Arch. mun. Délib. BB 49, p. 60 v°. 2 janvier
La création d’une chambre des finances s’impose, ainsi que la nomination d’un receveur général de l’Union en Picardie. On choisit Antoine de J>ernyet l’on décrète toute une série de mesures fiscales : confiscation, vente des meubles et saisie des revenus « de ceux qui ne sont pas du parti », ordre aux gouverneurs de Doullens, d’Abbeville, de Péronne, de Montdidier, de Montreuil et de Noyon, de centraliser désormais entre les mains de Berny les deniers provenant des recettes de leurs élections, emprunt de douze mille écus, etc. Pour éviter les revendications du trésorier général de France, Nicolas de Lan, on l’emprisonne, et le contrôleur général des finances est remplacé L
1. Arch. mun. Délib. BB 49, p. 61 et saiv. 3 janvier 1589 et jours suivants.
« Les deniers provenant et deppendans de l’élection de Doullens se rapporteront à la recepte générale en ceste ville. »
« Les commis aux traites foraines seront mandés pour apporter leurs registres. »
« Sera faict arrest du revenu des abbayes et prieurés tenus par ceux qui ne sont pas du party. »
« Toutes les abbayes possédées par des gens laies (en commande) seront saisies. »
Saisie des deniers provenant de la vente du sel à Grandvilliers.
<( Sera expédié mandement de 250 escus sur Tabbaye de Corbie pour la réparation des brèches de cette ville. »
« Ordonné qu’il sera saisy et faict inventaire des biens de ceulx contre lesquels a esté décrété prinse de corps, ou qui sont absents et des gentilshommes quy portent les armes contre ceux de l’Union, et procedder à la vente de leurs biens meubles, le revenu arresté. »
Injonction à ceux qui savent où est l’argent du comte de Chaulnes de venir le révéler.
Les officiers municipaux de Montdidier feront inventorier les biens trouvés et confisqués au château du Chaussoy.
Bail à Jehan Dohier du revenu de l’abbaye de Forestmontiers.
Saisie ordonnée de tout ce qui est dû au cardinal de Vendôme, à cause de la vente de ses bois de la Faloise.
Les biens trouvés au logis de M. de Humières seront vendus au profit de la cause, etc.
Un peu plus tard viendra la saisie des revenus des abbayes du Gard, de Selincourt, de Valloires, de Saint-Josse-sur-Mer, de Saint-Hiquier ; des prieurés de Lœuilly, Lucheux, Dompierre, Hornoy, Gamaches, Boves, etc. Arch. mun. AA 119. Procès-verbaux des États établis à Amiens.
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
Les villes de la provinee sont invitées à adhérer au nouvel état de choses. On écrit à Beauvais, à Saint-Quentin, à Ghauny, au Havre-de-Grâce, à Rouen et ailleurs; même aux prévôts des marchands et échevins de Paris, dans l’espoir que la capitale du royaume « entrera au party. »
Gependant toutes les cités ne sont point disposées à accepter les empiétements de la Ghambre, que certaines d’entre elles persisteront à appeler la Chambre des États d'Amiens. Saint-Quentin, qui se trouve sous l’influence directe du duc de Longueville, répond par une fin de nonrecevoir, à laquelle l’échevinage riposte en déclarant « ennemis de l’Union » quiconque trafiquerait dans l’avenir avec les marchands de cette ville.
Dans un premier élan, les Abbevillois avaient juré de ne se séparer jamais d’Amiens, mais la réflexion venue, ils refusent de sanctionner l’établissement d’une Ghambre trop puissante, au profit d’une municipalité rivale : « Ils sont voisins et non sujets d’Amiens. » Ge qu’ils voudraient, c’est une représentation véritable des trois états de la province; représentation à la fois délibérante et dirigeante. Disposés à ratifier ce que les Amiénois ont pu faire, entraînés par une émotion puissante, iis demandent la convocation régulière des États de Picardie L La proposition avait été examinée et nullement repoussée, lorsque la Ghambre du conseil invite les villes du gouvernement à procéder à l’élection du duc d’Aumale ^ en qualité de gouverneur de la province et
1. Arch. mun. Délib. BB 49, p. 124. — E. Prarond. La Ligue à Abbeville, T. II, p. 34 et suiv.