Arch. mun. Délib. BB 25, p. 337. 26 juillet
2. Ibidem. Délib. BB 37, pp. 62. — BB 39, p. 19. « Présent de 50 écus soleil au sieur Bellarmat, ingénieur, pour ses peines d’estre venu exprès de la ville de Calais en ceste ville pour désigner et marquer le plan de la pointe du bolvert des Rabuissons ». Pagès (Édit. préc. T. III, pp. 417 et suiv.) en donne la description. Le duc de Longueville posa la première pierre au mois de mai 1572 et lui donna son nom. BB 40, p. 104.
3. Ibidem. Délib. BB 52, p. 20 v°. Le sieur Bachot, ingénieur, trace le plan du « bolvert » établi « à l’endroit du coude » entre la porte de Paris et la porte de Noyon, qui s’appela plus tard, bastion Richelieu.
4. Inventaire des pièces à feu qui se trouvaient en 1588 au magasin d’artillerie de la ville et dont la plupart portaient les armoiries ou le monogramme d’Amiens :
Huit bâtardes, longues de 8 à 9 pieds. Quatre ont été fondues des deniers des corporations des merciers, des boulangers, des sayteurs, des chaussetiers; deux viennent de Calais La bâtarde a 3 pouces 8 lignes de diamètre, le boulet pèse 7 livres l/2. Elle peut tirer 125 coups par jour. — Six moyennes, longueur : 8 pieds; diamètre : 3 pouces 3 lignes; poids du boulet : 2 livres 3/4. 125 coups par jour. — Quinze faucons, longueur : 7 pieds; diamètre : 2 pouces 10 lignes; poids du boulet : 1 livre 1/2. 180 coups par jour. — Vingt-trois fauconneaux, longueur : 5 pieds ; diamètre: 1 pouce 10 lignes; poids du boulet: 3 quarterons 1/2. 200 coups par jour.
Vingt de ces faucons et fauconneaux avaient été fondus, en 1577, pour le compte de la ville, par M® Nicolas Pérou, « fondeur ordinaire de l’artillerie du roi » [Délib. BB 43, p. 125). Il y avait alors en magasin 25,843 boulets de fer et 3,540 boulets de plomb.
LA PLACK d’AMFKNS.
au Four des Champs, entre la porte de Noyon et la tour de la Haye et à la Fontaine d’Arriour, près le i)ont des Célestins.
Henri IV encouragea les ingénieurs militaires français. Jean Errard \ de 15ar-le-l)uc, soumit le tracé hastionné à des règles fixes et publia, en 1594, la première édition de son traité intitulé : Im forti/icalion démomlrée et rédnicie en art, résultat d’une étude approfondie de ce que les Italiens avaient inventé et pratiqué, et des données que la réflexion et l’expérience lui avaient suggérées à lui-ménie. Errard passa douze jours à Amiens au mois de mai 1596. Le plan, sur parchemin, des améliorations arrêtées par lui, existe à la Bibliothèque nationale Le célèbre ingénieur proposait d’approfondir et d’élargir les fossés, de démolir (( le corps d’architecture très élevé » qui surmontait la porte Montrescu, « ornementation plus nuisible qu’utile. )) En avant de chacune des portes et au pont des Célestins, ^ il voulait des ravelins dans le genre de celui qui couvrait le front nord et établissait des communications souterraines et secrètes entre ces ravelins et l’intéi^ieur de la place. Le temps a manqué pour l’exécution des travaux, qui eussent achevé de faire d’Amiens une forteresse de premier ordre.
1. Marcel Lallemand et Alfred Boinette. Je(m Errard de Bar-le-Duc, 'premier mgé'nieur de Henri IV, sa vie, ses œuvres. Paris, J 881.
2. Dépôt des Cartes et Plans, n° 8,443. Voici la légende de ce plan ;
« C’est le plan de la ville d’Amyens comme elle est au mois de may 1390 durant le siège des Espagnols devant Ardres laquelle il faudra fortifier ainsy et selon l’ordre descrit cy après »
« Faict par moy soubsigné ingénieur du Roy, le xxii may 1390.
