‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 46 sur 294 · Arch. mun. Délib. BB 49, pp. 52 et suiv · texte numérisé non relu

Arch. mun. Délib. BB 49, pp. 52 et suiv

8^ HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

et échevins, décrètent, le 31 décembre 1588, l’institution d’une Chambre du conseil composée de vingt membres : deux échevins avec un nombre égal de députés du clergé, de la noblesse, de la bourgeoisie et des gens de justice b En cas de partage, entre les représentants du clergé et de la noblesse et les représentants du tiers état, la voix des échevins serait par conséquent prépondérante.

La Chambre du conseil, formidable machine de guerre dirigée contre le gouvernement de Henri 111 et contre ce qu’on appelle alors le parti des politiques, s’intitule, deux jours après. Chambre des États, puis Chambre des États de Picardie ou Chambre du conseil des États, dans l’espoir de rallier plus facilement les adhésions de toutes les villes de Picardie. Ses pouvoirs sont illimités ; le programme politique l’est aussi.

La chambre des États substitue son autorité à celle du Roi et décide que toutes les villes catholiques et confédérées

De TÉtat ecclésiastique :

De la Noblesse

Arch. mun. Délit). BB 49, p. 57 v°. Membres de la chambre des États : François Roze, doyen du chapitre.

M® Louis Carquillault , grand vicaire de l’évêque M® Charles Goeudon, chanoine.

M® Nicolas Gaudran, chanoine.

Monsieur le vidame d’Amiens.

Monsieur de Chocqueuse.

Monsieur de Saveuse.

Monsieur de Bonviller,

M® Jacques Picart, lieutenant criminel.

M® Adrien Picquet, lieutenant particulier. Adrien de Marœuil, conseiller.

Godefroy de Bâillon, procureur du Roi.

Sire Nicolas de Nybat, ancien mayeur.

M® Quentin Quesnel, président en l’élection. M® Charles Gorguette, esleu.

M® Antoine de Berny, recev^ général du taillon. Sire François Gauguier, ancien mayeur.

Sire Philippe du Béguin, ancien mayeur.

De la Justice

De la Bourgeoisie :

Des Échevins

de la province seront invitées à envoyer leurs députés, afin de s’entendre sur les mesures à jirendre; que les capitaines et les lieutenants^ des compagnies de quartiers et les chefs de porte d’Amiens seront immédiatement convoqués à son de trompe, et introduits dans la chambre du conseil, pour les consulter sur l’opportunité de tout ce qui a été décidé depuis vingt-quatre heures.

Tel est le degré d’avilissement de l’autorité souveraine, si grande est la confusion résultant de trente années de guerres civiles, si poignante la douloureuse émotion causée par les événements de Blois, que personne ne proteste. Personne, pas même les agents du pouvoir : le procureur du Roi accepte de faire partie de la Chambre !

Rien ne semble être plus logique, quand la Sorbonne vient de déclarer le peuple délié du serment de fidélité envers le Roi violateur de la foi, de la sainte Union, de la naturelle liberté des trois ordres du royaume ; lorsqu’on réponse aux lettres du duc de Longueville et du lieutenant général de Grèvecœur, qui cherchent a atténuer l’effet des événements de Blois, le duc d’Aumale dénonce aux villes picardes « le massacre abominable et la détention de tant de gens d’honneur, qui n’attendent qu’un cruel supplice par la main des

bourreaux d 11 les supplie « de maintenir la sainte Union,

de se tenir la main pour la défense de la religion » et s’écrie : « Notre cause est si bonne et si équitable que nous

d. Augustin Thierry. Loc. cit., T. II, p. 965. Dans le but d’assurer son omnipotence et celle delà Ligue, l’échevinage avait remplacé, quelques mois auparavant, les quarteniers et les dizainiers par vingt et un capitaines à vie, choisis parmi les bourgeois, qu’il espérait plus aisément asservir à sa politique. C’était une main-mise sur la milice urbaine ; on en faisait l’instrument du fanatisme. Henri III avait interdit la nouvelle institution, qu’il jugeait contraire aux traditions et dangereuse pour la liberté et la sûreté des habitants. En convoquant les capitaines dont la nomination n’était point approuvée, la Chambre des États s'insurgeait directement contre l’édit du Roi qui porte la date du 18 septembre 1588.

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serions ennemis de nous-mêmes si nous nous abandonnions. C’est la cause de Dieu. Espérons de sa bonté et miséricorde Nous avons résolu d’envoyer aucuns de nos

citoyens à Rome vers notre Saint Père le Pape, pour représenter le danger auquel la religion est exposée et implorer le secours de sa bénédiction, d

La constitution accordait le pouvoir législatif à la Chambre des États et le pouvoir exécutif à l’échevinage qui lance immédiatement une proclamation : ^

« Le Roi, par ses lettres du 23 décembre, nous ayant mandé comme il avait fait perdre la vie à Mgr le duc de Guise et ayant été avertis, d’autre part, que plusieurs bons princes, députés des provinces, zélés à l’honneur de Dieu et rétablissement de ce pauvre royaume, y ont aussi perdu la vie, en se préparant de faire mourir ce qui reste de gens de bien détenus prisonniers, les habitants de la ville d’Amiens se sont résolus de prendre les armes pour la manutention de la religion catholique, apostolique et romaine, se délibérant d’y exposer leurs vies et leurs biens, à quoi ils exhortent tous et un chacun les bons gentilshommes à les assister; et, à cette fin, d’eux acheminer promptement en ladite ville, pour donner avis et faire ce qui sera expédient pour la conservation de l’honneur de Dieu et de la religion et sûreté de la province; déclarant ceux qui prendront parti contraire ennemis et traîtres à Dieu et à la patrie, faisant défense, sur peine de la vie, à toutes personnes de quelque qualité ou condition qu’elles soient, de s’élever en ladite province qu’elles n’aient pouvoir, mandement et aveu, signé des maire, prévôt et échevins d’Amiens, excitant chacun en son regard à faire le semblable. »

Il fallait de l’argent pour subvenir aux premières et aux plus indispensables dépenses de l’organisation des troupes.

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