Antoine de Halluin, seigneur d’Esclebecq et de Wailly
leur liberté; on ne daigne pas lui répondre. Geoffroy de la Marthonie, qui s’était engagé, en quittant lilois, k user de son autorité pour obtenir fpi’on la leur rendît, n’ose même pas en parler, et s’attire, de la part du duc de Nevers, cette verte leçon : « 11 n’y a eu homme au monde plus vicieux en sa qualité d’évesqiic. » ^
Le 27 décembre 1588 avait commencé, pour les infortunées princesses et pour le comte de Saint-Pol, la plus douloureuse des captivités. Le logis des Trois Cailloux était spacieux, isolé, de difficile garde Quarante-huit heures après que la chambre des États eut résolu de retenir la famille du gouverneur en otage, on décidait de les transférer dans la maison de François Pingré, située non loin de riiôtel de ville.
Mises au secret, privées de communications avec les amis les plus dévoués, un instant séparées du comte de Saint-Pol, réduites à ne pouvoir remplir leurs devoirs religieux, que sous l’œil scrutateur de deux échevins et après avis des docteurs, parce qu’elles « pourraient être en excommunication comme tenant le parti du tyran, » les princesses sont l’objet de nombreuses vexations. Se promènent-elles, le soir, dans le jardin, on craint une évasion. Prennent-elles plaisir aux ébats de jeunes enfants, que la pitié des geôliers laisse pénétrer dans leurs appartements, « il pourrait advenir plusieurs communications par écrit ou autrement. » Cherchent-elles une diversion dans la facilité qui leur est offerte