de ceulx que l’on évocquera à la dicte assemblée : Le vicaire mons. l’évesque d’Amiens. Les doyen et chanoines du Chapitre. Mons. le général d’Estourmel. Mons. de Lozinghem. Mons. le lieutenant général civil. Mons. le lieutenant criminel. Mons. Antoine Le Quieu. Mons. le receveur général Canteleu. Mons. le receveur général le Fevre. Mons. le lieutenant du capitaine du guet. Mons. de Montigny. Mons. de Hénencourt. Mons. de Gontallemaison. Mons. de Hangest. Mons. de Glisy. Mons. de Frami-