Arch. mun., Comptes 1391-92, f
2. Le cueilloir des cens, rentes, dîmes, terres, prés, aires, fours, maisons appartenant à l’Hôtel-Dieu d’Amiens, en l’année 1416 (Arch.
hospit., A b) donne de curieux détails se rapportant à l’époque de la bataille de Crécy parce que, dans la nomenclature des possesseurs, il reprend presque toujours les deux ou trois générations précédentes.
Le roi ne peut qu’approuver la résolution de reculer l’enceinte et autorise, comme premières ressources devant aider k l’énorme dépense « des rempairement et reffection de la forteresche », la perception d’une taxe de trois sols (7 fr. 25) par chaque muid de vin acheté pour la consommation, et du vingtième du prix principal sur la vente des immeubles dans la ville et la banlieue. Ecclésiastiques, nobles, bourgeois doivent s’exécuter, bon gré mal gré, et payer « sans délay, faveur et depport » h
Le tracé de la nouvelle enceinte était tout indiqué. Il fallait contourner l’extrême limite des trois grands faubourgs Saint- Michel, Saint-Remi, Saint-Jacques, en suivant les boulevards actuels d’Alsace-Lorraine, de Belfort, du Mail, Saint-Charles, Carnot et Faidherbe. Cinq portes devaient correspondre aux cinq grandes voies d’accès : la porte de Noyon, dans la courtine est; les portes de Paris, des Rabuissons et de Beauvais, dans la courtine sud ; la porte de la Ilotoie, dans la courtine ouest. Par suite de la proximité de la porte de Paris et de la porte de Beauvais et de l’inconvénient qu’il y aurait à multiplier les ouvertures de ce côté, on renoncera à celle des Rabuissons 2 et le chemin d& Rumigny, celte antique chaussée arrivant directement au grand pont et aussi vieille que la ville elle-même, sera détourné par la rue du Boucaque (actuelle Le Nôtre) vers la porte de Beauvais.
Les travaux sont immédiatement entrepris 3, non sans de grosses difficultés pour arrêter la direction dans la traversée du domaine épiscopal, au lieu dit la Vigne-V Évêque. Le malheur des temps les fit interrompre souvent. L’argent
d. Aug. Thierry, loc. .cit., T. I, p. 532.
2. Arch. mun Comptes 1433-34, p. 184. « Le dœuve du fossé de le forteresche ès fourbours entre le porte de Paris et le porte des Rabuissons. »
3. Arch. dép. G. 216 1. Les fossés étaient commencés au 20 avril 1347 dans la traversée de la Vigne-l’Évêque. L’abbé de Corbie et le sire de Moreuil, maréchal de France, règlent le différend survenu à propos du tracé.
LES DÉBUTS DE LA GUERRE DE CENT ANS
manquait. La ville se trouvait surchargée de dettes et de rentes au moment où la guerre avec l’Angleterre ruinait le commerce d’Amiens en tarissant la meilleure source de ses revenus. A ces embarras s’ajoute le mauvais vouloir du vidame et de quelques membres du clergé qui ne consentent à acquitter les taxes « pour le repairement et réduction » de la forteresse que contraints, forcés, et après avoir essayé de les éluder par tous les moyens possibles.
Quelques mois après la bataille de Crécv, tous les gens de cœur accourus à la voix de Philippe YI se rencontrent à Amiens, pour voler au secours de Calais assiégé par les Anglais. Bon nombre de princes, de barons, de chevaliers s’y trouvent réunis avec les ducs de Normandie, de Bourgogne et de Bourbon, les comtes de Foix, de Forez, de Ponthieu, de Valentinois, de Périgord, de Savoie, de Boulogne, de Narbonne, de Saint Pol, d’Armagnac. Tous ne demandent qu’à s’ouvrir un passage jusqu’à ces héroïques défenseurs de Calais, épuisés par sept mois de blocus ; les retranchements formidables derrière lesquels s’abritent les assiégeants ne permettent malheureusement pas de les secourir en temps utile, mai 1347 L
Aux inquiétudes que font naître les événements viennent s’ajouter, l’année suivante, les horreurs de la peste noire. Terrible déjà pendant les mois d’hiver, la contagion prend au cours de l’été une épouvantable intensité. « Les gens se mœurent si soubdainement comme du soir au lendemain et souvent plus tôt1 2. »