‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 54 sur 294 · Ibidem. Dëlib. BB 50, p. 7 v°. 6 mai · texte numérisé non relu

Ibidem. Dëlib. BB 50, p. 7 v°. 6 mai

3. Ibidem. Délib. BB 50, pp. 31 v“, 51. 25 mai 1589. « A esté arresté que les personnes cy après nommées et qui notoirement sont suspectz au party de TUnion seront tenuz prester à la cause les sommes qui enssuivent. » L’écu vaut 48 sols tournois, le sol tournois vaut 0 fr. 26695

de notre monnaie.

Jacques Dècle 40 écus

Jacques Ricard 30 »

Jehan Lhoste 15 »

Pierre Garel 15 »

Jehan Coreur 15 »

François Senée 20 »

Guillaume Dufour 20 »

Antoine Senée 20 »

Pierre Dufour 15 »

« Il importe à notre religion, à la piété que nous devons avoir envers la patrie, envers nos femmes, nos enfants et nous-même, de se procurer des deniers. Nous avons fait le serment sur les saints évangiles de l’exposition de notre propre sang et de notre propre vie et d’y exposer jusqu’au

dernier denier de tous nos moyens » Et « les plus aisés

consentent à donner 20 écus, les moindres, 15 écus, les plus moindres, 10 écus, et les derniers 5 écus. »

Les circonstances étaient graves. Le conseil (jénéral de r Union avait investi le duc de Mayenne de tous les pouvoirs exécutifs sous le titre de « lieutenant général de l’état royal et de la couronne de France » L Les actes officiels, les ordonnances, se rendaient en son nom. L’échevinage d’Amiens s’empressade jurer fidélité au chef du gouvernement installé par les catholiques. Il n’était plus une province, plus une place, qui ne se fût déclarée ou pour la Ligue ou pour les calvinistes. C’est alors qu’Henri III se décida à faire des avances à Henri de Navarre. Le Plessis-lès-Tours vit se consommer l’accord qui acheva d’exaspérer les Amiénois.

Mayenne ouvre la campagne sans perdre de temps, en vue d’empêcher la jonction des deux Henri, mais les succès partiels qu’il remporte, en Normandie, ne compensent pas l’échec sanglant essuyé par d’Aumale, à Senlis, où Saisseval, le capitaine favori de la Chambre des États, tombe au pouvoir de l’ennemi.

Bonnivet fils de Crèvecœur, récemment passé aux royalistes, s’empare de Conty. De là ses éclaireurs poussent de

1. Le premier acte, au nom de Mayenne, enregistré au bailliage d’Amiens, est la nomination du bailli de Chocqueuse {üeg. 12, p. 98), le 20 juillet 1589. Le dernier est du 25 juillet 1594 {Heg. 13, p. 60).

2. François Gouffier, chevalier, seigneur de Bonnivet, frère du sire de Crèvecœur. Du Bellay les appelle les deux frères Bonnivet. Ils étaient fils de Guillaume Gouffier et de Louise de Crèvecœur.

HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

fréquentes reconnaissances jusque sous les murs d’Amiens. Un jour, les bourgeois lancés à leur poursuite, tombent dans une embuscade et plusieurs perdent la vie.

La fortune sourit aux royalistes. Par l’incurie du capitaine d’Austruyb Folleville tombe en leur pouvoir; ils occupent Pontoise, Gorbeil, la plupart des châteaux fortifiés qui environnent Montdidier et ne dissimulent pas leur intention de marcher sur Amiens, où l’anxiété est toujours grandissante, parce que les caisses de Y Union sont vides. Le mayeur se voit dans la dure nécessité d’avouer à l’évêque qu’ayant vérifié soigneusement les états de recettes, il ne s’est trouvé aucuns fonds disponibles. Alors les chanoines s’offrent à vendre les reliquaires du trésor de Notre-Dame', alors les échevins en sont réduits à avancer chacun un écu (12 fr. 80) pour la solde des pionniers qu’il faut envoyer d’urgence au siège du château de Gonty. Dans cette extrémité, la Chambre des États, informée des succès remportés par l’armée royale, convoque à Amiens les gouverneurs des places fortes et les municipalités des principales villes, pour « adviser à la conservation de la province. ))^ Henri III marche sur Paris. La poignée de troupes dont dispose Mayenne ne laisse guère l’espérance de repousser les assaillants. Paris ne pouvait demeurer au pouvoir de l’Union que par un prodige ou par un crime 1 Le poignard du jeune moine Jacques Clément, instrument fanatisé de toutes les passions d’alors, vint trancher les jours du dernier des Valois, au moment où il se disposait à châtier la grande ville.

La nouvelle de la mort du Roi fut accueillie avec indiffé-

1. Jean de Lannoy, seigneur de Damereaucourt et d’Austruicq (dépendance de Réty, Pas-de-Calais), connétable du Boulonnais. Le château de Folleville appartenait alors à Antoine de Silly, comte de la Rochepot, époux de Marie de Lannoy.

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