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CHAPITRE VI

LES DÉBUTS DE LA GUERRE DE CENT ANS

I. Philippe de Valois et Edouard III. — Cérémonie de l’hommage dans la cathédrale. — Fêtes données à cette occasion. — Le tournoi de Tournay. — Édouard III envahit la Normandie. — Déroute des milices amiénoises en marche sur Paris. — Bataille de Crécy. — Philippe de Valois à Amiens. — Nouvelle extension de l’enceinte fortifiée de la ville.

— Importance des faubourgs. — Concentration de troupes à Amiens au printemps de 1347. — La peste sévit. — IL Intrigues et conspiration du roi de Navarre. — Jean le Bon réunit les États généraux. — Impôts de consommation et capitation. — Charles le Mauvais, roi de Navarre.

— Son emprisonnement au château d’Arleux. — Il est délivré et séjourne à Amiens. — Attitude de ses partisans. — Jean de Picquigny tente de s’emparer de la ville. — Résistance et victoire des partisans du Dauphin.

— Incendie des faubourgs. — Supplice des principaux conjurés. — Jehan du Gard succède au mayeur Firmin de Cocquerel. — Traité de Pontoise.

— Expédition projetée en Angleterre. — La rançon du roi Jean. — Les otages français àLondres. — III. Suppression des mayeurs de bannières.

— Le vote de l’impôt sur les denrées de première nécessité' soulève de violentes protestations. — Les Maillotins. — Agitation à Amiens. — Arrestation des meneurs. — Enquête et abolition du privilège des mairies de bannières. — Nouvelle constitution municipale. — Mariage de Charles VI.

— Concentration de troupes à Amiens. — Conférences de 1392.

Philippe de Valois et Edouard III.

Notre ville dut à sa situation également distante du littoral et de Paris d’être choisie pour le rendez-vous des cours de France et d’Angleterre, lorsque Edouard III vint servir à Philippe de Valois l’hommage pour ses possessions françaises du comté de Ponthieu et du duché de Guyenne. Où trouver

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ailleurs les ressources nécessaires à une si nombreuse et si brillante assemblée ? Où trouver un cadre mieux approprié au splendide tableau de la cérémonie projetée, que la cathédrale encore toute resplendissante de jeunesse ?

Edouard lit arrive à Amiens le Ier juin 1329, escorté depuis Montreuil par le connétable de Châtillon et par les grands seigneurs délégués pour lui souhaiter la bienvenue. Les premiers jours se passent en fêles. Philippe de Valois semble vouloir atténuer, à force de prévenances et de démonstrations d’amitié, la portée du coup dirigé contre l’amour propre de son puissant rival. On n’est pas d’accord touchant la nature et la forme de l’hommage dû. Sera-ce l’hommage lige dans lequel le vassal s’agenouille tête nue, sans épée, sans éperons devant le suzerain et prête serment en mettant les mains dans les siennes, ou l’hommage simple qui se rend debout, la main sur le livre des évangiles ? Après de nombreuses négociations, Philippe veut bien se contenter d’un hommage exprimé en termes vagues, à la condition que le roi d’Angleterre, de retour dans ses États, examinera ses archives et enverra par écrit la formule de l’hommage dans les termes rédigés par ses prédécesseurs. Moyen très habile de sauvegarder sa dignité dans les diverses phases de la cérémonie que des objections, victorieusement refutées et combattues, n’avaient plus le pouvoir de retarder davantage. Elle a lieu le 6 juin.

Un trône a été dressé à l’extrémité de la principale nef de la cathédrale. Philippe de Valois y prend place, la couronne en tête, vêtu d’une robe de velours violet parsemée de fleurs de lys d’or. Les rois de Navarre, de Bohême et de Majorque se tiennent à ses côtés. Les princes du sang, les pairs du royaume, les grands officiers de la couronne et l’élite de la noblesse de France se pressent autour de lui b

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