‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 117 sur 246 · Arch. mun. Comptes 1391-92, pp. 73 v° et suiv · texte numérisé non relu

Arch. mun. Comptes 1391-92, pp. 73 v° et suiv

2. Chronique du religieux de Saint-Denis. Édit. Bellaguet, T. I, p.735.

LES DÉBUTS DE LA GUERRE DE CENT ANS. 299

Lejeune duc de Touraine, frère du roi, s’avance dans le courant de l’après-midi à la rencontre du duc de Lancastre et, se jetant dans ses bras, lui donne le baiser de paix '.

Soit qu’ils dédaignent le faste des Français, soit qu’ils portent encore le deuil de la duchesse de Lancastre, récemment décédée, la plupart des grands seigneurs anglais sont simplement vêtus de vert foncé.

L’entrée dans Amiens s’effectue avec le cérémonial accoutumé, sans que ni l’un ni l’autre des princes veuille prendre le pas ; « lors donc que leurs chevaux mouvaient, c’estoit tout d’un pas ; aussi avant estoient les testes des chevaux les unes comme les autres et bien entre eux y prenoient garde et passoient tous trois (les ducs de Berri, Bourgogne et Lancastre) de front ainsi dessoubs la porte d’Amiens et ainsi chevauchèrent tout le petit pas en honnourant l’un l’autre jusques au palais de l’évesque. »

L’évêque était Jean de Boissy, neveu du célèbre cardinal de La Grange. Dans la grande salle1 2 du palais se dressait le trône de Charles VI. Lancastre, admis à le saluer, se prosterne trois fois en signe de profond respect. Le roi de France le relève et lui dit ce d’un visage fort gai » :

« Soyez le bienvenu dans notre royaume. Nous nous réjouissons de votre arrivée que nous avons longtemps désirée avec ardeur ! »

Le lendemain, somptueux banquet en l’honneur des envoyés de Richard 11. Lancastre et l’évêque de Durham prennent place à la table royale, ainsi que le duc d’Yorck, le comte de Rutland et les autres membres de l’ambassade, servis par les ducs d’Orléans et de Bourbon et par les grands officiers de la couronne.

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