François de Saisseval, écuyer, seigneur de Pissy
rebelle et recrutent des troupes de cavalerie et d’infanterie b Bonvillers accepte de Mayenne les fonctions de maistre de camp du régiment de Picardie. Détail curieux : Dellenglise se trouve être le beau-frère de Maigneulx, l’oncle de Forceville et l’allié de Chocqueuse. Ceux-là guerroyaient en famille.
Le manifeste de Balagny à la noblesse picarde donne la mesure de l’exaltation qui anime les ligueurs de la contrée: « Les auteurs des massacres, inhumainement commis sur la personne de messeigneurs le cardinal et le duc de Guise, tendent à nous priver de la religion de nos pères. Ils veulent introduire l’athéisme. En échange de la liberté des Français, ils nous réservent le joug d’une perpétuelle servitude. Les villes zélées à l’honneur de Dieu et au rétablissement de ce royaume en sa première splendeur, prennent les armes. Que les gentilshommes, en la main de qui doivent être force et vertu, fassent preuve de générosité et de zèle! qu’à ces malheureux desseins ils s’opposent de toutes leurs forces ! que tous s’équipent promptement d’armes et de chevaux; qu’ils se rendent sous huit jours, ceux du Ponthieu, à Saint-Riquier; ceux du Beauvaisis, à Breteuil ; ceux des prévôtés de Beauquesne, de Fouilloy, de Doullens et du Vimeu, à Corbie ; ceux de Péronne, Montdidier et Roye, à l’armée de Balagny : faute de quoi, leurs biens seront saisis et eux seront poursuivis comme traîtres à Dieu et à la patrie ! »
Investi, à l’improviste, d’un pouvoir dictatorial, obligé de faire face aux nécessités multiples de la guerre, constam-
1. État des gages attribue's aux compagnies de gens de pied levés par ordre de la Chambre (BB 49, p. 71) :
Le capitaine . .
sols
par
jour (6 fr. 70)
Le lieutenant. .
(4 fr. 80)
L’enseigne . .
(4 fr. 05)
Le sergent . .
(3 fr. 20)
Le soldat . . .
(1 fr. 60)
Arc fl. mun. Reg. aux
Chartes AA 1
22 février 1589,
ment sur le qui-vive, parce que les adversaires politiques du dedans sont aussi redoutables que les ennemis du dehors, l’échevinage déploie une activité fiévreuse pendant les premiers mois de sa nouvelle transformation, et cette activité s’étend d’un bout à l’autre de la province.
Dans ces limites ^ pas un château dont on ne cherche à s’emparer ou qu’on ne mette en état de défense. Mettre une place en état de défense s’entend alors d’y envoyer deux cents soldats avec trois pièces d’artillerie et trois barils de poudre, ou bien cinquante chevau-légers qui battront l’estrade. Les troupes dont on dispose, en dehors de la milice urbaine, atteignent à peine le chiffre de 2,000 hommes, compris les renforts amenés de Cambrai et la cavalerie commandée par Forceville et SaissevaP.
La terreur règne dans Amiens. La police recherche activement (( les mal affectionnés au parti, » les fait jeter en prison, confisque leurs biens 3. Le bailli d’Esclebecq ^ n’échappe point à la vindicte. Ghocqueuse le remplace.
La présence de la famille de Longueville met la ville à l’abri d’un retour offensif, la moindre hostilité pouvant devenir funeste aux princesses, dans l’état d’exaspération des esprits. Le Roi reproche aux mayeur et échevins d’entraver
1. Envoi de troupes, de munitions ou d’argent à Corbie, Délib. BB 49, pp. 60 v°, 69, 8 J ; Lihons, 68; Montdidier, 68 v°; Conty, 68, 82; Montreuil, 69, 86 v°; Péronne, Breteuil, Saulchoy, Avesnes, Folleville, La Faloise, les Ruisseaux, AA 120; Rue, 81 v°; Doullens, 82; Gerberoy, 84 v°; Ham, 84 v®, 128, 155; Rubempré, Contay, 125; Moreuil, 67, 126; Noyon, 132; Béthencourt, 128; Pont-Remy, 131 v°; Crèvecœur, 134 v°; Abbeville, 155; Davenescourt, 174 v°; Airaines, 86.
2. Arch. mun. AA 120. 9 janvier 1589. « Il sera baillié liste aux sieurs de Saisseval d’Armoise et de Forcheville pour lever le plus de cavallerye qu’ils pourront, tant en l’élection d’Amiens, que Montdidier et ailleurs où ils pourront. »