Ibidem. Délib. BB 19, p. 20. — 12, pp. 51 v
4. Ibidem. Délib. BB 11, p. 134. Aux mayeur et échevins « appartient
tout le gouvernement et police de le ville soit sur archiers, arbalestriers et autres quelconques gens de mestier »
chez les bourgeois d’une moralité et d’une probité irréprochables.
Des concours périodiques entretenaient l’émulation parmi les tireurs de la Picardie et des Flandres. Chaque ville organisait à son tour « un noble jeu, crié et publié » quelques mois à l’avance. L’échevinage se prêtait de bonne grâce « à aidier aux grans frais, mises et despens » des compagnons qui allaient « pour le bien et honneur de la ville » disputer les prix dans les fêtes organisées à Corbie, à Montreuil, à Saint-Omer, à Béthune, à Bruxelles, à Malines, à Gand1.
Lorsque le rendez-vous se donnait à Amiens, de beaux joyaux d’argent récompensaient les vainqueurs du concours qui avait lieu à la Hotoie 2.
L’échevinage mobilise à son gré les compagnies privilégiées pour vingt, trente jours et quelquefois plus.
Dans toutes les circonstances, où il est urgent de voler à la défense du royaume, la ville d’Amiens ne marchande jamais son concours. Elle envoie à ses frais des arbalétriers et des pavoisiers, des archers, des couleuvriniers, des canonniers ou des maçons, des charpentiers, des manouvriers pour les travaux de siège. Elle fournit des canons, des tentes, des pavois, des pics, des munitions de tous genres et l’on dut faire valoir cet empressement à livrer à toute réquisition des contingents armés pour échapper à l’obligation d’équiper des francs-archers lorsque les ordonnances des 28 avril 1448 et 9 août 1451 ont organisé cette milice, notre première armée nationale.
L’arc moins lourd et d’un entretien plus facile que l’arbalète, est l’arme des batailles ; le tir mieux assuré de l’arbalète
1. Arch.mun.Délib, BB i, p. 86. — 3, p. 70 v°. — 7, p. 35. — 8,p.ll4v°. — Comptes. 1440-41, p. 64. — 1442-43, pp. 101, 104 et passim.
2. Ibidem. Comptes. 1403-04, p. 72. — Les arbalétriers de Montdidier, Clermont, Corbie, Picquigny, Beauquesne, Daours, se réunissent à Amiens, au mois de septembre 1404. — Comptes 1409-10, p. 36.
en fait l’arme pratique pour l’attaque et la défense des places. Comme dans la plupart des cas de mobilisation, les Amiénois devaient renforcer les assiégeants des villes ou des châteaux occupés par l’ennemi, ce sont presque toujours les arbalétriers qui font campagne.
Un détachement de trente d’entre eux avec vingt pavoisiers constitue un secours efficace. L’un se trouve l’auxiliaire indispensable de l’autre, quand les arbalètes sont d’un maniement si difficile, que le pavoisier doit protéger l’arbalétrier et le mettre sous le pavois, à l’abri des traits de l’ennemi, pendant qu’il bande et ajuste son arme.
La petite troupe commandée par un capitaine, se rend à destination précédée d’un trompette, groupée autour de la bannière de la ville ; bannière fleurdelisée, faite de taffetas « pers et vermeil » (bleu et rouge) L Un religieux l’accompagne « qui chacun jour dit et célèbre messe. »
L’arbalétrier et l’archer coiffés de la « salade » casque sans visière, portent le hoqueton et le chaperon de drap mi-parti aux couleurs de la ville. Le chaperon se met sur la tête en guise de pèlerine et le hoqueton est le vêtement de dessous sur lequel s’ajuste la brigandine qui protège le buste, corset composé de lames de fer imbriquées, réunies par des rivets.
La « livrée » des pavoisiers est de drap mi-parti vert et blanc. L’un et l’autre reçoivent un uniforme neuf en cas de mobilisation 2.
L Arch. mun. Comptes 1480-81, p. 75 v°.