‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 116 sur 246 · Dom Plancher. Histoire de Bourgogne, T. III, p · texte numérisé non relu

Dom Plancher. Histoire de Bourgogne, T. III, p

4. Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur. Édit. E. Petit, pp. 99, 122, 160, 180, 221, 229, 232, 254, 255.

5. Arch. mun. Comptes 1391-92, p. 57 v°. « Pour deniers à Jehan de Moreul, espicier, pour chires de lui prins, pappier et autres frais de sen mestier en cest an où le roy nostre sire par certains jours ès mois de mars et d’avril fu à Amiens .... et vint lors devers le roy nostre sire le duc de Lancastre. »

LES DEBUTS DE LA GUERRE DE CEN’ T ANS

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Charles YI arrive le premier, venant de Corbie, le 25 mars, vers dix heures du matin et fait son entrée avec toute la magnificence d’une pompe triomphale. Il aimait l’ostentation et voulait en imposer à ses ennemis par le luxe de la cour. Le duc de Bourgogne, son oncle, portait l’une des deux merveilleuses « houppelandes » qu’il avait commandées exprès pour le séjour à Amiens; l’une était de velours noir, l’autre de velours cramoisi. Sur la manche gauche de la première se dessinait une grande branche de rosiers brodée en or, dont les vingt-deux roses scintillaient de saphirs, entourés de perles et de rubis. Sur le devant et dans le dos de la seconde, s’étalait un grand ours d’argent avec collier,’ muselière et laisse en saphirs et rubis. Le duc portait un bracelet d’or rehaussé de rubis, fermé d’une agrafe également en rubis1.

Aux yeux émerveillés de la population accourue sur le passage du cortège royal, que précède une troupe d’archers à cheval, défilent à travers nos rues toutes les illustrations du royaume : Renaud de Roye, Renaud de Trie la foule des gentilshommes parmi lesquels Enguerran de Couey, gouverneur de Picardie, Jacques d’Harcourt, André de Rambures, Philippe de Bar, Charles de Hangest, le vicomte de Melun, le vicomte d’Arcy, Lancelot de Longvilliers, sire d’Engoudesent, Jacques de Châtillon, Charles d’Albret, le futur connétable, Pierre de Navarre, les sires d’Aumont, des Bordes, de Parthenay, de Sempy, de Garancières, d’Antoing, les mayeurs et-échevins de Montreuil et d’Abbeville, un représentant de la ville de Bruges, le secrétaire du roi, Yves Darrien, l’écuyer du roi, Colart de Tenques, le comte de Dammartin, le bailli Tristan du Bos, le bailli de Caux, les chanceliers de Bourgogne et de Berry, le chancelier de France, Arnoud de Corbie, le maréchal de

1. M. A. Janvier. Passages et séjours de Charles VI à Amiens.

Bourgogne, Guy de Pontarlier, Valeran de Luxembourg, comte de Saint Pol, Philippe d’Artois, comte d’Eu, le grand maître de l’hôtel du roi, de Cousan, son chambellan Goppin de Chantemelle, le duc de Bar, etc.

Devant le Roi chevauchent : les maréchaux de Boucicaut et de Sancerre, l’amiral Jean de Vienne, le grand maître des arbalétriers Guichard Dauphin, comte d’Auvergne, Louis de Bavière, frère de la reine, le connétable de Clisson, et avec celui-ci, les conseillers intimes Bureau de la Rivière, Jean de Noviant, Jean de Montaigu et Le Besgue de Vilaines, dont l’administration sage et économe fait bénir le nom de Charles VI, et que les grands vassaux appellent dédaigneusement les Marmousets . Vient enfin le Roi, entouré des princes du sang, — les ducs de Touraine, de Bourgogne, de Berry, de Bourbon, le comte de Nevers — ayant à ses côtés le roi d’Arménie, de la maison de Lusignan, et suivi de vingt-deux prélats, parmi lesquels les évoques de Bayeux, de Beauvais, de Langres, de Senlis, de Thérouanne, etc1.

Pour tous ces grands seigneurs, pour chacun des ambassadeurs anglais et des personnages de leur suite, ont été préparés, dans les différents quartiers de la ville, des logements dont le luxe se trouve en rapport avec la dignité de l’hôte qui doit y descendre et que l’écu armorié de son blason placé sur la façade de la maison, fait facilement reconnaître 2. Des mesures de haute police garantissent la sécurité des Anglais.

Afin que rien ne trouble la bonne intelligence indispensable au succès des négociations, toute manifestation hostile, toute parole malveillante serait punie de mort et quatre postes de mille hommes, placés aux principaux carrefours, doivent avec la police municipale, assurer le maintien de l’ordre pendant la durée des conférences.

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