‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 5 sur 294 · SECONDE INVASION DES IMDÉUIAUX EN PICARDIE · texte numérisé non relu

SECONDE INVASION DES IMDÉUIAUX EN PICARDIE

patriotique trouve l’occasion de s’aflirmcr une fois de plus. On décrète la corvée en masse pendant trente jours ^ afin d’approfondir les fossés et de rehausser le rempart entre la tour de la Haye et la ])orte de Paris. Hiches et pauvres, prêtres, moines, bourgeois privilégiés ou non, ])rennent la pelle et la pioche; jeunes filles et jeunes garçons de seize ans et au-dessus portent sur le dos la hotte remplie de terre. Les arbres qui gêneraient le tir, les haies derrière lesrjuelles l’ennemi se dissimulerait, sont abattus. L’église Saint-Pierre est rasée et l’abbaye de Saint-Jean très menacée. Les uns voudraient qu’on la démolît parce que ses bâtiments peuvent occasionner « nuysance » ; d’autres qu’on se bornât à les saper par la base et à les étayer provisoirement

Les rumeurs les plus sinistres circulent. On assure que les Impériaux ont résolu d’envahir Amiens. Trente ou quarante Bourguignons, prisonniers de guerre, logés à l’hôtel du Cygne et à l’hôtel du Cardinal, allaient et venaient librement. Sous le prétexte qu’ils pourraient, en cas d’alerte,

court. Mons. de Fiers. Mons. Picquet. Mons. de Nybat. Mons. Scourrion. Mons. le procureur du Roy. Messieurs les advocats du Roy. Mons. de Drœul. Mons. de Lestoille. Maître François aux Cousteaulx. Maître Jehan le Roy. Maître Jehan de la Fosse. Mons. de Canteleu esleu. Mons. de Bertangles.

1. Arch. mun. BB 30, p. 130. — AA 14, p. 107. « Pour besongner en la plus grande et extrême dilligence » aux endroits les plus menacés, chacun des chanoines fournira à ses dépens un homme par jour. Les curés, chapelains et autres bénéficiers, un homme pour deux. Chacune des portes déléguera quatre hommes. Huit privilégiés en donneront quatre ; de même les religieux non mendiants et les femmes veuves. Chaque escouade du guet de vingt-cinq hommes, également quatre hommes. — A.\ 14, pp. 108 v°, 117. Ceux qui sont disposés à travailler personnellement se feront inscrire à Thotel de ville. Les autres payeront le prix des journées. — « Il sera besongné aux ouvraiges, aux mérelles, » soit deux Carolus par chaque cent de mérelles ou de jetons gagnés par les ouvriers porteurs de hottes.

2. Ibidem. Dclib. BB 30, p. 125 v°. 29 août 1557. — BB 32, p. 82.

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

incendier leur auberge et causer une diversion dangereuse, on les enferme dans une cave b L’échevinage, d’ordinaire si jaloux du privilège de s’en tenir, pour la garde de la ville, aux seules ressources de la milice urbaine, sollicite l’envoi d’une armée de secours, et le Roi, c( qui prend soin de la conservation de sa bonne ville comme de ses propres enfants^ », promet de faire camper entre Amiens et Abbeville quatre mille lansquenets, prêts à renforcer, au besoin, la garnison. Le connétable de Montmorency est nommé commandant en chef de la place en même temps que les sires de Ghaulnes et de Morvilliers reçoivent l’ordre de tenir leurs compagnies de gendarmerie à la disposition du mayeur

Par bonheur, les résolutions promptes et hardies n’étaient point dans le caractère de Philippe IL 11 ne sut pas tirer parti de l’affollement des vaincus et s’obstina au siège de Saint-Quentin. Goligny était grand surtout dans la mauvaise fortune ; sa ténacité, la valeur des habitants, prolongèrent la défense au delà des limites que l’on prévoyait et, lorsque la place fut emportée d’assaut, l’héroïque amiral ne laissa qu’un monceau de ruines au duc de Savoie, mais Amiens était sauvé.

Tandis qu’un mouvement national agitait le pays, que les levées d’hommes et d’argent se faisaient de toutes parts l’armée espagnole se disloquait d’elle^même, décimée

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