I. LaGARDEROYALE
j Tremoïlle et Jacques d Angenne.
I Les quatre compagnies gardes du corps.
Cent chevau- légers, capitaine ; Gilbert Filhet, \ seigneur de la Curée.
II. Les Escadrons de Gendarmes, comprenant les gentilshommes, bardés de fer comme leurs chevaux, armés de l’épée, de la lance et de la masse d’armes (grosse cavalerie).
III. Les Escadrons de Chevau-Légers, comprenant les gentilshommes,
portant le casque et un corselet assez semblable à la cuirasse moderne, mais prolongée sur les cuisses et le bas-ventre par des lames de fer retenues par des courroies (cavalerie légère).
IV. Les Carabins, cavaliers arquebusiers, recrutés en majeure partie dans
l’ancien corps des argoulets ou estradiots, mercenaires étrangers à la solde de la France. Ils n’avaient pas d’état-major spécial et étaient détachés par pelotons de 50 hommes auprès des escadrons de chevau-légers.
Lettres missives, T. IV, p. 846. Henri IV à M. de Rosny, 18 septembre : « Toutes les compagnies de cheval et de pied y sont à présent complètes,
voire plus fortes que le nombre ne porte »
Ibidem, T. IV, p. 855. Henri IV à Catherine, 28 septembre : « J’avois jeudy au soir cinq mille gentilzhommes. »
LK SIÈGF<: PAR IIKXRI IV.
Saint-Maurice, la circonvallation, ou première parallèle, coupe les chemins de Vignacourt, rie Doiillens, sur lequel on construit le fort de Navarre, se relie avec la contrevallation au fort du Moulin ruiné, ipii ferme le camp sur le chemin d’Arras, et se prolonge, [lar le fort de ('Jiampa(jne, jusqu’au château de Rivery.
La contrevallation, destinée à le protéger contre les attaques de l’extérieur, se développe des hauteurs de Longpré, qui dominent la fontaine de Rertricourt \ au fort du Moulin ruiné. Elle se trouve défendue par des bastions, des fortins et autres ouvrages en terre, placés de distance en distance, notamment au passage des chemins. Les signes conventionnels figurés sur le plan de Chastillon désignent leur emplacement approximatif'.
Pour travailler à ces retranchements, Biron avait remplacé par des soldats les paysans réquisitionnés dans le début, et qui, toujours tremblants, s’enfuyaient à la première alerte.
La sortie du 24 mai, la plus sérieuse que les assiégés aient encore tentée, faillit coûter la vie au maréchal. Portocarrero donnant furieusement dans la vallée de la Somme et Monténégro à travers le camp, devaient se réunir à
d. La fontaine de Rertricourt, dont l’eau est encore aujourd’hui très renommée, se trouvait dans un fief dépendant de l’abbaye de Saint-Jean. Elle est située au pied des coteaux de Saint-Maurice, à la naissance du chemin qui remonte de la vallée vers Longpré.
2. Cf. à la Bibliothèque nationale. Cabinet des Estampes, Va 400 ;
1° Portrait de la ville d’Amiens assiégée par le Roy Henry iüj très chrétien, roy de France et de Navarre, 1597, par Claude Chastillon. Planche IV de ce volume.
2^ Le Portrait de la ville d’Amiens assiégée par le Roy de France et Navarre. A. Huberti excudit cum privilégié Regis.
3° Si vede corne il Christianissimo llenrico quarto Rc di Francia et di Navarra ha assediato la citta d’Amiens.
4® Abreisung des Navarrischen Lagers vor Amiens, den Sapril. an. 1 597 . (Esquisse du camp navarrais devant Amiens, le 3 avril 1397).
HISTOIRE DE LA VILLE d’aMIENS.
Longpré. Biron essaya de couper leur retraite, mais se laissa envelopper. Le commandeur de la Châtre ^ parvint non sans peine à le dégager après une lutte sanglante. De part et d’autre il y eut beaucoup de morts et de blessés.
Henri IV au camp.
Henri IV arriva le 3 juin et, avec lui, plusieurs princes du sang, le duc de Mayenne et son fils, le prince de Joinville. La marquise de Monceaux l’accompagnait et s’installa au château de Picquigny. « Alors fut replaidée, observe malicieusement d’Aubigné, la même cause que Tacite raconte des armes romaines, si les femmes sont supportables ou non. » Et Biron ne put s’empêcher de dire avec une pointe d’ironie : « C’est là le bonheur que le Roi porte avec lui et la prospérité de ses armes. y> Le prince se montra fort satisfait de l’état des travaux d’investissement et laissa au maréchal la direction des opérations * .
Sourd aux remontrances de ses courtisans, le Roi établit son quartier général à la Madeleine -L Les ducs d’Épernon et de Mayenne, ainsi que le connétable, y plantèrent également leurs tentes. Un boulet ayant effleuré la voûte de l’appar-
1. Claude de la Châtre, baron de Maisonfort, fait maréchal de France par Mayenne, s’était rallié à Henri IV; mort en 1614.
2. Lettres missives, T. IV, p. 778. 9 juin 1597. Lettre au connétable : « Arrivant hier en mon armée, je l’ay trouvée en bataille près les forts et retranchemens que mon cousin le mareschal a faict faire; dont j’ay receu
beaucoup de contentement L’ouvrage des forts et retranchemens est
tellement advancé que je puis dès demain me loger à la Magdelaine qui est le lieu le plus proche de la ville. Ayant trouvé mon armée en tel estât, je me promets d’en estre bien servydans l’occasion qui se présente, si j’ay moyen de continuer le payement ausdicts gens de guerre. »