‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 101 sur 246 · Bibl. nat ., 12,787. Fonds français · texte numérisé non relu

Bibl. nat ., 12,787. Fonds français

Ce sont les noms des princes

Edouard III pénètre à son tour dans la cathédrale. Lui aussi se présente dans tout l’éclat de la majesté royale, drapé

barons et chevaliers qui furent à Amiens avec*ques le Roy de France quant le Roy d’Angleterre lui fist hommaige. Et primes le roy de Navarre, le duc de Normandie, le duc de Bourbon, le conte Dalençon, Pierre de Bourbon, Mons. Loys d’Espaigne, le grant prieur de France, le vicomte de Meleun,,le mareschal de Trie, Mons. Robert de Dreux, le sgr de Romeres, le sgr de Montmorency, le chamberlant de Tancarville, le mareschal de Mirepois, Mons. Hue de Bouville, Mons. de Meullan, Mons. Bouchart de Montmorenci, Mons. de Grainville, Mons. Philippe de Trie.

Champenois. — Le duc de Bourgongne, le duc de Lorraine, le duc d’Athènes, le conte de Bar, le conte d’Aucerre, le conte de Pontieu, le conte de Fores, le conte de Grant Pré, le comte de Montbéliart, Mons. Willamme Flote, Mons. Jehan de Challon, Thibault de Bar, Gefîroy Daspremont, Mons. de Grenville et son compaignon Mons. de Noiers, Mons. de Chassenay, Mons. de Chasteillon, Mons. de Dampierre, Mons. Loys de Poitiers, Mons. Danglure, le seigneur de Traisnel, le sire de Vergy, le sire de Frollais, Mons. Loys de Savoie, Mons. Robert de Roussy, Mons. Henrry de Bourgongne, Mons. Willamme de Vienne, Mons. Willamme de Vergy, Mons. Régnault de Forez, Mons. de Nuefchastel, Mons. Gauchier de Montelair, Mons. Godemar du Fay, Mons. Ernoul Durfée, Mons. Pons de Vissac, Mons. de la Tour, Le Galois de la Baume, Mons. de Quintin.

Basses Marches. — Le duc de Bretaigne, le conte de Montfort, le conte de Foix, le conte d’Armaignac, le conte de Vendosme, Mons. de Laval, Mons. de Léon Tournemine, Rocheffort, le seigneur de Beaval, Mons. de la Porte, Mons. de Malestroit, Mons. de Quintin, le seigneur de Dinan, Mons. de Rogie, Mons. de Clicon, Montaulban, Mons. Jehan de Vendosme, Mons. Lois de Sancerre, Mons. d’Amboise, Mons. de Presegny, Mons. de Montbason, Mons. de Saincte More, Mons. de Moremande, Mons. de Maille, Mons. Gefîroy Païen, Jourdaim de Lomberc, Beuv de Baussay, Mons. de Lilebouchart? Mons. de Mathefelon, Mons. de Monte, Jehan Leborgne de Prie, Mons. Jehan de Vendosme, le viconte de Touars, Mons. de Partenay, Savary de Vivonne, Guy Larcevesque, Mons. de Surgières, Régnault de Pons, le viconte d’Aunoy, Mons. de Chevilli, Mons. de Sulli, le sire de Crassay, Mons. de Carbam? Leborgne de Serry, Loys de Brosse, Bertran de Lisle, le viconte de Beaumont, le viconte de Chaallons, Travillart Dusaiges? et Mons. Gefîroy de Beaumont.

Normans. — Le conte d’Eu, le conte de Guines, Mons. de Harecourt,

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dans un manteau écarlate semé de léopards d’or, la couronne sur la tête, suivi de la foule des barons anglais qui portent des costumes d'une éblouissante richesse. On remarque John Strafford, évêque de Winchester, l’évêque de Lincoln, les comtes de Derby, de Salisbury, de Warwick et de Hereford, Renaud de Cobham, Thomas Wage, maréchal d’Angleterre, Richard de Stanfort, les sires de Percy, Jean Maltravers, grand sénéchal d’Angleterre, Robert de Wateville, Robert de Mesville, Gilbert Talbot, Guillaume de Montague, Geoffroy de Slropt et d’autres cités par Rymer. Ils sont plus de quarante chevaliers. Leur suite ne comprenait pas moins de mille chevaux.

Le prince s’avance jusqu’au pied du trône. L’évêque de Lincoln déclare alors que le roi son maître n’entend aliéner aucun de ses droits et privilèges. Le chambellan de Philippe de Valois, vicomte de Melun, donne lecture de la formule de l’hommage provisoire :

« Sire vous devenez l’homme du roi de France, mon seigneur, pour le duché de Guyenne et ses appartenances que

Godefroy son frère, le mareschal Bertran, Robinet Bertran, Mons. de Préaulx, Baillouel, Mons. de Rouvroy, Mangot du Viez-Pont, Mons. de Tournebu, Mons. de la Ferté Laroche-Tesson, Mons. de Beauchamp, Mons. du Grippon.

