Ibidem . Délib. BB 1, p. 2. 20 janvier
3. M. E. Maitgjs. Essai sur le régime, financier de la ville d'Amiens.
ARMAGNACS ET BOURGUIGNONS
prenant des proportions inquiétantes, l’échevinage, qui ne veut cependant pas être taxé de complicité avec ses ennemis, s’apprête à faire prompte justice de toute personne « de quelque autorité ou état que ce soit qui, en paroles ou autrement » oserait « avoir faveur aucune aux adversaires et ennemis du Roy ».
J1 conjure les habitants a que chacun ait bonne amour, union et affection l’un à l’autre, sans aucune division » ; que chacun « mette peine de loyalement, bien et diligemment garder la ville pour le Roy, son corps et ses biens.... » b
Un jour de février, les bourgeois, assemblés à la halle, entendent la lecture de deux lettres parvenues la veille au capitaine. L’une est signée de Charles VI, l’autre émane de Jean sans Peur.
Si le duc de Rourgogne ou quelqu’autre prince, fût-il prince du sang, marche en armes sur Paris, interdisez-lui l’entrée de votre ville, écrit le Roi, à moins qu’il soit muni de lettres patentes lui en donnant l’autorisation.
Jean sans Peur annonce d’autre part son intention « d’aller prochainement à Paris voir le Roi, la Reine, le Dauphin et la Dauphine »1 2.
Les Amiénois ainsi mis en demeure d’opter, se déclarent « bons, vrais, loyaux sujets du Roi ». Ils ne failliront point à leur devoir « au plaisir de Dieu ».
Leur embarras est grand ; on craint de se compromettre. Le chevaucheur du comte de Saint Pol apporte un soir des lettres du duc au mayeur. Pour se conformer aux instructions royales, il faudrait sur le champ les transmettre à Paris sans en prendre connaissance, mais le comte doit lui-même venir dans trois ou quatre jours, et sous prétexte d’attendre les instructions verbales qu’il ne manquera pas de donner,