» J. Errard. »
Arch. mun. Délit). BB 55, p. 10. 23 mai 1596 : « Veu en l'assemblée le crayon du plant pour la fortiffication de la ville d’Amyens faicte par le sieur Erard, ingénieux du Roy, en considération de ce que ledit Errard est venu exprez en ceste ville pour ce subject où il a séjourné dix ou douze jours, a esté ordonné quy lu y sera faict présent de cens escus et sera prié de se contenter de ladicte somme. » •
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
Pour la défendre et pour le service du guet, tous les habitants, âgés de vingt ans et au-dessus, figurent d’office sur les rôles de l’une des six compagnies privilégiées, ou parmi les portiers, ou dans les escouades des quartiniers. La règle ne souffre que de très rares exceptions L Dans plusieurs circonstances critiques, nous avons vu les gens d’Église obligés de payer aussi de leur personne, et les vieillards eux-mêmes obtenir à grand’peine d’être déchargés de l’obligation du guet Chacun avait son fourniment, son arquebuse ou sa hallebarde, son morion, son épée ou sa dague. Les privilégiés devaient se procurer de plus une livre de poudre et deux livres de « boulets ». Ces armes et ces munitions, insaisissables par les créanciers, devaient être représentées à toute réquisition, entretenues en parfait état et soumises à des revues très minutieuses par les échevins ou les capitaines des compagnies privilégiées. L’effectif des citoyens en état de porter les armes atteignait le chiffre d’environ trois mille à la veille des événements de 1597 3.
1. Les officiers de la ville et un certain nombre d’employés dont les fonctions sont incompatibles étaient exempts ; M. ie prévôt, le greffier de la ville, le contrôleur des ouvrages, le greffier des portes, le greffier du guet, les sergents à masse, l’huissier, le serviteur des ouvrages, le trompette, le héraut, l’horloger, les deux petits portiers veillants, les sergents des canes, le sergent messier, les sergents du guet de nuit, les déchargeurs de vins, les charniers du pont du Gange et du pont Saint-Michel, les serviteurs des portes, les guetteurs du beffroi et des grilles des portes, le clocheteur, le saigneur des pestiférés, l’exécuteur de la haute justice.
2. Arch. mun. Délib. BB 46, p. 113. S. Antoine d’Ardres, ancien mayeur, remontre « qu’il fait la garde personnelle depuis quarante-quatre ans, qu’il est aagé de soixante-quatre ans et souvent malade. » L’échevinage consent à l’exempter.
3. Ibidem. Délib. BB 36, p. 71 v°. 28 octobre 1563. « Suivant l’ordonnance, le lendemain dimanche, xxiiii® jour dudict mois d’octobre, ont esté évocquez andict auditore à heure de douze heures par sergens à masses tous les chefs de portes, maistres des compaignies privilégiées et
LA PLACE d’AMIENS.
J üü
Les 90 archers du grand serment, les 00 archers du petit serment, dit de Sainte-Christine, les 00 arbalétriers, les 80 couleuvrinicrs, les 80 arquebusiers, les 00 joueurs d’épée, habiles à manier l’espadon, forment une élite que le mayeur passe en revue quatre fois par an, et à laquelle il est d’usage d’attribuer les postes de confiance, sur le rempart et dans l’intérieur de la ville.
Il y eut, suivant les époques, de cent soixante dix à deux cents portes, composées d’abord de huit, puis de dix hommes « chefs d’hôtel », c’est-à-dire chefs de famille ou mariés. Chacune des portes — le mot est synonyme d’escouade — fournit à tour de rôle le réveil ou le fjuet de nuit. Le soir venu, quatre ou six portes en temps de paix, douze et quelquefois davantage en temps de guerre, prennent le réveil, sur la convocation du sergent du guet, et les portiers se rendent « armés et embastonnés » au point de ralliement. Ils répondent à l’appel et marchent au rempart, « tambour sonnant la diane », assistés de deux échevins, chargés de juger la validité des excuses et « d’asseoir le guet ». Le gros de la troupe se cantonne dans les corps de garde situés à chacune des portes de la ville, d’où partent les patrouilles qui doivent parcourir le rempart et relever, d’heure en heure, les sentinelles placées de distance en distance, suivant l’ordre d’un tableau dressé par l’échevinage.
Le poste de chacun de ces corps de garde comprend vingt quatre hommes en temps de guerre : dix-huit portiers,
dizainiers cy après nommés. » Suivent les noms de 170 chefs de portes, des maîtres et princes des cinq compagnies privilégiées, des 109 dizainiers « des escaddes des gens du guet. » — De 1S63 à 1597 la population n'a pas augmenté, par suite des guerres civiles et du marasme de l'industrie. L’état de 1563 donne donc à peu près l’elTectif existant en 1597. Il avait plutôt diminué à cause de la peste de 1596. — 170 portes (1,700 chefs d’hôtel), 109 dizainiers (1,090 hommes), 5 compagnies donnant alors 370 hommes, auxquels on adjoignit plus tard les 60 joueurs d'épées. Total : 3,220 hommes.