Pohiers. — Le conte d’Aumarle, Mons. Guérart de Piquigny, Mons. de Kuersy, Mons. de Poïs, Mons. Robert de Piquigny, Mons. de Cayeu, Mons. de Saveuses.

Vermandisiens et Beauvaisiens. — Enguerran de Coucv, l’évesque de Beauvais, le droit seigneur de Marueil, Thibault de Marueil, le droit seigneur de Hangest, le sgr du Plessie, Flament de Canny, Mons. de Crevecuer, Mons. de Seychelles, le viconte de Pois, Mons. de Salvy, Mons. Mahieu de Roye, Mons. de Neelle, Mons. Enguerran de Coucy.

Corbioys. — L’abbé de Corbie, Mons. de Kelly, Mons. de Varennes, Mons. de Sannecourt, Mons. de Mailly.

Rniers et Braibancons. — Le roy de Behaigne,Waleran de Lucembourc, Mons. Jehan son filz, Mons. Ernoul Descrenes? Mons. de Rademont?

vous reconnaissez tenir de lui, comme duc de Guyenne et pair de France, selon la forme des paix faites entre nos devanciers, les rois de France et les vôtres, selon que vous et vos ancêtres, rois d’Angleterre et ducs de Guyenne, avez fait pour le même duché à nos devanciers, rois de France. »

« Voire ! » (vraiment) répond Edouard III.

Le chambellan continue :

« Le roi de France, notre sire, vous reçoit sauves ses protestations et les retenues dessus dites. »

Et Philippe VI dit à son tour : « Voire. »

Le même cérémonial ayant été réitéré pour les comtés de Ponthieu et de Montreuil « sans les mains mettre entre les mains » ce qui eut constitué l’hommage lige 1 2 3, le procèsverbal de la cérémonie, daté « du chœur de la grande église », est signé par vingt-quatre commissaires : quinze du royaume de France et neuf du royaume d’Angleterre.

« Se li rois Phelippes reçut honnourablement et grandement le jone roy d’Engleterre, son cousin, ce ne fait mies à demander. » Il y eut festins, tournois, divertissements « biaus et bien estoffés. »

Édouard III se trouve blessé au plus intime de son orgueil et ne voyant dans le faste déployé par le roi de France que

1. Rymer. Fæderci, conventiones inter reges Angliæ et alios T. II,

part. III, p. 27.

2. J. Froissart. Chroniques. Édit. Kervyn de Lettenhove.T. II, p. 231. Le procès-verbal de l’hommage porte que le roi d’Angleterre mit les mains dans les mains du roi de France, mais cette phrase, placée entre guillemets dans l’édition de Rymer, ne figurait peut-être que dans une rédaction préparée à l’avance. Le texte de Froissart est formel. R. de Belleval (Lcl Grande Guerre, p. 51) donne donc à tort à l’hommage simple qui a été rendu, les caractères de l’hommage lige. Les lettres patentes, reconnaissant après coup l’obligation de l’hommage lige, sont du 30 mars 1331. — Arch. mun.AA 4, p. 45.

3. J. Froissart. Chroniques. Édit. préc. T. II, p. 231. « Fu li roys d’Engleterre honnorablement et grandement festyés et rechups de joustes, de behours, de biaux et de solempnels disners. »

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l’intention de rhumilier davantage, il se refuse à prolonger son séjour à Amiens, partie surlendemain de la cérémonie et rentre en Angleterre, la rage et la haine au cœur.

Les joutes et les tournois, entretenaient alors une généreuse émulation parmi les gentilshommes, aussi bien que parmi les archers ou les arbalétriers des milices communales. Trente bourgeois de Tournay organisèrent, en 1330, un de ces concours, d’ordinaire si remarquables par le luxe de la mise en scène. La ville d’Amiens s’y fit représenter par sept champions qui luttèrent contre les meilleurs tenants des villes de Valenciennes, Paris, Senlis, Reims, Saint- Quentin, Saint-Omer, Compiègne, Arras, Bruges, Ypres, Lille, Doullens, Ardembourg et Lescluse.

Leurs noms et leurs blasons se trouvent reproduits dans un curieux manuscrit de l’époque. Ce sont Jehan Picquet, Clément Garimaut (Grimault), Jacquemart Picquet, Liénard de Canchy, Firmin Rabuissons, Thomas Audeluye et Paris de Cocquerel1 2.

Ces luttes pacifiques alternent trop souvent hélas, sur les marches de Flandres, avec les luttes sanglantes, or Philippe de Valois n’attend pas d’être surpris pour préparer les armements.

