La Morlière. Loc. cit. p
LES ESPAGNOLS S’EMPARENT d’AMIENS.
pavé de la rue, déchirés ou exposés en vente par les soldats aux beurrières de la ville. Pendant que sa maison devenait la proie de ces forcenés, Castelet, sa femme et deux de ses fils étaient gardés séparément à vue ; le troisième fut descendu au fond du puits ! ' »
Non contents de faire main basse sur tous les objets à leur convenance, les Espagnols dérobent les titres de firopriété et de rentes^, pour ne s’en dessaisir que moyennant finances. D’un mot passé en proverbe, l’auteur des stratagèmes etvuses de dépeint la rapacité des vainqueurs,
qui traitèrent avec les bourgeois pour le rachat des meubles : « ils eurent le drap et l’argent. » La comtesse de Saint-Pol obtient de sortir de la ville, en abandonnant ses bijoux et les richesses qui garnissaient le logis des Trois-Gailloux L
1. A. Dubois. Entrées royales et princières,\). 78. Acte de notoriété du 2G août 1624, constatant le pillage de la maison de « à présent delTunct M® François Castelet, vivant ancien maïeur de la ville d’Amiens et para* vant grenetier au grenier et magasin à sel de lad. ville. »
2. Pagès. Mns. Édit, préc., T. IV, p. 154. — Lettres missives, T. IV, p. 721. Lettre de Henri IV, datée de Vignacourt, le 25 mars :
« Et parce que les Espaignolz entre aultres barbaries quils y ont
exercées ont contraint lesdis habitans de rachapter leurs vies et ^lersonnes et celles de leurs femmes et enlTans avec les mœubles quils leur ont voullu laisser, après avoir pillé ce quils avoient de plus précieulx et que pour recouvrer l’argent dudict rachapt lesdietz habitans d’Amyens pourroient avoir recours à nos villes, mesme à la vostre, nous vous delTendons très expressément de les secourir daulcun denier. »