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
quatre privilégiés, deux gens d’Église qui doivent se faire remplacer, en cas de maladie ou d’absence, par des soldats auxquels il est d’usage de payer cinq sols. En passant et en repassant, les rondes échangent avec les sentinelles le mot du guet donné par le mayeur et, à certaines époques, par le capitaine de la ville ; elles reçoivent, des chefs des différents postes, des mereaux (jetons) de cuivre blanc ou de cuivre rouge, suivant les circonstances, que les chefs remettent dans la matinée à l’hôtel de ville. C’est le moyen de s’assurer que le service des rondes s’accomplit régulièrement h
Le jour venu, et quand ce il se voit et découvre à l’œil de tous côtés hors la ville », la cloche du beffroi donne le signal (( de la garde descendante » . Les portiers rentrent alors en ville dans le même ordre et avec le même appareil martial observés pour « la garde montante ».
L’été, il y a un réveil. Pendant les mois de novembre, décembre, janvier, février, mars, il y en a deux ; l’un de sept heures à minuit ; l’autre, de minuit au jour. Le premier ne quitte le poste qu’après l’arrivée du second, et lorsque, par un nouvel appel nominal, le chef du corps de garde a constaté que personne ne s’est dérobé, le tout sous la surveillance des magistrats délégués et du capitaine du guet.
Une escouade est spécialement attachée à la personne du mayeur, monte la garde devant sa demeure, l’accompagne dans ses tournées d’inspection aux remparts ou lorsqu’une circonstance grave nécessite, la nuit, l’ouverture de Tune des portes de la cité, car chaque soir les clefs sont confiées à sa vigilance.
Le guet stationnaire répond de l’ordre, le jour et la nuit, dans chacun des dix quartiers S où les jeunes gens de dix-
1. Ordonnances qui concernent la garde, seureté et conservation de la
ville. Livre noir ou reeueil des principales et dernières ordonnances
Amiens, mdcliii, p. 4. — Areh. mun. Délih. BB 31, p. 179. — BB 39, p. 4 V». — BB 44, p. 37 v".
LA PLACE d’AMIENS.
huit ans, les célibataires de tous les âges, les domestiques, doivent se tenir à la disposition du quartinier (le capitaine de quartier) et marcher au premier signal. D’abord répartis en un certain nombre d’escouades ou de connélablies de vingt-cinq hommes, commandées par le capdescade élu, ils étaient répartis, depuis le milieu du siècle, en escouades de dix hommes. Chaque dizaine r-- il y en avait 109 en Kj03 — obéit au dizainier, fait à son tour la patrouille, visite les postes et maintient l’ordre dans les moments troublés. Aux dix quartiers correspondent autant de secteurs du rempart, et le gros de la troupe, qui occupe le poste central, détache çà et là des sentinelles avancées. Voici l’ordre des dix quartiers^ avec le secteur correspondant sur lequel le capitaine doit envoyer une « escadde » à la moindre alerte :
Le quartier du puits des Watelets, sur et aux environs de la porte de Beauvais.
Le quartier de la Belle-Croix, entre les Babuissons et la porte de Paris.
Le quartier de Saint-Denis, sur et aux environs, de la porte de Noyon.
Le quartier de Notre-Dame, de la tour de la Haye à la tour de Guyenne.
Le quartier de Saint-Martin, du pont du Cange au pont Baraban.
Le quartier de Saint-Leu, sur le pont des Célestins jusqu’à la tour Orgueilleuse.
Le quartier du Clairon, entre les portes Montrescu et de Gayant.
Le quartier du Petit-Marché (au Feurre), du pont de Duriamme au pont Saint-Michel.
Le quartier du Grand-Marché (de Lanselles), sur et aux environs de la porte de la Hotoie.
Arch, mm. Heg. AA 16, p. 59. Ordonnance du 26 mai 1598.
HISTOIRE DE LA VILLE d’aMIENS.
Le quartier de Saint-Firmin-à-la-Porte, près et aux environs de l’éperon de Guyencourt.
Le quartier du Grand-Marché, pour ne citer que celui-là, détachait des sentinelles à l’entrée du Petit-Marché, à l’extrémité de la rue Sainte-Catherine vers la rue des Tanneurs, au coin de la maison portant pour enseigne la Fosse aux lions, située rue des Sergents, devant le moulin du Roi, au puits du Grand-Marché et sur le pont Saint-Germain.
Le capitaine du guet était élu le lendemain du renouvellement de la Loi, en la même forme que le prévôt royal; choisi parmi les échevins, il exerçait ses fonctions sous leur surveillance. La charge avait été créée au mois d’octobre 1591, du consentement du capitaine de Baizieu et avec l’agrément de Mayenne L
Contrairement au service des portiers qui est permanent, le service du guet stationnaire est intermittent et temporaire ; commençant avec le danger de l’émeute ou le péril extérieur, il prend fin dès que le calme renaît. On a vu combien les ravages de la peste avaient apporté de trouble dans cette organisation militaire, résultat de l’expérience des siècles. Les anciennes ordonnances étaient elles-mêmes tombées en désuétude, si nous en croyons Claude Le Mattre^, seigneur