Par ses ordres Gérard de Picquigny, Bernard, sire de Moreuil et Renaud d’Aubigny rassemblent les nobles et fieffés en état de porter les armes dans les prévôtés composant le bailliage d’Amiens et les passent en revue 3.

1. Ibidem, p. 145. Le Froissart de la bibliothèque du Vatican dit que Edouard séjourna à Amiens pendant une semaine. D’autres variantes portent 15 jours. M. Kervyn de Lettenhove croit le texte du Vatican plus conforme à la vérité. Le débarquement à Wissant eut lieu le dimanche 28 mai. Le roi se repose à Boulogne pendant la journée du 30 et ne put arriver à Amiens que le 1er juin. Or il était de retour à Douvres, le 44. Il quitta vraisemblablement Amiens le 8.

2. V. Bouton. Jouste faicte à Tournay l’an mil trois cens trente.

3. Rôle des nobles et fieffés du Bailliage d'Amiens , convoqués pour la

Près de dix-sept cents hommes se font inscrire : les uns à cheval et armés de toutes pièces, les autres à pied et armés à la légère ; chacun selon sa fortune, sa position sociale et l’importance de son fief 1 . Acette levée de lafleur de la noblesse les milices communales ajoutent leur précieux contingent, ce qui permet de mettre en ligne la plus belle armée que l’on ait encore vue.

Cédant aux conseils de Godefroi d’Harcourt2, qui a fui l’injuste colère de Philippe de Valois, Edouard III débarque sur les côtes du Cotentin (12 juillet 1346). Sa marche à travers la Normandie ne rencontre aucun obstacle sérieux. Il s’avançait tranquillement vers Beauvais, quand l’avant-garde commandée par d’Harcourt, se heurte, non loin de Saint- Just, à « grant fusson de bourgois d’Amiens à cheval et à piet ». Ils sont quatre mille qui se rendent à Paris appelés par le roi, sous la conduite du vicomte des Quesnes3, des sires de Biausaut, de Saucourt et de Pierre de Mellincourt.

Nos milices se défendent avec courage : il y eut « grosse bataille qui dura longement et mainte belle rescousse, car

guerre le 24 août 1337, par ordre de Philippe de Valois, publié pour la première fois par René de Belleval, 1862.

1. Arck. mun., AA 1, p. 120 v°. Aux Amiénois qui ne marchandent jamais leur concours, le roi délivre un précieux témoignage de satisfaction, au mois de septembre 1340, après qu’ils ont guerroyé dans les armées de Flandre, au delà même du terme de rigueur de quarante jours, « ils nous ont servi bien et loialement, écrit le prince, duquel service nous nous tenons moult pour contens. »

2. Godefroi d’Harcourt, dit le boiteux, voulut épouser la fille de Roger Baccon, chevalier, que Robert, seigneur de Briquebec, maréchal de France, prétendait marier à son fils Robert Bertrand. Ils se querellèrent. Philippe de Valois les fit citer au Parlement. Harcourt refusa de comparaître. Le roi le condamna au bannissement après quatre défauts et confisqua ses biens. Il sortit du royaume et embrassa le parti d’Édouard III qui le fit maréchal de ses armées.

3. Guillaume Tyrel, sire de Poix, vicomte des Quesnes et de Famechon.

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chacuns se prendoit priés de bien faire le besoigne » ; la troupe était « friche et bien armet » L Écrasés et mis en déroute, par des forces supérieures en nombre, les Amiénois lâchent pied, abandonnant à l’ennemi « leur charroy, leur arroy (équipement) et leurs pourvéanches qui estoient grandes et fortes ». Ils se réfugient « dans les villes voisines » et au château de la Ilérelle1 2, adossé à la foret de ce nom, qui appartenait, du chef de sa femme Béatrix de Nesles, à Ferry de Picquigny, l’un des fils du vidame Jean.

La chronique estime à douze cents le nombre de ceux « mors sus le place ». Les capitaines tombent au pouvoir des Anglais et, avec eux, plus de deux cents bourgeois qui ne recouvreront la liberté qu’au prix de très fortes rançons.

Edouard III continue sa route par Beauvais, Poix, Âiraines, jusqu’au gué de Blanquelaque, franchit la Somme, prend position en avant de Crécy, village de Ponthieu, dont le nom ne saurait être tracé par une plume française sans quelque douloureuse émotion.

Philippe VI avait établi son quartier général à Amiens. L’armée se composait de cent mille hommes, au dire de Froissart. « Estoit tout li pays d’environ tous couviers de gens d’armes. » Mis au courant de la marche des Anglais par les éclaireurs, lui-même dirige ses troupes vers Abbeville, où il passe la nuit du 25 août et « se leva le roi de France assez matin et ouit messe en son hostel, en l’abbaye

de Saint-Pierre, où il estoit logé après soleil levant, se

partist d’Abbeville » et gagne Crécy. Informé des dispositions de l’armée ennemie, la sachant solidement retranchée,

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