Discours véritable...., pp
3. Arch. mun. Délib. BB 51, p. 32 v°. « Nous (les mayeur et échevins)
avons entendu par lettres de Mgr de Maïenne et de madame de Guise..... d’adviser pour les de Longueville) laisser aller à la messe, pour
donner occasion de faire tant meilleur traitement audict sieur de Guise
et duc d’Elbeuf quy sont détenus prisonniers. Que sy aujourd’hui nous retraindons les dictes dames et leur faisons plus grande rigueur, il est à
De part et d’autre on désirait ardemment une solution. Le pape offrit sa médiation et le légat Cajetan crut un instant réussir à mettre les adversaires d’accord touchant l’insoluble question de l’échange des prisonniers. Il écrivait au mois de février 1590 : la duchesse de Longueville, « levata del caslillo d’Amyens », s’est dirigée vers Paris, « accornpagnata honoramente. » Cajetan prenait pour une réalité son grand désir de voir le terme du supplice des princesses, qui se prolongea encore deux années, jusqu’au jour (21 janvier 1592) où Mayenne viendra en personne les chercher. « C’est chose résolue, dit-il, je n’entends pas qu’il en soit fait aucune délibération. » Pour la forme, dans la crainte d’encourir le reproche d’une complaisance coupable aux yeux de quehjues bourgeois, le mayeur convoquera d’urgence une assemblée de notables qui n’ose pas résister à la volonté aussi nettement exprimée de Mayenne. La captivité avait duré trois ans et quatre semaines L
Nous avons laissé le comte de Saint-Pol sur le chemin de Conty. Plus heureux que sa belle-sœur, le prince parvint à gagner le camp royaliste; mais la joie de se sentir libre fut assombrie par la nouvelle de la mort de Bonnivet (ju’il croyait y retrouver. Ce malheureux gentilhomme, le plus chevaleresque des lieutenants de Longueville, avait péri, quelques jours auparavant, sous les coups du sire de Piennes,
craindre que cela soit cause de faire mauvais traictement .... ausdiclz sieurs de Guise et d’Elbeuf, au grand malcontentement de mondit seigneur de Maïenne. »
Ibidem. Délib. BB 51, p. 77. 18 mai 1590. « Vu les lettres de Mayenne tendant afin que messieurs aient à laisser aller à la messe mesdames de Longueville, afin que Mgr le duc de Guise reçoive pareil traictement.... »
1. Arcli. mun. Délib. BB 52, p. 121. 21 janvier 1502. « Pour faciliter la liberté de M. le duc d’Elbœuf, pour lequel ladicte dame fournissait soixante-quinze mille escus et pour la liberté de M. Iç vicomte de Tavanne, il (Mayenne) emmènera demain au matin lesdites dames et damoiselles. »
dans une escarmouche aux environs de Breteuil. Les populations s’étaient acharnées sur son cadavre. Sa tête promenée au bout d’une pique, de village en village, « pour resjouir le paysan, comme l’on fait quand on a pris loup ou renard par les champs » avait finalement été jetée en pâture aux animaux des forêts L
Bonnivet disparu, la chambre des États crut avoir facilement raison du château de Conty. Bonvillers alla l’investir. (10 octobre). L’échevinage lui envoya des canons et un détachement des compagnies privilégiées. Emportée d’assaut après douze jours de siège, la forteresse fut rasée de fond en comble^. Gamaches et Beauquesne eurent le même sort^.
Les succès des troupes de la Ligue s’achètent et le nerf de la guerre se fait rare. La chambre des États n’acquitte plus régulièrement la solde des troupes Pour la ville d’Amiens, la ruine date de loin. De 1568 à 1588, elle n’a pas subi moins de vingt demandes de subventions ou d’emprunts, sans parler des contributions particulières imposées à telle
1 . La deffaite de monsieur de Bonnivet avec ses trouppes au pays de Picardie par monseigneur le marquis de Piennes. — Extraict d'uyie lettre escrite du 28 aoust i 389, à Paris, chez Pierre Barnier, rue S^-Jean de Latran, à V enseigne du Serpent, i 389. Plaquette in-8° de 6 pages.
2. Arch. mun. Délib. BB 50, pp. 132, 133 v°, 139 v°. — BB 51, p. 2. 28 octobre 1589. « A esté ordonné que le chasteau de Conty, qui a esté pris du jour d’hier, sera razé pour le soulagement du païs. »
Solde attribuée par l’échevinage à l’armée de siège du château de Conty : les canonniers : 30 sols par jour; les gabionniers : 20 sols par jour; les pionniers : 10 sols par jour; les soldats : 15 sols par jour.
3. Ibidem. Délib. BB 51, pp. 9 v°, 14 v°, 16 v°, 34 v°, 38 v° et passim. Le château de Gamaches fut enlevé par Bellenglise (21 janvier 1590), et celui de Beauquesne par Belleforière (25 avril 1590). BB 51, pp. 66 v°, 69 v°.
4. Ibidem. Délib. BB 51, p. 45 v°. 11 février 1590. Le gouverneur, les mayeurs et échevins de Montreuil font connaître « la nécessité des soldatz estans en garnison dans ladicte ville, qui vœullent sortir faulte de paiement. »
OU telle catégorie d’habitants, otïiciers royaux ou corps de métiers. L’ensemble de ces charges représente 230,000 livres, dont plus des trois cinquièmes ont été efFeclivernent versés, somme énorme [)Our un temps où le revenu municipal n’excédait guère 25 à 30,000 livres. Pour subvenir il ces charges, l’échevinage avait constitué sur les octrois plus de 10,000 livres, l’équivalent et au delà de leur produit, engagé meme les droits seigneuriaux \ aliéné la plus grande partie du domaine.
La masse ouvrière se trouve réduite à un état de misère extrême par suite du chômage, depuis que le trafic avec Paris et Rouen était anéanti à cause du péril des chemins et de l’obligation de faire escorter militairement les convois de marchandises. La ville « n’a aucuns deniers. » Il faudrait ouvrir des ateliers de charité ; on n’en a pas le moyen. « Le peuple crie! » '.
Et malgré tout, les avantages obtenus par Henri IV, dès la première campagne dans la Brie, l’Orléanais et la Normandie, ne découragent pas la Sainte-Union. La Picardie presque entière continue à repousser le roi huguenot, chez qui les qualités aimables, qui exercent une légitime séduction, s’allient cependant aux qualités solides du guerrier : bienveillance charmante, nature franche et honnête, saillies piquantes, mots heureux, tout ce qui flatte et enlève les cœurs.
Mayenne faiblit. Le conseil de l’Union ne lui pardonne pas d’avoir été malheureux en Normandie, et les Seize, jaloux de son influence, cherchent à le renverser. Ils veulent l’élévation sur le trône de France de Philippe II, dont la piété et les ressources militaires offrent, à leurs yeux, les seules garanties sutïisantes pour le maintien de la